Témoignage de militante, Toulouse
Un article paru dans R&V, le journal des Alternatifs:
http://www.alternatifs.org/presse/journal/271.pdf
ÇA LE FAIT PAS
Toulouse, nombre d'habitants : 389496, nombre de sièges à pourvoir : 69, inscrits 242961
Premier tour :
Abstentions 43,50%. Votants 56,50%. Exprimés 97,99%. Blancs ou nuls 2,01%
Aucune liste n'a obtenu la majorité absolue au 1er tour.
TOULOUSE POUR TOUS (Jean-Luc MOUDENC, Centre/UMP) 57303voix 42,60%
TOULOUSE RASSEMBLEE (Pierre COHEN, PS, PC, Verts) 52455voix 39,00%
TOULOUSE AUTREMENT (Jean-Luc FORGET, Modem) 7936voix 5,90%
RENATIONALISATION AIRBUS (Thierry DUPIN, ExtG) 446voix 0,33%
LUTTE OUVRIÈRE (Sandra TORREMOCHA) 1112voix 0,83%
100% POUR TOULOUSE (André GALLEGO, DVG) 1155voix 0,86%
DEBOUT ! ENSEMBLE LA GAUCHE QUI NE RENONCE PAS (Myriam MARTIN, LCR, Motivé-es, Appel Unité Antilibérale) 6817voix 5,07%
L'AUTRE LISTE (François SIMON, DVG) 7293voix 5,42%
Deuxième tour :
Abstentions 38% Votants 61% Blancs et nuls 1% Exprimés 59%
Liste de M. Pierre COHEN (Liste d'union de la gauche) 50.42% Elu
Liste de M. Jean-Luc MOUDENC (Divers droite) 49.58%
La liste « d’union de la gauche » a été élue avec 1209 voix de plus que celle de droite. Pierre Cohen a refusé la fusion avec les listes à sa gauche ce qui a bien failli laisser la droite à la mairie pour encore 6 ans. La population a ainsi dénoncé son manque de démocratie. Mais……..
37 ans de droite au Capitole, ça suffit !!!
Des données précises:
Cohen a obtenu
21 000 voix de plus au deuxième tour et ne dépasse Moudenc que de 1 209 voix !
Il y a eu un bon report des voix de Debout ! et Simon (réserve de 14 000 voix)
et un report nettement plus mauvais du Modem (réserve de 8 000 voix).
11 100 votant-e-s de plus au deuxième tour.
Quasiment 105 000 personnes ne sont pas allées voter au premier tour !
Pour faire entendre la voix des Alternatifs, de la gauche du PS en général, la division, « ça le fait pas »! Les scores du premier tour le montrent:
Total des listes à la gauche du PS en 2001: 16,86%
Le total en 2008: ........................................ 12,51%
Soit une perte de: ......................................... 4,32%
Mais l'analyse reste incomplète si on ne s'en tient qu'à cela. Rappelons que le score cumulé du premier tour de mars 2001 de 16,86% est en grande part imputable aux Motivé-es qui remportaient 12,38% des suffrages exprimés. