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Les gros soux de la campagne:

 

 

Jean-Luc Moudenc, centriste UMP 440 000 €

Pierre Cohen PS 380 000 €

Jean-Luc Forget MoDem 140 000 €

François Simon «L'Autre liste» 60 000 €

Myriam Martin  LCR-Motivé-e-s 30 000 €

André Gallego 100% pour Toulouse 20 000 €

Thierry Dupin Parti ouvrier 8 000 €

Sandra Torremocha Lutte ouvrière 8 000 €

http://www.ladepeche.fr/article/2008/02/28/438016-Toulouse-Les-gros-sous-de-la-campagne.html

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Interview de Caren Lay, die Linke, article de R&V, le journal des Alternatifs

Entretien avec Caren Lay, membre du comité directeur de

Die Linke est le nouveau parti de la gauche allemande, fondé le 16 juin
2007, déjà fort de 72 000 adhérents. Die Linke (http://die-linke.de/)
est issue d
un large mouvement unitaire des anti libéraux de différentes
sensibilités, et dun accord entre la WASG,  implantée essentiellement en Allemagne de lOuest et regroupant principalement des sociaux-démocrates de gauche, dont l'ancien dirigeant du SPD Oskar Lafontaine, et des militants syndicaux du DGB, et le PDS issu de la mutation post-communiste, essentiellement présent dans les Länder de l'Est.
                                                     
                                                                 
Caren Lay a 34 ans.  Sociologue de formation, elle est actuellement conseillère régionale de la Saxe.  A l’origine proche des « Verts »,   elle a été collaboratrice du ministre de l’environnement.  Caren Lay est ensuite devenue membre du PDS et c’est en tant que tel qu’elle a pris part active dans la construction du nouveau parti.

 

R&V :  Le PDS est un parti communiste présent surtout à l’Est.  Quelle a été votre motivation pour en devenir membre, alors que vous êtes originaire de l’Ouest ?

Caren Lay : Je tiens à préciser que le mot « communiste » n’est plus dans le vocabulaire au sein des partis en Allemagne, si bien que le mot « socialiste » a une signification plus large aujourd’hui.  Je suis devenue membre du PDS parce qu’il était le seul parti crédible au niveau de la justice sociale. 

 

R&V : Quels sont les rapports entre militants de l’Est et de l’Ouest ?  Entre les partis ?  Et en quoi cela a-t-il aidé à la construction de Die Linke ?

Caren Lay : Le PDS n’ayant pas réussi à s’établir en tant que tel à l’Ouest, ses militants se sont vus satisfaits de la force émergeante à l’Ouest dans le cadre de l’unité et cela a favorisé la fusion.  Certes les différences politiques et culturelles sont une question centrale.  Le vœu à l’Est est que, dans les nouveaux programmes, on reconnaisse la valeur de la démocratie sociale.  Les militants de la WASG à l’Ouest, eux, souhaitent que le mouvement s’engage clairement en opposition au néo libéralisme.  Sur le plan militant, nonobstant, la WASG est plus radicale car ancrée dans les mouvements sociaux.  Au PDS, nous sommes plutôt enracinés dans les municipalités et les parlements régionaux.  A l’Ouest nous sommes d’ailleurs pour la première fois présents dans un parlement régional à Brème ! 

On peut dire que WASG et PDS se complètent bien.

 

R&V : Quelle est la place des Alter mondialistes au sein de Die Linke ?

Caren Lay : Die Linke s’ouvre aux alter mondialistes : A l’occasion du dernier G8 qui a eu lieu en Allemagne, nous avons pu faire un travail de qualité en lien avec les militants alter mondialistes de l’anti G8.

 

R&V : Y a-t-il un courant « Rouge et Vert » à l’intérieur de die Linke ?

Caren Lay : Avant, l’environnement n’avait pas la première place, ni parmi les militants WASG ni au PDS.  Depuis, die Linke espère un changement et on remarque que les deux présidents, Lothar Bisky et Oskar Lafontaine, ainsi que Gregor Gysi se sont prononcés pour qu’on s’engage plus fortement pour la préservation de la planète : on ne peut en effet se faire crédible en matière d’écologie qu’à condition d’être critique par rapport au capitalisme. 

