Intervention des Alternatifs
Au Meeting avec José Bové
Du mercredi 28/02/07
Nous sommes nombreux rassemblés ce soir au parc des expositions de Toulouse. La camaraderie, c’est important. Parmi nous, beaucoup mènent des actions pour
infléchir la logique d’un monde dominé par l’argent. Nous resterons motivés malgré les efforts
antidémocratiques qui visent à nous museler.
Nous continuerons à nous engager malgré la criminalisation des
mouvements sociaux. La volonté et la parole humaines sont plus
fortes que l’oppression et plus fortes que la répression.
S’opposer à la reconduite des sans-papiers à la frontière
(en cacher peut-être chez soi) ; exiger un toit pour chacun ; le dire
haut et fort dans sa ville que l’on s’insurge lorsque la police vient déloger
de leur squatte des jeunes pour les renvoyer à l’errance et l’isolement ; transformer
l’école, pour que les enfants y apprennent la solidarité : chacun dans sa
ville, dans son travail, peut faire le lit d’un monde meilleur par sa propre
initiative.
Suivons l’exemple de José.
Allons à la rencontre des gens, des jeunes, dans les cités de nos
villes. La politique sécuritaire ne gagnera pas !
Je reviens de deux semaines passées à Oslo. La Norvège est le pays où l’indice de
développement humain, l’ IDH est le plus élevé au monde. Bien sûr l’injustice sociale y est bien moins
grande, mais on ne peut pas s’attendre à ce que tous les pays s’enrichissent
d’une rente pétrolière. La Norvège est
riche parce qu’il y a des pays pauvres.
L’Etat Social ne garantit pas les droits de tous. En Norvège comme ailleurs, on vient chercher
les sans-papiers à l’intérieur des centres d’accueil pour les reconduire aux
frontières. Mais surtout l’Etat Social
en soi ne permet pas de lutter contre le libéralisme financier. A l’aéroport d’Oslo, il y avait une affiche :
« Consommez ! Achetez !
Bienvenue en Norvège ! »
Nous réunis ce soir ne voulons pas seulement la justice sociale.
Nous voulons un monde solidaire, nous refusons l’aliénation dans laquelle
la société de consommation nous enferme.
Chacun isolé dans son action nous ne pourrons pas vaincre
le capitalisme. Inspirons nous des
faucheurs volontaires ! Unis dans l’action avec José, ils mènent en groupe
une lutte écologique et anticapitaliste contre le commerce de semences d’OGM dangereux
qui profite aux multinationales.
Unis avec les syndicats nous sommes plus forts dans le
monde du travail. Dans les associations plus
forts aussi, avec les Enfants de Don Quichotte par exemple dans les Allées
François Verdier à Toulouse. L’idéologie
de chacun des partis de la Gauche Antilibérale donne des repères et permet de
s’investir dans des projets précis : décroissance, autogestion, modèles
collectivistes, citoyenneté du monde, etc.
Dans ce monde qui va mal, chacun de nous se remet en
question. José a su rendre son lieu
d’habitation écologique. Nous pouvons
veiller à avoir des gestes et des pratiques pour préserver notre environnement
au quotidien, prendre le train plutôt que l’avion, même à Toulouse où on ne
veut pas le chômage pour les travailleurs d’Airbus, circuler à vélo plutôt
qu’en voiture. Quand j’étais jeune en
Norvège, les parents se moquaient de nous lorsque nous militions contre
l’automobilisme privé. Aujourd’hui, les
transports en commun y sont très nombreux et très utilisés, les villes sont à
péage et le stationnement interdit presque partout. Qu’est-ce qu’on respire mieux !
Voilà un secteur où nous pouvons changer nos propres pratiques.
Nous rassemblés ce soir, sortons le vélo ; pratiquons le
covoiturage ! Tâchons d’être en permanente évolution, ne
laissons pas les chambres des enfants vides lorsqu’ils nous quittent. L’habitat collectif permet de communiquer et
de changer notre mode de vie. L’individualisme détruit les valeurs
collectives : Rebâtissons-les !
Rebâtissons vite aussi l’Unité large que le choix d’un seul
candidat pour porter notre voix nous aurait permis de conforter. Tous ceux qui ne sont plus avec nous eux aussi
peuvent évoluer dans leurs pratiques et s’unir à nouveau à nous pour que ne
s’éparpillent pas les forces de la nouvelle
radicalité.
Ne désespérons pas de ceux qui ont voulu s’imposer par
rapport aux autres. L’expérience
présente leur fait comprendre que le contre-pouvoir trouve sa force dans la
poésie de son mode de fonctionnement, qu’il serait arbitraire et
autoritaire de donner le pouvoir décisionnel à l’un plutôt qu’à l’autre. Quelles décisions? Pour quelle avancée du mouvement? Chacun et chaque organisation ou parti doit
peser sur les décisions par le mode de communication qui est le sien. Le principe
du consensus est notre référence.
Ne laissons plus la confusion nous affaiblir à l’avenir. Aimons-nous, enrichissons-nous de notre
diversité : En restant attachés à
nos utopies et en nous respectant, redonnons un avenir à un monde qui n’en a
plus.
Tous ensembles
nous sommes forts !
Tous ensembles
nous vaincrons !
Veronika, les Alternatifs