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Les Alternatifs, MARS, l'ACU... au lendemain des Municipales

 

CLAQUE ET RE-CLAQUE

Certes, le départ de David Martinon* n'est pas une réponse à la hauteur des
exigences politiques exprimées les 9 et 16 mars dans un grand nombre de
villes et de cantons, certes les pouvoirs locaux disposent de marges de
manœuvre limitées, et le PS, grand vainqueur des élections, n'est pas la
plus pure expression de la volonté de transformation sociale et
écologique. Ne boudons cependant pas notre plaisir : la litanie des villes
et cantons perdus par la droite moins d'un an après la victoire de Sarkozy
est un encouragement à la résistance politique et sociale à la Droite.

Un encouragement, mais aussi un signe d'alerte pour la gauche de gauche.

Pour l'essentiel, l'espace politique à gauche du PS n'a pas progressé
depuis les Municipales de 2001, le recul de LO bénéficie d'abord à la LCR
ou aux listes d'union LCR Alternatifs, mais la tendance à la
bipolarisation et l'hégémonie du PS ne sont pas fondamentalement remises
en cause.

Le PCF conserve des positions électives locales sans commune mesure avec
celles de l'extrême gauche ou de la gauche alternative, mais ces positions
sont de plus en plus étroitement liées à des accords de premier tour avec
et sous l'hégémonie le PS, et la perte d'une ville comme Calais ou du
Conseil général de Seine-Saint-Denis va peser lourd sur ses capacités
d'organisation.

Le champ de la gauche de gauche reste divisé, et inégalement organisé,
entre trois composantes : une composante PCF en pleine introspection, une
composante "révolutionnaire" à laquelle la LCR tente de donner plus de
poids à travers la proposition de nouveau parti anticapitaliste, une
composante de gauche alternative, altermondialiste, autogestionnaire,
écologiste, qui gagnerait a s'organiser et à peser de tout son poids.

Les collectifs antilibéraux qui tentent d'inscrire leur action dans la
durée vont être à l'heure des choix, l'organisation d'Etats généraux de la
gauche de gauche, qui devait donner sens à la démarche unitaire, se heurte
a la paralysie politique que le débat interne impose au PCF, et à la
priorité donnée par la LCR à sa transcroissance dans le cadre du nouveau
parti anticapitaliste.

Les débats limités à la "politique autrement", dont nous ne nions pas la
pertinence,
ce, ne constituent pas des axes de nature à rassembler.

Les Alternatifs doivent affirmer avec plus de force une quadruple
orientation :

- rassemblement de toute la gauche de gauche, qui ne peut faire l'impasse
sur les collectifs unitaires, mais pas davantage sur les organisations du
champ politique réellement existant, de la diversité de ses organisations,
élément objectif incontournable

- pérennisation d'un espace politique des partisans de l'unité
antilibérale et anticapitaliste, espace indépendant des organisations
politiques

- renforcement de la composante de gauche alternative, autogestionnaire,
altermondialiste, écologiste, qui ne peut se réaliser sans organisation
politique commune

- union dans les luttes de la gauche de transformation sociale et
écologique, union qui permettra la plus grande efficacité et la
vérification des convergences.

Après sa défaite, le pouvoir fait la sourde oreille, annonce
l'accélération des "réformes" à un moment ou la crise du capitalisme
financiarisé s'accentue.

Des affrontements sociaux de grande ampleur sont devant nous, nous avons
battu Sarkozy, Fillon, l'UMP dans les urnes, reste à les faire plier dans
la rue.

Jean-Jacques Boislaroussie

 
Les Alternatifs
logo

http://www.alternatifs.org/

 *http://www.ouest-france.fr/Fonction-de-porte-parole-supprimee-David-Martinon-quitte-l-Elysee/re/ofdernmin/_-594001--BKN----_actu.html

 

 

 

 Association des Communistes unitaires

 

Urgence de construction et de convergence


face à la bipolarisation

Les scrutins des 9 et 16 mars 2008 ont été marqués par le maintien d’un haut niveau d’abstention,
en particulier dans les quartiers populaires. Cependant, huit mois après l’élection de Nicolas
Sarkozy, la droite est sanctionnée et perd la direction de nombreuses communes et de
plusieurs départements.
Le principal bénéficiaire de l’échec de la droite est le Parti socialiste, en dépit de son manque de
crédibilité pour la construction d’une alternative politique. Le Modem ne réussit pas à s’imposer.
Le Front national est considérablement affaibli, mais un certain nombre de candidats,
essentiellement de droite, ont recyclé ses thèmes de prédilection (sécurité, immigration).
La bipolarisation de la vie politique entre une gauche à prédominance social-libérale et une
droite libérale réactionnaire et sécuritaire s’accélère.
Les configurations locales sont fortement marquées par l’éclatement des repères traditionnels :
géométrie très variable des rassemblements, éparpillement, valse des étiquettes...
Les directions des principaux partis ont parfois perdu la main, au bénéfice de reconfigurations
locales diverses.
On peut distinguer dans le champ de « la gauche » :
- le maintien dominant d’unions de la gauche des partis traditionnels, avec souvent de bons
résultats, sur des projets très différents selon les villes. Mais le PC et les Verts s’y trouvent
de fait souvent dans des situations de faiblesse et de dépendance croissante par rapport à
leurs partenaires socialistes ;
- la présence d’un certain nombre de candidatures concurrentes issues notamment du PS,
avec des affrontements correspondant tantôt à des désaccords de fond, tantôt à des luttes
pour des places (ou les deux) ;
et plus particulièrement concernant la « gauche de gauche » :
- les bons scores de la plupart des sortants communistes, tandis que les nombreuses villes
perdues lors des précédents scrutins sont soit conservées par la droite, soit prises par le
PS ;
- les bons scores de la LCR dans les villes moyennes et grandes, majoritairement sur une
ligne non unitaire, conduisant à proposer uniquement des fusions techniques au deuxième
tour, sans aucun accord politique ;
- la présence d’un certain nombre de listes et de candidatures de la gauche de la gauche
(« antilibérale », « de transformation sociale », « alternative », « radicale »…), qui
obtiennent parfois de bons résultats.
Notons que les sortants et candidats proches des communistes unitaires ont obtenu
d’assez bons résultats. Des expériences intéressantes ont été menées dans les villes où le PS
avait choisi la concurrence au premier tour (voire au deuxième), avec à la fois des arcs de
rassemblements inédits (de LO à des responsables locaux du PS) et des approches novatrices
sur les questions de pouvoir (élus-partenaires, participation des habitants, visée politique
générale).
Il faut souligner le poids des modes de scrutin, qui favorisent des alliances souvent purement
formelles et une culture de dépossession des citoyens. Cela interroge sur la fonction des
élections, sur les « illusions démocratiques » et sur les moyens de nous affranchir des
conditions du système politique dominant pour promouvoir l’émancipation. Cela passe
notamment par le développement des formes de politisation et d’intervention dans la vie
de la cité moins délégataires et plus fondamentales que l’essentiel de nos pratiques
actuelles.
Lorsque la gauche de gauche s’est éparpillée au premier tour, elle n’a pas pu peser au
