akinorev31

analyse des Alternatifs

 
 J-J Boislaroussie:
 
PARU DANS ROUGE ET VERT, JOURNAL DES ALTERNATIFS
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EXTREME GAUCHE : CARTES REDISTRIBUEES

Si les votes pour les listes d'extrême gauche restent globalement
assez stables de 2002 à 2008, les scores et la présence des
diverses organisations connaissent des évolutions importantes.

1/ LA QUASI DISPARITION DES LISTES "MOTIVEES" ET DE
COLLECTIFS LOCAUX
En 2002, ces listes ne se situaient pas de manière univoque dans
le champ de l'extrême-gauche, mais leur disparition a eu des
conséquences locales non négligeables.

Aux Municipales précédentes, la dynamique des Motivé-e-s à
Toulouse avait suscité des vocations dans d'autres villes
(Rennes, Colombes). Cette composante politique a pratiquement
disparu, l'analyse des résultats dans deux villes test, Touloise et
Rennes, montre que l'électorat conjoncturellement rassemblé
autour des Motivés s'est dispersé, pour une faible part au bénéfice
de l'extrême gauche.

RENNES 2002 2008
MOTIVES 8,22 NP
LO 4,89 1,76
LCR 4,04 4,99
PT 1,71 1,01


TOULOUSE 2002 2008
MOTIVES 12,38 NP
LO 1,67 0,83
LCR 2,44 5,07+ MOTIVES ET ALTER en 2008
PT 0,37 0,33
AUTRE LISTE GAUCHE ALTER NP 5,42

Par ailleurs, les listes encore présentées par des collectifs de
gauche locaux (parfois lointains héritiers de la campagne 
présidentielle de Pierre Juquin ) en 2002 ne sont plus présentes
en 2008. Disparition de ces collectifs dans le Rhône, la Sarthe,
la Saône-et-Loire, non-présentation de listes dans le Calvados.
L'essoufflement d'implantation politiques construites autour
des enjeux municipaux, l'usure des équipes militantes, tendent
le plus souvent à clôre ces expériences politiques locales.
 En cas d'absence, leur capital électoral se disperse.

CAEN 2002 2008
ANPAG 5,22 NP
LO 2,44 1,07
LCR NP 3,74

2/ DES ALLIANCES LOCALES NOMBREUSES ENTRE LCR ET
ALTERNATIFS

Ce phénomène est lié à une meilleure présence de la LCR dans
les villes grandes et moyennes et, plus modestement, à la 
création de nouveaux groupes des Alternatifs dans la dernière 
période.  Dans quelques cas, la faible implantation des 
Alternatifs rend l'alliance symbolique, dans d'autres des 
partenariats équilibrés se sont construits, associant ici ou 
là des collectifs antilibéraux. Reste à savoir si la LCR  
(ou la parti qui lui succédera) sera en mesure de penser 
dans l'avenir des partenariats avec d'autres courants 
politiques. De ce point de vue les premiers 
bilans sont contrastés selon les villes.

3/ UN ELECTORAT DE GAUCHE RADICALE
GLOBALEMENT STABLE

Premier élément d 'analyse, les villes moyennes ou se sont
présentées des listes LCR (sans concurrence à gauche du 
PS/PCF) en 2002 et 2008.   Les variations des scores 
sont faibles. 
Quelques exemples:

2002 2008
LOUVIERS (27) 10,11 10,41
CENON (33) 8,43 8,15
EVRY (91) 9,69 8,20
SAINT ETIENNE
DU
ROUVRAY
(76) 11,40 8,78
(en 2008 en alliance avec les Alternatifs)
HEROUVILLE (14) EN 2002 AVEC ANPAG 11,66 5,46
ALENCON (61) 8,13 7,27
BLOIS 41 8,13 6,04
BAYONNE (64à 6,43 7,48
BOURG EN BRESSE (01) 4,64 3,49

On peut également faire référence au cas de QUIMPERLE (29)
où se présentait une liste de gauche indépendante du PS en 
2002 (19,02) et une liste autour de la LCR en 2008 (15,29)

ou à

NANTERRE 2002 2008
LCR 4,49 3,80


Les seuls phénomènes marquants de recul de l'électorat
d'extrême gauche sont liés à des primaires entre PCF et 
PS en 2008, deux exemples:
LE HAVRE       2002     2008
LCR 3,86 2,31
PT 0,84 0,63

VITRY (94) 2002 2008
LCR 8,60 4,94
PT 3,33 1,72

4/ UNE STABILITE GLOBALE MAIS UN RECUL DE LUTTE OUVRIERE,
ET, A LA MARGE, DU PT, AU PROFIT DES LISTES LCR OU D'ALLIANCE 
ENTRE LCR/ALTERNATIFS/DIVERS ANTILIBERAUX