 

R&V : Quelle est la place des syndicats dans die Linke ?

Caren Lay : De façon générale, les syndicats sont forts en Allemagne.  Leur position se trouve consolidée par la politique de Die Linke.  Bien des syndicalistes reconnaissent que le clivage se creuse entre les positions initiales de leurs organisations et la place faite à leur expression dans une démocratie sociale. 

Parallèlement, il faut moderniser la politique syndicale car des réponses sont à trouver aux questions que pose la fin de l’ère industrielle.  Un nouvel espace de travail s’ouvre avec l’émergence des précaires et des chômeurs et la défense de leurs intérêts.

 

R&V : Quel avenir pour die Linke en Allemagne ?

Caren Lay : Un grand avenir j’espère!  Nous sommes d’ores et déjà la troisième force en Allemagne en nombre d’adhérents ;  en deux semaines d’existence, Die Linke a enregistré 3000 nouvelles adhésions… D’après les sondages, notre potentiel électoral serait supérieur à 24%.  Ainsi aujourd’hui, personne ne peut lutter contre l’établissement de Die Linke dans le paysage politique allemand.

 

R&V : Quelles sont les vocations de die Linke dans la construction de l’Europe?

Caren Lay : Naturellement je serais très heureuse que des initiatives comme la création de die Linke s’étende à d’autres pays d’Europe.

Il est possible d’être membre de “Gauche Européenne” sans devenir membre de die Linke, mais le mieux, c’est d’être aux deux !

J’aimerais que die Linke ait un projet politique pro européen.  Ainsi pourrions-nous faire prévaloir nos idées, surtout si à l’échelon européen les gauches se rassemblaient pour mettre les choses en commun.

 

Propos recueillis par Veronika D.  Juin 2007

Merci à Françoise D. d’avoir traduit les propos de Caren Lay.

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Interview de Guro Fjellanger, article de R&V, le journal des Alternatifs

 

 

UNE INTERVIEW DE GURO FJELLANGER

 

Guro Fjellanger est une politicienne norvégienne.


Née en 1964, elle a grandi à Stokmarknes dans le nord.  Guro Fjellanger est bijoutier de formation et a fait des études d’« histoire des idées ».

De 1986 à 1988, elle est leader des Jeunesses de Gauche.  De 1991 à 1995 elle est Secrétaire Général du « Non à l’Union Européenne »  (non qui a ensuite été entériné par référendum).  Elle est Ministre de l’Environnement de 1997 à 2000, au moment des accords de Kyoto.

Guro Fjellanger est aussi connue pour son engagement dans les Droits de l’Homme.  Elle a été le dirigeant de NOAS, Organisation norvégienne pour les demandeurs d’asile, puis du Centre Contre les Discriminations Ethniques.  Elle lutte activement contre toutes les formes de discriminations.  De 2003 à 2005, Guro Fjellanger qui est elle-même spina bifida a participé à l’élaboration du projet de loi contre la discrimination des personnes à mobilité réduite.

 

-1-  Pourquoi un Non à l’Union Européenne ?  Par protectionnisme ?

 

Pas du tout.  Trois choses sont importantes en rapport avec l’Union Européenne :

-        La démocratie.  Les décisions doivent être prises par le peuple.  En cela l’UE représente un grand challenge, mais force est de constater le manque d’implication de l’appareil dans ce sens.

-        La politique environnementale.  Malheureusement l’UE continue de laisser la libre concurrence de primer sur les exigences de la préservation de notre environnement.

-        L’ouverture.  Là encore, l’UE échoue.  Elle bâtit des murs pour se protéger du reste du monde.  Dans sa politique d’immigration, de par son manque d’échange avec les pays du tiers monde, l’UE exerce elle-même un protectionnisme des pays membres.

 

-2-  Tu as participé aux accords de Kyoto.  Comment cela s’est-il déroulé? 

 

Lorsque les discussions ont commencé, je n’étais Ministre de l’Environnement que depuis six semaines.  Les négociations étaient très rudes, d’autant qu’il fallait que le compromis soit accepté par les États Unis !  Jusqu’à cinq heures du matin, cela se passait plutôt mal.  Puis à huit heures, les choses se sont dénouées.  C’était palpitant…

Certes le traité ne va pas assez loin avec comme but seulement 5% de réduction de gaz à effet de serre.  Cependant, sur le principe, c’est une bonne base et un cadre pour des exigences supérieures dans l’avenir.  La préservation du climat est un des plus grands défis de notre époque.