second. Le cas emblématique est Toulouse où les deux listes de gauche alternative ont franchi
la barre des 5 %, mais où le PS et ses alliés ont gagné sans fusion. C’est ainsi que 10 % des
électeurs sont ignorés du fait de l’absence de convergence des forces de transformation sociale
(PC, LCR, LO, forces alternatives et citoyens).
Urgence face à la recomposition politique
Ces élections ont été marquées par une progression de la recomposition politique, au niveau
local et national. Cela a été par exemple le cas à Grenoble et à Montpellier, au premier tour, et
à Lille, au deuxième tour, où la « gauche rassemblée » a accueilli le Modem sur ses listes.
Les Communistes unitaires considèrent qu’aucune alliance avec le Modem n’est possible
et qu’il ne faut pas participer à des exécutifs municipaux ou départementaux l’incluant. Il
s’agirait là d’une faute politique. Refusée avant le premier tour sous prétexte de ne pas déserter
le combat contre la droite, la clarification de la position du PCF sur ce point est un enjeu
important.
Au sein du PS, le débat va maintenant se développer, avec le risque que l’emporte une ligne
social-libérale.
La LCR va probablement s’attacher à promouvoir seule le parti anti-capitaliste qu’elle appelle
de ses voeux.
Le PCF va engager la préparation de son congrès, avec en perspective le choix entre :
- une stratégie de rapprochement toujours plus grand avec le PS, en dépit de la sociallibéralisation
de celui-ci, menant à l’abandon de l’objectif fondamental d’une gauche de
transformation à vocation majoritaire ;
- une stratégie de repli identitaire, se satisfaisant de l’existence d’un espace marginal,
incapable de peser dans la vie politique nationale ;
- ou une stratégie d’ouverture visant à développer une force de transformation sociale apte à
contester l’hégémonie du social-libéralisme, en construisant la convergence des forces et
des citoyens disponibles.
Lutte ouvrière fera le bilan de son choix stratégique, et confirmera ou non sa ligne pour la
prochaine période. La convergence nouvelle qui vient de se manifester participe à une
évolution de la donne.
En tout état de cause, face à la recomposition politique engagée, la nécessité de réenclencher
une dynamique de convergence des citoyens et des forces de transformation sociale est
plus forte encore après les scrutins de mars 2008. Elle suppose :
- le dépassement des contentieux issus de l’échec de la candidature unitaire lors de l’élection
présidentielle et la transformation des querelles de leader-ships en une convergence des
énergies ;
- le développement des partenariats forts dans les luttes face aux politiques que Sarkozy et
Fillon vont tenter d’accélérer ;
- le développement d’initiatives, du niveau local au niveau national, pour travailler sur un
projet et construire une alternative politique, avec en perspective la tenue des élections
européennes de 2009 et des élections régionales de 2010. Il s’agit d’enrayer le processus de
bipolarisation entre les gestionnaires du capitalisme et de se donner les moyens d’agir pour
le dépassement du capitalisme.
Enfin, la constitution d’une nouvelle force politique fédérant toutes les énergies qui se
revendiquent de la transformation sociale et associant les différentes cultures politiques de la
gauche alternative reste notre visée. L’ensemble des initiatives à développer se situe dans cette
perspective, en laissant ouverte tout en la travaillant la question des formes des convergences, des
étapes et des moyens.
Les Communistes unitaires vont se doter des moyens de développer leurs initiatives pour
construire un communisme d’actes et de luttes au quotidien, un communisme éthique et
démocratique à usage immédiat. Ils entendent être acteurs de toutes les initiatives pour la
relance d’une dynamique la plus large possible, seule capable de faire pièce à la bipolarisation.
Le 17 mars 2008