LILLE 2002 2008
LO 5,43 2,32
LCR avec Alternatifs en 2008 3,30 3,75
PT 0,72 NP

NANTES 2002 2008
LO 5,53 1,48
LCR NP 3,74
PT NP 0,90


STRASBOURG 2002 2008
LO 2,78 0,69
LCR 2,04 1,87
PT 1,05 0,39


LYON 2002 2008
LO 1,85 1,07
listes à participation LCR 3,92 4,78
PT 0,52 NP


GRENOBLE 2002 2008
LO 3,38 1,43
LCR 2,64 4,66
PT 2,44 1,03


A MARSEILLE la liste MARSEILLE CONTRE ATTAQUE A GAUCHE
rassemble LCR, antiliberaux, Alternatifs et progresse un peu plus

2002 2008

LO 1,18 NP
LCR en 2008 MCAG 2,13 5,00
PT 0,20 NP
DIV EXT GAUCHE 0,67 NP

Dans l'est parisien, l'électorat d'extrême gauche n'est pas
négligeable, mais reste dispersé, LO recule au bénéfice 
de la LCR, les listes de gauche alternative prennent pied 
pour la première fois dans plusieurs arrondissements, 
ces listes empiètent peu sur l'espace d'extrême gauche.


PARIS 10eme

2002 2008
LO 2,25 0,61
LCR 2,61 4,33
PT NP 0,66
GAUCHE ALTER NP 2,13


PARIS 13eme

LO 2,60 0,57
LCR 1,97 3,81
PT 0,77 1,07
GAUCHE ALTER NP 2,38


PARIS 18eme

2002 2008

LCR 2,52 5,24
LO 2,59 0,74
PT 0,77 0,38


PARIS 19eme

2002 2008

LCR 2,68 3,93
LO 3,21 1,53
PT 0,78 0,65


PARIS 20eme

2002 2008

LCR 3,58 4,92
LO 3,33 0,86
PT 1,48 0,52
GAUCHE ALTER NP 2,18


Des avancées de l'extrême gauche au bénéfice de la LCR
sont constatées dans plusieurs villes

LIMOGES 2002 2008
LO 3,74 1,96
LCR 3,06 6,99



ROUEN 2002 2008
LO 2,96 1,91
LCR 2,38 4,20



CERGY (95) 2002 2008
LO NP 1,63
LCR NP 4,87
PT 6,74 2,22

Situation spécifique à Amiens, en l'absence en 2008 de
liste PCF

AMIENS 2002 2008
PC GREMETZ 21,06 NP
LO 3,54 1,90
LCR 1,68 6,05


5/ LE RECUL DE LUTTE OUVRIERE

il est très marquant dans le villes ou LO etait en concurence
avec d'autre listes d'extrême gauche, mais se manifeste aussi 
dans des villes ou LO etait seule en présence en 2002 comme 
en 2008.
L' "effet Arlette" s'est dissipé, et l'orientation suivie par 
LO aux Municipales n'a sans doute pas arrangé les choses.
La participation à LO à des listes de gauche ou l'impossibilité 
pour LO de présenter une liste peut se traduire par un 
transfert sur une nouvelle liste LCR

PANTIN (93) 2002 2008

LO 4,47 NP
LCR NP 4,70


BOURGES 2002 2008

LO 5,30 NP
LCR NP 5,66


6/ LA PRESENCE DE LE LCR DANS DE NOUVELLES VILLES

Dans ces cas, l''espace électoral à gauche du PCF/PS trouve un
terrain d'expression, ce qui ne témoigne pas en soi de sa 
progression, mais illustre la capacité de la LCR, dans la 
continuité de la campagne Besancenot, à construire des listes 
autour d'elle dans plusieurs villes moyennes.

ANNCEY
6,08
CHAMBERY   5,79
AUXERRE     7,51
BESANCON    4,90

Les listes LCR ou d'alliance ALTERNATIFS/LCR présentes pour la
première fois dans de grandes villes ont plus de difficultés 
à s'imposer.

NIMES 2,80
AVIGNON 3,36
NICE 1,98
TOULON 1,40

Au total, le potentiel politique d'extrême gauche etait
pour l'essentiel présent à un niveau parfois élevé dès 
2002, ce phénomène se confirme sans s'amplifier 
significativement en 2008, phénomène ignoré par 
la plupart des journalistes et commentateurs.
Le fort recul de LO ou son intégration aux listes de gauche
institutionnelle, le maintien du PT à de faibles niveaux, la 
quasi-disparition des listes locales, permettent à la LCR, 
présente dans de plus nombreuses villes, ou à des listes 
d'alliance entre LCR,Alternatifs, PCF ou divers antilibéraux, 
de capter la majeure partie de cet électorat.


Jean-Jacques Boislaroussie

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