 

-3- Lorsque tu étais Ministre de l’Environnement, le gouvernement de coalition dont tu faisais parti a dû être dissolu parce que, de façon idéaliste, tu t’es opposée à la construction d’une usine à gaz en Norvège (alors que la majorité du parlement s’est prononcée pour).  Pourquoi y étais-tu à ce point opposée et qu’est-ce qui te donne cette force intérieure en tant que politicienne pour résister seule contre tous ?

 

En Norvège, nous tirons notre énergie des barrages hydroélectriques qui ne produisent pas de gaz carbonique.  Les gens veulent beaucoup d’énergie à pas cher.  C’est dans l’ensemble aussi à l’électricité que nous nous chauffons.  Si nous gardons nos habitudes et commençons à utiliser le gaz comme source d’énergie, nous allons produire du gaz carbonique et c’est justement ce qu’il faut éviter.

Si je suis restée ferme dans ma prise de position au point que le gouvernement a du démissionner, c’est d’une part que je tenais à rester loyale en tant que cosignataire des accords de Kyoto.  Plus encore, je veux que le cours des choses change et cela n’est pas un engagement religieux puisque je ne suis pas croyante : j’estime que si on fait de la politique, c’est pour obtenir ce que l’on veut.

 

-4-  Tu dis que tu n’es pas croyante.  Que penses-tu de la laïcité ? 

 

Oh ! Je suis absolument pour !  Il faut savoir qu’en Norvège il n’y a plus que deux partis au pouvoir qui soient fermement contre le passage à la laïcité, ce sont le d.n.a., parti socialiste norvégien et le senterparti, le parti centriste.  Leur motivation est de garder le contrôle sur les religions en Norvège.  Or tant que le luthéranisme n’est pas dissocié du pouvoir, la religion dominante a automatiquement vocation à prendre le dessus.  Je ne suis pas opposée à ce que les religions soient enseignées à l’école, mais nous sommes nombreux à lutter contre le « formålsparagrafen » qui exige que l’enseignant soit « un bon chrétien ».  La conséquence évidente en est une forme de discrimination envers ceux qui n’ont pas de religion ou envers ceux qui ne sont pas chrétiens. 

 

-5-  Il y a encore beaucoup de nature sauvage en Norvège.  Dans quelle mesure a-t-on plus à faire pour la préserver en Norvège qu’ailleurs ?

 

Nous avons des ressources naturelles fantastiques.  Avec un accès facile à des sites magnifiques, les norvégiens sont gâtés.  Nous avons tellement de nature sauvage que nous ne pensons pas assez à la préserver.  Nous avons aussi des bêtes sauvages : ours, loups et lynx créaient des conflits avec les éleveurs de troupeaux.  Il est délicat de trouver un équilibre.

 

-6-  Tu es également célèbre en Norvège pour ta lutte contre la discrimination des étrangers.

-        L’état norvégien est-il plus performant que les autres dans sa façon d’aborder ce problème de société ?

-        En quoi la discrimination en Norvège se différencie-t-elle de celle des autres pays ?

 

Mon engagement contre les discriminations concerne les femmes, les homosexuels, les personnes à mobilité réduite et les étrangers.  A Oslo la communauté étrangère représente 20% de la population, avec une large communauté pakistanaise. Dernièrement j’ai dirigé une commission qui a travaillé sur le thème de la santé psychique des personnes au sein d’une société pluri-culturelle et co-rédigé le rapport. 

A la première question : « L’État norvégien est-il performant », je répondrais oui et non : il faut comprendre que les problèmes de société liés à la présence d’étrangers n’atteignent pas les mêmes sommets qu’en France.  Nos jeunes issus de l’immigration ne brûlent pas les voitures dans les citées et même si on observe une sévère discrimination à l’embauche, nos populations d’origine étrangère sont moins victimes du chaumage que dans les pays de l’Union Européenne. 