Contacts :


 

www.communistesunitaires.net

 

contact.communistes.unitaires@gmail.com

 




Communique 1 7 mars
DECLARATION DU MARS-GAUCHE REPUBLICAINE
A L'ISSUE DES MUNICIPALES ET CANTONALES


UNE BONNE NOUVELLE :
SARKOZY ET LA DROITE AFFAIBLIS

Le MARS-Gauche Républicaine salue d'abord la bonne nouvelle : moins
d'un an après l'élection de Nicolas Sarkozy, la forte poussée de la
gauche à ce scrutin des municipales et cantonales vient de confirmer
le rejet grandissant de sa politique par la population. Bonimenteur
(talentueux), Nicolas Sarkozy avait vendu sa potion libérale en
promettant en échange l'accroissement du pouvoir d'achat. Résultat :
à l'exception des plus privilégiés des français qui ont profité des
cadeaux fiscaux, les classes moyennes et populaires pâtissent d'une
politique dont la crise monétaire américaine révèle encore davantage
l'injustice. Non seulement la grande majorité des français voit son
pouvoir d'achat régresser, n'a pas l'opportunité de travailler
davantage faute de... travail, mais en revanche voit concrètement
voler en éclat ce qu'il reste de ses acquis et de sa protection
sociale. Reste alors une façon << m'as-tu vu >> et << fière à bras >>
de présider qui est perçue comme simple indécence. En accentuant la
présidentialisation du régime, Nicolas Sarkozy se sera en plus
enfermé dans un terrible piège : s'appropriant les réformes comme
aucun Président ne le fit, il s'est du coup privé de fusible, comme
Juppé pu l'être pour Chirac après le mouvement social de novembre
1995.
La victoire de la gauche est une bonne nouvelle parce qu'elle
affaiblit Sarkozy et son gouvernement alors que le projet de
poursuivre le démantèlement du pacte social et républicain reste
d'actualité, comme l'a déclaré François Fillon dès dimanche soir. Ces
élections ne peuvent que renforcer la mobilisation sociale face aux
attaques annoncées, notamment sur le contrat de travail, les
retraites, voire le service public de l'audiovisuel. La politique de
Sarkozy peut être battue, ces élections le prouvent.

AFFAIBLIR LA DROITE LORS D'ELECTIONS LOCALES NE RESOUT PAS LES
PROBLEMES DE LA GAUCHE

Avec une écrasante majorité dans les régions, des gains importants
dans les départements et une majorité de villes de plus de 20 000
habitants, la gauche a les moyens non seulement d'offrir des cadres
de résistance au Sarkozysme, mais aussi de préparer concrètement
l'alternative. Pour cela faudrait-il encore que la gauche, dans
toutes ses composantes, apparaisse comme capable d'offrir une
véritable alternative à la politique libérale de la majorité. On en
est loin. La situation n'a de ce point de vue guère évolué depuis les
Présidentielles.
Pas plus que le quasi grand chelem des Régionales 2004 ne le fut pour
les Présidentielles de 2007, ces élections municipales et cantonales
ne constituent en effet l'assurance de remporter les prochains
scrutins nationaux. A l'issue de chacun des mandats d'un Jacques
Chirac pourtant largement dévalorisé, la gauche a perdu en s'appuyant
sur un programme toujours plus social-libéral. Or tout indique que la
majorité du Parti Socialiste et de ses alliés n'est pas précisément
en train de tourner le dos à cette tendance... Malgré la prudence
affichée par ses ténors, avertis par les déconvenues passées, cette
victoire risque de persuader qu'il est urgent de ne rien changer.
Seul comptant finalement le nom de celle ou de celui qui finira bien
par les amener à la victoire, sans qu'il soit besoin d'examiner les
échecs répétés d'une politique d'accompagnement du libéralisme. Pour
continuer à dynamiser l'électorat de gauche lors des échéances
nationales, mais aussi reconquérir ces larges pans des classes
populaires qui, trop lourdement déçus par les politiques menées au
nom de la gauche depuis 20 ans, se sont encore si fortement abstenues
après avoir été, pour certains d'entre eux, jusqu'à voter
précédemment à droite voire à l'extrême-droite, la gauche se doit au
contraire de représenter de nouveau un projet alternatif et non
s'endormir sur des lauriers qui se révéleraient bien éphémères.

UN ESPACE POTENTIEL << A DEUX CHIFFRES >> POUR LA GAUCHE DE
TRANSFORMATION

Ceux qui, de la gauche du Parti Socialiste à l'extrême gauche, en
passant par de nombreuses sensibilités organisées ou pas, dont
évidemment le PCF, ne se résolvent pas à voir rééditer le mécanisme
des défaites passées, ont plus que jamais la possibilité de changer
la donne. La bonne tenue voire les gains de la gauche critique, mais
aussi les excellents résultats de listes d'union de la gauche dès
lors qu'elles se situaient sur une orientation clairement à gauche,
démontrent en effet à l'envie que déplacer le centre de gravité de la
gauche vers la gauche n'a rien d'illusoire. La résistance des
municipalités dirigées par des maires communistes face aux tentations
socialistes (rendue cependant ardue du fait que les socialistes ou
écologistes qui ont choisi de se maintenir ont manifestement compté
sur les électeurs de droite pour arbitrer ces duels << fratricides
>>, parfois avec succès) et les quelques gains du PCF, les scores
flatteurs, à son échelle, de la LCR et plus encore des listes
unitaires de la gauche de transformation au premier tour, prouvent
qu'il existe un espace électoral << à deux chiffres >> pour une force
qui apparaîtrait comme capable de proposer un projet alternatif à
vocation majoritaire. Mais faute de dynamique unitaire et de
stratégie à la hauteur de ces possibilités, ces résultats sont
essentiellement à ranger au rayon des promesses ou au mieux des
signes de résistance. Certes intéressants, mais dépourvus, ne nous y
trompons pas, de force propulsive à même de bouleverser la donne au
plan national. On peut pourtant craindre que ces résultats ne
confortent un statu quo basé sur une double illusion : celle d'un
regain qui s'appuierait sur le maintien identitaire pour les uns, et
la conviction pour les autres que les bons scores obtenus valident la
stratégie d'un parti se désintéressant d'un débouché majoritaire dans
les institutions. Il faudra alors se souvenir que faute d'une force
capable d'occuper entièrement cet espace potentiel, il a davantage
été question entre les deux tours d'alliance ou pas avec le Modem que
du renforcement du camp de la transformation à gauche. Soit
exactement l'inverse de ce qui se passe en Allemagne avec l'émergence
de Die Linke.

UNE NOUVELLE FORCE RESTE PLUS QUE JAMAIS NECESSAIRE

L'échec de François Bayrou, et donc du Modem, que nous appelions de
nos vOEux en refusant toute alliance de ce type, va heureusement
retarder la construction politique de centre-gauche qu'échafaudaient
clairement certains des principaux dirigeants du Parti Socialiste, y
compris entre les deux tours. Si, comme les grèves récentes, y
compris dans le privé, semblent l'annoncer la mobilisation sociale,
relancée après cet échec de la droite, se renforce, la question d'un
véritable débouché à la hauteur de cette attente sera posée encore
plus nettement à gauche. Il appartiendra toujours alors à ceux qui,
dans toute la gauche, conservent l'ambition à la fois de battre la
droite et de porter un projet transformateur, de trouver les
meilleurs moyens de concrétiser ce débouché. Ces élections prouvent
que c'est possible. Elles renforcent en tous cas notre mouvement dans
sa certitude que la stratégie la plus efficace, la plus utile à la
gauche et à notre peuple, est dans l'émergence à moyen terme d'une
force de la gauche de transformation, seule à même de modifier
réellement les rapports de force, et dont nul ne peut prétendre
aujourd'hui être le centre unique. C'est à quoi le MARS-Gauche
Républicaine, (également légèrement renforcé à son échelle par ces
élections avec plus de 25 élus municipaux dont trois maires et un
conseiller général en Seine et Marne), va continuer à OEuvrer dans
les mois à venir et à proposer, fraternellement, à tous ceux qui
devraient naturellement contribuer à son émergence.