Même si les étrangers sont moins bien logés, sont plus pauvres et en moins bonne santé, nous avons par ailleurs des célébrités issues de l’immigration, tant dans le monde des arts, de l’intellect, de la politique et du business que dans les sphères plus populaires comme le sport et l’entertainment.  La possibilité d’accéder à des postes d’importance pour des personnes qui sont identifiées comme issues d’autres cultures est un élément positif  qui contribue à lutter contre les préjugés.

             

 

-7-  Toute ta vie tu as du te battre pour être reconnue en tant que chef.  Dans ta vie d’étudiante, on t’a même conseillé de devenir standardiste sous prétexte que tu étais spina bifida!

-        D’où te vient ta force ?

-        As-tu inspiré d’autres gens par ton attitude ?


J’ai grandi avec mes deux petites sœurs qui elles n’étaient pas touchées par la réduction de la mobilité.  Pendant toute notre vie d’enfants, nos parents nous ont traitées toute les trois comme des égales.  On m’a toujours sécurisée dans l’idée que j’avais autant de valeur que les autres et que je pouvais faire exactement ce que je voulais, même si je ne le faisais pas de la même façon que les autres.  C’est dans l’éducation que m’ont donné mes parents que je puise ma force.

Je comprends que j’ai inspiré les autres :  lorsque j’étais ministre, de nombreuses personnes m’ont écrit, des parents aussi, pour me remercier de ce que j’osais occuper le devant de scène et démontrais ainsi que c’était possible.


-8-  Tu as participé à l’élaboration du projet de loi contre la discrimination des personnes à mobilité réduite qui doit être soumis au vote au parlement cette année.

-        Cette loi est-elle initiatrice ?

-  Cette loi a une certaine portée universaliste.  En quoi se rattache-t-elle aux Droits de l’Homme ?

 

Si la loi est acceptée, alors nous pourrons dire que nous aurons été des pionniers dans cette commission de rédaction et ceci pour deux raisons :

-        Le texte couvre tous les secteurs de la société, y interdit la discrimination et enjoint que l’égalité est obligatoire quand aux possibilités d’accéder aux lieux, à l’éducation, au travail, etc.

-        Il déclare que le manque d’accessibilité est une discrimination en soi et qu’il est donc illégal car contraire au respect des Droits de l’Homme : au delà de la loi norvégienne, le texte établit clairement la nécessité universelle d’aménager tous les sites.

                                         Propos recueillis par Veronika D.

                                                          Février 2007 

 

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Un toit c'est un droit, article de Rouge & Vert, le journal des Alternatifs

 

 

UN TOIT C’EST UN DROIT

 

Une action menée par les Alternatifs à Colomiers près de Toulouse
 

LES FAITS :

 

L’été dernier, les 6 jeunes qui squattaient un immeuble vide d’un quartier calme de Colomiers et que plusieurs riverains côtoyaient sans friction ont été délogés par la police.  Quatre d’entre eux ont repris la route et deux sont restés, forts de leurs espoirs d’être logés décemment dans un des logements sociaux de la ville.

 

Le dossier déposé auprès des services concernés, plus personne ne se soucie de trouver à ces gens une solution d’attente décente dans la ville qui est la leur.  Les samedis, ils font la manche au marché.  Toute la ville les connaît et leur donne de l’argent, de la nourriture, des croquettes pour les chiens.  Le secours populaire est très actif à Colomiers et les nourrit quand il le faut mais ne possède pas de structure d’accueil pour les loger en attendant.  Ces dernières nuits étaient à moins six degrés à Colomiers… 

 

Après un contact avec les deux personnes au marché, il a été facile de constater leur état d’affaiblissement en raison du froid : ils  dormaient au 3° sous-sol du parking de centre ville.  Des gens, en particulier des élus et des personnes des services sociaux étaient au courant mais ne faisaient rien, on verra pourquoi.  

 

Les Alternatifs se sont occupés de leur trouver un lieu correct où dormir jusqu’au rendez-vous pris dès le lundi à la Mairie pour une solution d’urgence.

 

Le mardi, rencontre devait se faire avec une personne des affaires sociales.  Ce sont le chef du cabinet du maire; le 3° adjoint au maire (aux affaires sociales) (ps), la directrice du CCAS et en plus un adjoint qui étaient réunis avec chacun un exemplaire de la lettre des Alternatifs, assortie du tract « un toit c’est un droit ».