Paris le 17 mars 2007



LES RESULTATS ENCOURAGEANTS DU MARS-GAUCHE REPUBLICAINE
Ces municipales et cantonales constituaient le premier test de cette
nature pour notre jeune mouvement créé voici un an (et unifiant deux
mouvement nés eux-mêmes en 2003). A l'issue du premier tour nous
comptions quasiment une petite dizaine d'élus municipaux (dont nos
trois maires sortants Pierre Carassus à Vaux le Penil, Bernard
Corneille à Othis (77) et Jean Nicolas à Luceram (06) et nos
conseillers municipaux Yvan Dupont à Cherbourg (50), Sylvaine Ettori
(adjointe au Maire), Jeannick le Lagadec et François Cocq à Champigny
et Hervé Poirier et Michèle Le Gauyer à Fontenay Sous Bois (94),
Mireille Raunet à la Celle St Cloud et Jacques Schellhorn au Pecq
(78) Dominique Fie à Antony (92), Claude Roddier à Carqueiranne
(83)). Nous doublons ce chiffre après le deuxième tour grâce
notamment aux élections d'Hayat Dhalfa à Saint-Ouen et Laurent
Thibaut à la Courneuve (93), qui devraient être adjoints au maire,
d'André Deluchat (idem) et Murielle Desmet à Chevilly Larue (94), de
Lhasen Zbayar à Mantes la ville (78), grâce au très bon score de la
liste de rassemblement de la gauche de transformation sociale au 1er
tour qui a contribué au second à la victoire d'une liste d'union de
la gauche, et de Denis Brouillet à Clapiers (34). Aux cantonales,
Bernard Corneille devient conseiller général de Damartin en Goele et
Marie-José Vollais, suppléante du communiste Gérard Grimault à
Brionne (27).
Nous noterons également les élections de trois maires républicains de
gauche sans étiquette que nous soutenions fortement : Léon
Galy-Gasparou à Massat (Ariège), Gérard Caudron à Villeneuve d'Asq
(Nord) et Guy Malandain à Trappes (78).
Ces résultats auraient pu être encore meilleurs si nous n'avions pâti
des listes de division menées par des socialistes et écologistes
(officiels ou pas) dans les villes dirigées par des maires
communistes sortants auxquels nous apportions notre appui. En
comptant clairement sur les voix des électeurs de droite pour faire
pencher la balance en leur faveur, ces listes ont affaibli et parfois
même battu les listes des maires sortants. Notre camarade Claire
Pessin-Garric perd ainsi son mandat à Montreuil du fait de la défaite
de la liste de Jean-Pierre Brard au profit de Dominique Voynet après
avoir échoué de 56 petites voix pour garder son canton de Montreuil
nord la semaine dernière au bénéfice du socialiste Molossi.
Pour quelques dizaines de voix notre ami Léon Galy-Gasparou ne
conquiert pas son canton de Massat à la droite alors que les scores
cumulés de la gauche au premier tour l'autorisait largement. En cause
cette fois le peu d'énergie du candidat socialiste battu au 1er tour
à mobiliser son électorat pour le républicain clairement ancré du
côté de la gauche de transformation qu'est Galy-Gasparou.



"MARS-GAUCHE REPUBLICAINE"
4 Allée Nungesser et Coli 94550 CHEVILLY-LARUE
Tel : 0614736814
Courriel : contact@mars-gr. fr


 
 
 
 
 

Communiqué des Collectifs Unitaires Antilibéraux

de l’exécutif provisoire de la Coordination

 

SOUS LA DÉCULOTTÉE DE LA DROITE, LE RENFORCEMENT DU DUOPOLE.



Moins d’un an après l’élection présidentielle, le vote – sanction du 1er tour des élections locales s’est considérablement amplifié le 16 mars : sept nouveaux départements et des dizaines de villes, grandes ou moyennes, seront désormais géré-es par des coalitions de gauche.

Il est difficile, à cette heure, de mesurer combien, avec la forte abstention qui a marqué ces scrutins, de ce qui est de l’ordre du rejet de la politique sarkozyste et de ce qui peut être une "retenue volontaire" d’une partie de l’électorat de droite voulant marquer une simple désapprobation passagère.

Le principal bénéficiaire du sévère échec de la droite est le Parti socialiste, en dépit de son manque de crédibilité pour la construction d’une alternative politique. Le Modem ne réussit pas à s’imposer.
Le Front national en sort, de nouveau, considérablement affaibli mais nombre de candidats, essentiellement de droite, avaient recyclé ses thèmes de prédilection sur l’immigration et le sécuritaire.

Enfin, la bipolarisation de la vie politique entre une gauche à prédominance social-libérale et une droite néo-libérale, réactionnaire et sécuritaire s’accélère. À de rares exceptions près, tel Saint-Brieuc, les électeur-rices s’étant porté-es sur la "gauche de gauche" au 1er tour ont voulu infliger une défaite de la droite au second tour même lorsque des accords de fusion entre les deux tours avaient été sèchement refusés par le PS et le PC.