Le chef de cabinet a tenu un long discours à la fois offensif et défensif, se focalisant sur la phrase: «Comment notre municipalité de gauche plurielle peut-elle tolérer les conséquences extrêmes du capitalisme foncier que la situation de ces deux jeunes met en exergue sans s’engager dans une lutte efficace? » et terminant par « vous nous menacez avec les Enfants De Don Quichotte ! »  (Effectivement, proposition
était faite de positionner une caravane sur la voie publique avec banderole des EDQ). 

Il a été répondu : « est-ce comme "une menace" que vous percevez les sans toit installés au Monument aux Morts à Toulouse? » Le ton a changé.

    -  Des méthodes étonnantes : 

On m’a demandé « Les avez-vous vus dans le parking ? » et lorsque l’une des autorités présentes a lâché : « Ils vont aux sous-sols, près de la bouche d’aération », on lui a signifié de se taire…

 

    -  A la violence de la misère, ne pas opposer la violence du refus : 

L’un des deux sans domicile est très calme et poli ; l’autre a une attitude plus conforme à celle des habitués de la rue: ivresse publique et tapage, quoique cela demeure très modéré.  Il m’a été expliqué : « Il n’aura rien si il ne change pas de comportement ».  Ceci est particulièrement inacceptable.  Un opprimé peut et doit se rebeller et le fait selon ses moyens d’expression.  On ne peut enfoncer dans la misère un sans toit, alors que sa condition a tellement duré qu’il développe les comportements déviants associés.

 

-       Prendre en compte la détresse psychologique :

Lorsque j’ai demandé pourquoi on ne leur avait pas proposé de solution d’attente avant qu’ils n’obtiennent un logement social, il m’a été dit « ils ne se sont pas plaints de dormir dehors ; quand il fait beau, ils n’ont rien contre ».    C’est sur ! Ils ont aussi dit « Nous avons juste besoin d’un endroit où dormir », mais étaient contents de la poche d’habits et de nourriture. Il va de soi que face à l’attitude défaitiste de quelqu’un qui ne sourit jamais, on doit aller à ses devants pour prendre soin de lui à sa place.

 

-       Refuser de déplacer « le problème » :

On demande : « avez-vous fait le 115 ? »  C’est trop facile !  Colomiers jouissant, à juste titre d’ailleurs, d’une bonne réputation grâce à ses 28% de logements sociaux, ne veut pas accueillir les sans abris.  « Nous ne pouvons trouver solution à toute la misère du monde » dit-on.  C’est le prétexte invoqué pour éviter de voir des gens de Toulouse sans logement venir chercher refuge d’eux-mêmes à Colomiers.  Une ville de 35 900 habitants ne peut pas se cacher derrière de pareils arguments ni renvoyer à Toulouse des gens qui ont un dossier pour un logement social à Colomiers !  Une ville de la taille de Colomiers doit proposer un refuge pour ceux qui attendent un logement social et un parc de logements sociaux doit être réservé pour les gens à la rue.  Un accueil pour les sans domicile itinérants est aussi utile dans une ville de cette taille, mais doit demeurer une solution marginale, le but étant un vrai toit pour chacun !

 

-       Suivre l’affaire jusqu’au bout :

Jusqu'au vendredi, les deux ont été logés à l’hôtel par les services concernés. Le vendredi, après le rendez-vous avec divers organismes pour une solution d’attente et de nouveaux dossiers, ils ont eu une place dans un centre d’accueil pour un mois, mais …… à Toulouse évidemment !  Il faut s’assurer qu’ils ne dormiront plus dehors et se tenir prêt le cas échéant à disposer la caravane en un lieu bien choisi si la promesse de logement social ne faisait pas suite à la période d’accueil en centre toulousain.

 

Veronika D. Février 2007

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Du Handicap comme défi politique, article de Rouge&Vert, le journal des Alternatifs

 

 

 

DU HANDICAP COMME DEFI POLITIQUE

 

Tous les jours en ce moment, les médias dénoncent l’inaccessibilité de la plupart des lieux publics pour les personnes à mobilité réduite ; des reportages montrent la pauvreté de nombre de gens atteints de maladies paralysantes, le manque de moyens mis à leur disposition, etc.  Peut être cela aidera-t-il à faire avancer un peu les choses en France où le retard est choquant. 

Cependant, tout comme la lutte féministe ne se réduit pas à construire des abris pour les femmes battues ni la lutte contre le racisme à dire « moi j’y suis pas », la question du statut de la personne différente dans la société française doit ouvrir sur un réel débat : des outils existent pour lutter contre la gène objective qu’occasionne un handicap physique, une déficience intellectuelle, un trouble mental ou encore un trouble du développement.  On agit très peu en France pour les faire fonctionner ; en particulier à l’Education Nationale, pour traiter des pathologies spécifiques qui sont très bien prises en charge dans les pays anglo-saxons et en Scandinavie, les démarches en sont ici à leurs balbutiements. Par le biais des PAI, on note quelques progrès, mais on n’éduque peu ou pas le personnel enseignant.  On voit encore par exemple des enfants sourds d’une oreille placés en fond de classe parce qu’ils « ont tendance à pas vouloir écouter le prof » et on entend bien des choses injustes dites au sujet des dyslexiques : « il est dyslexique quand il veut ».  La question des tiers temps (temps supplémentaire accordé lors d’un contrôle écrit)  fâche énormément : certains enseignants y sont farouchement opposés.  Et quand les petits trisomiques auront-ils le droit de rejoindre leurs camarades au Collège Unique ?  

Les Alternatifs sont en pleine réflexion autour du thème du féminisme ;  il n’est pas de grand thème de société qui doive échapper à la compréhension.  Dans un monde meilleur, on peut travailler à restaurer l’estime de soi chez chacun.  Faire évoluer les choses est une lutte qui nous concerne. 

On ne peut pas obliger le tétraplégique à marcher, on ne peut pas demander à l’aveugle de regarder son chemin: chacun le conçoit.  On ne peut obliger un trisomique  à avoir le même discours que ses frères et soeurs, mais on peut apprendre à écouter ce qu’il a à dire : c’est aussi important que de construire une rampe pour fauteuil roulant.  Il est des handicaps qui se remarquent moins et là on se heurte à l’incompréhension de la société.  On ne peut pourtant pas exiger de quelqu’un qui souffre du syndrome d’Asperger qu’il se conduise comme les autres: on pourrait toutefois s’inspirer de sa liberté de parole.  Et quelle aide apporte-t-on à l’autiste de haut niveau lorsque son incapacité à exprimer des sentiments conduit son entourage à s’éloigner de lui ?  L’hostilité manifeste des gens envers ceux qui sont « un peu » différents les enfonce dans la solitude. Il faut éduquer, faire réfléchir, pour que le regard de l’autre change.

Financer des aménagements, débloquer les crédits nécessaires à la prise en charge de maladies qui diminuent la mobilité et réduisent l’autonomie fait partie des priorités.  Mais la lutte pour que chacun trouve sa place dans la société ne peut se réduire à cela. 

La prise en charge des handicaps  peut se faire à tous les niveaux et ne doit pas être de nature à faire oublier à celui qui est concerné qu’il doit apprendre à relever la tête.

 

Veronika D.  mars 2007

 

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Krlah -1- le trou

 

Krlah -1-

Le trou 

 

Krlah pouvait rester des temps entiers à regarder le trou sombre dans la roche orangée.  Lui qui, habile de son corps, était capable d'escalader des falaises à en faire crier d’horreur la tribu Barhan entière, n’avait jamais cherché à aller regarder dans ce trou.  La tache dans le mur demeurait sombre jusqu’à ce que la lumière se soit usée au dos des feuilles des grands arbres pour laisser place à la nuit qui unifiait la paroi de la grotte.

D’avoir soudain pris conscience qu’il pourrait regarder dans le trou mit Krlah mal à l’aise.  Jamais rien ne s’était passé lorsqu’il le contemplait : pas de mulot, pas d’insecte n’en était jamais sorti.  Cependant, lorsqu’il s’imaginait l’intérieur de cet endroit mystérieux, un grand sentiment de panique le saisissait.  Chasser ce sentiment était un exercice de contrôle sur soi-même dont Krlah pensait qu’il le grandissait.  La plénitude consécutive à cette discipline lui donnait une impression de contrôle sur les éléments qui l’entouraient et la satisfaction qui s’ensuivait lui donnait le besoin de se toucher le sexe.