Plus symptomatiques sont les excellents scores décrochés au deuxième tour par ces listes alternatives, en nombre limité, lorsqu’elles avaient la capacité de se maintenir comme à Clermont-Ferrand.

Le 16 mars, malgré la perte emblématique du conseil général du 93, on note une "résistance municipale" du PCF là ou il conserve quelques bastions historiques.

Mais ne nous cachons pas l’essentiel : le duopole UMP – PS s’est renforcé.

Le PS peut se targuer d’apparaître comme la seule grande force d’opposition... sans proposer une quelconque alternative pour stopper la déferlante néo-libérale.

Or, un Sarkozy affaibli pourra poursuivre ses mauvais coups si aucune force capable de le faire chuter, de le remplacer, ne devait s’affirmer. Bien des luttes et initiatives sont pourtant porteuses de propositions sociales et écologiques alternatives.

À nous toutes et tous d’agglomérer leur complémentarité.

Il suffit d’observer la réalité de ces derniers mois : toutes les forces sociales et politiques de la gauche sont parties prenantes des combats sociaux et sociétaux. Seul le PS en est le plus souvent absent. Est-ce là une raison pour ne pas appeler les militant-es socialistes qui le veulent à prendre place dans cette « union des luttes pour le changement » ?


Non, bien sûr.


Cependant, plus l’autorité morale de Sarkozy s’effondre, plus il apparaît que rien de crédible n’existe, en face, à gauche. Cette situation peut déboucher sur une fracture nouvelle (comme celle de 1995, par exemple) entre la colère sociale et le débat politique. Or, pour des raisons différentes, aucun des partis ne peut prétendre représenter une alternative à la droite au pouvoir. Sur quoi pourrait donc déboucher une crise institutionnelle, à l’intensité rarement égalée depuis le début de la Ve République ? Il convient de nous emparer de ce débat.

Il serait d’ailleurs redoutable d’entériner l’éparpillement actuel de la gauche anti-libérale tout en le déplorant.

Nous proposons d’avancer dans cette "union des luttes", nécessaire au quotidien. En même temps, pour le regroupement d’une alternative politique, nous prenons nos responsabilités.

Deux débats s’imposent : celui sur le projet, celui sur l’avenir des forces politiques.

On ne peut rêver d’une unité solide sans un débat profond sur le projet de société.

Nous proposons de mettre en lumière et de promouvoir une autre vision du monde que celle qui a cours aujourd’hui. Les couches dirigeantes veulent une humanité divisée en guerres de civilisations, riches et pauvres, citoyen-nes assimilés et classes dangereuses.

Quand les rapports avec la nature peuvent être respectueux de son avenir, ils-elles font de l’écologie un gadget pour les spéculateur-rices.

Quand le partage des richesses peut permettre que toutes et tous, sorti-es de la misère, contribuent à l’épanouissement de tou-tes, ils-elles ne parlent que rentabilité et profits.

Débattre des objectifs, du projet, ne s’oppose pas à nos yeux à l’union des luttes pour le changement. Au contraire, car le champ des possibles est porté et modifié par les luttes.

Que ce soit nationalement ou localement, au cours de journées d’études, de débats publics, que les forces qui veulent débattre d’une gauche unitaire de transformation sociale et écologique se retrouvent !


Vite.


Sans exclusive autre que de travailler, sans compromission, à l’unité de toutes celles et tous ceux qui constituent la gauche de transformation sociale.



Le 17 mars 2008.



RAPPEL :

La prochaine coordination nationale des collectifs aura lieu les 29 et 30 mars.

Plusieurs textes sont déjà publiés pour sa préparation.

Sur le site, il faut cliquer sur la flèche qui est devant le lien "coordination nationale".

 

Le lien est celui-ci : http://www.gauchealternative.org/spip.php?rubrique163


 

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