Cependant d’avoir pris conscience qu’il pourrait regarder dans le trou...  Plus rien ne serait pareil à présent.  Fallait-il aller errer de par l’immensité, au-delà des steppes déjà explorées, pour tâcher de percer le mystère du pouvoir magique de ce trou ?  Fallait-il prendre le chemin des équidés dans l’autre sens pour aboutir à ce lieu où l’on pouvait puiser la substance blanche qui devenait solide hors de l’eau pour en remplir l’espace et le boucher?  Une seule pensée limpide dans la confusion de son esprit: il ne fallait surtout pas escalader la paroi de la grotte pour aller voir dans le trou. 

La noirceur s’imposa petit à petit, comme ignorante du changement dans la poitrine de Krlah.  Le monde de la nuit envahit ses pensées malgré l’état de vigilance dans lequel Krlah essayait de demeurer.  La douceur pénétrable de Ihkligh lui lécha le corps.  Sa main desserra l’étreinte autour de son sexe et des vers blancs commencèrent à lui sortir du corps, patiemment, en nombre grandissant.  En s’éloignant de lui ils devenaient insectes ailés et d’une blancheur étonnante.


Veronika le 21/11/2007

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Krlah-2- La décision

KRLAH -2-

La décision

 

« La fraîcheur vive du matin annonce la saison nouvelle.  Ce n’est pas le moment de partir.  Je n’ai rien préparé et Ihkligh ne pourra pas me suivre. »

Ainsi Krlah essayait-il de se raisonner.  Pourtant il savait bien cela de lui-même qu’il partirait.  La décision avait toujours le dessus par rapport à la raison.  Une façon peut-être de laisser la vie le surprendre ?  De toute façon comprendre n’apporterait rien.  Krlah allait partir et il était commode de se dire que le soleil du matin lui avait dicté de le faire (alors que la veille la décision mûrissait déjà).  D’autant plus commode qu’Ihkligh pourrait le comprendre.

Une difficulté dans l’organisation : fallait-il d’abord rassembler quelques affaires de voyage ou aller dire à Ihkligh la décision du soleil ?

Il serait difficile de remonter à la grotte après avoir dit adieu à Ihkligh.  Il serait encore plus difficile de goûter à sa chair  si elle le voyait arriver en tenue de départ improvisé.  Encore engourdi de la nuit, Krlah descendit jusqu’à la tribu et se précipita chez Ghzel pour lui prendre sa fille.  Ihkligh n’arrivait encore qu’à mi-hauteur de poitrine de Krlah.  Sans doute un départ bien préparé aurait-il permis de l’arracher à sa mère pour l’emmener en voyage.  Ihkligh ne faisait jamais d’histoires.  Cependant le voyage aurait été interrompu : le ventre d’Ihkligh s’arrondissait depuis trois lunes et si cela rajoutait au plaisir, l’issue serait une perte de temps puisque le petit allait sortir lorsque le sol se serait couvert de blanc.

 Krlah avait été surpris de la tournure des choses.  Il avait choisi Ihkligh parce que toute petite, pensant qu’elle ne pourrait produire plus petit qu’elle-même, mais la fouine en avait décidé autrement.  Il avait alors dit à Ihkligh qu’un homme identique à Krlah sortirait de sa bouche d’en bas pour lui sucer le sein pendant des saisons entières.  L’appétit d’Ihkligh pour Krlah s’en était trouvé plus constant.  Ainsi était-il évident pour Krlah qu’Ihkligh n’accepterait pas son départ.  Son désir pour elle s’en trouvait plus fort. 

 

Ghzel était devant la grotte.  Elle regarda Krlah l’air méfiant.  Elle eut un geste pour aller couvrir sa fille d’une peau pour qu’il ne la trouve pas mais elle savait bien qu’il reniflerait partout dans la grotte jusqu’à découvrir Ihkligh et serait alors bien plus cupide encore.  Elle le laissa entrer, tête basse.

Dans la grotte, Krlah se sentait toujours très puissant face aux trois sœurs.  Liu et Mahani tentaient de se rendre désirables.  Toujours Ihkligh feignait le désintérêt.  Krlah venait vers elle et la scène durait jusqu’à remplir d’odeur la cavité dans la roche. Ghzel partît vers la grotte des guerriers.

 

Krlah décida de ne rien révéler à Ihkligh et s’enfuit comme il était venu.

 

[à suivre]

Veronika le 21/11/2007

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Pourquoi je suis

 

Pourquoi je suis

 

escalier

 

Sur le bleu sombre du ciel du nord

Les yeux d'Aagot

Comme deux trous dans le visage.

... 

Le chalet gris.

Odeur du bois chaud.

Grince l'escalier pour que vienne la conscience des pas.

... 

Des bottes soulèvent la poudre blanche

Qui fond sur les joues rouges.

Brûlures.

... 

Le chalet est oublié.

Mon corps devient chalet.

Intimité du bois dedans toujours. 


 

Pleure encor la neige au printemps

 

Lorsque chante le ruisseau de lumière.

 

Penche-toi de près pour voir les mille fleurs minuscules

Et goûte les baies jaunes!

Goût sensuel

Comme un amant

Te pénètre et explose.

...  

Les hauts plateaux du Hardanger

Immobiles sont offerts.

... 

Mon pays.

...  

Moi.

                                       Veronika le 04/02/2008

 

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T'es beau

 

 

T'es beau

bugati

 

T'es beau comme une télé

Quand c'est qu'on t'allume pas,

On est sûr de pas t'voir. 

 

T'es beau comme un ordi

C'est toujours moi qui clique

Même que j'en ai ma claque

 

T'es beau comme un portable

Ces machins-là qui sonnent

Quand faudrait pas et jamais

Quand on en a besoin 

 

T'es beau comme un robot

Un robot ménager

En tout cas c'est pas moi

Qui vais te ménager!

 

T'es beau comme une moissonneuse

Toujours tu nous fais l'foin

 

T’es beau comme une photocopieuse

T’as des doubles de tout

 

T’es beau comme une Bugati

Ah ça t’es bien bâti !

 

T’es beau comme

Un TGV

 tgv

 

                       Veronika, le 08/02/08 

 

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Tant temps

 

 

 

Tant temps

lessiveuse

(lessiveuse/essoreuse) 

 

Sept heures déjà le portable me tanne

 

Le temps bourre

 

Les copies

Mon intervention de samedi

Le dernier poème en plan...

 

Il faudrait des heures parallèles

Pour dupliquer mes possibles

 

Mais est-ce que le temps pond??

 

J'aimerais danser sur la plage

Jouer de la darbouka à Carthage

Écouter mon ventre aérophage

Finir les petits fours au vernissage

Et te demander un massage.

 

Quel dommage. Quel dommage.

 

Que les temps peu grisent!

 

 

      Veronika, le 04/02/2008

 

 

 

 

 

 

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Danseuse

 

 

 Danseuse 
 
 
 
danse

 

Sa peau velours toucher velours

Tentation

Sourire professionnel

La hanche tremble

Coquillages cliquettent

 

Les fesses bougent

La peau

Velours

 

Le sourire glace

 

Embrasser

Toucher

 

Le bas du corps

Parle

 

Gestes saccadés des bras

Artificiellement rythmés

 

De l'art ou la torture?

Regarder

Toucher

Embrasser

Bas du corps

 

Vouloir velours

 

C'est la torture

 

Et de l'art

 danseuse

                                 Veronika, le 30/01/2008
 

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Cent titres -carte-

 

 

Cent Titres

-Carte-

carte du ciel

(Carte du ciel de la basilique St Sernin à Toulouse) 

 

 Portes d'intérieur

Une

Deux

Trois...

 

 

Portes intérieures

Un

Deux 

Toi 

 

 

Cartes

Unes à unes

S'ouvrent

 

Un

Deux

Toi

Cap Nord!

Sur les cœurs indifférents

Les blanches étendues gagnent

Inexorablement

Lentement

 

 

Nus et nues,

Nous couvrent

Comme une évidence céleste.

Portes intérieures

S'ouvrent.

 

Rues et rus

 

Sous nos pieds, les galets de Garonne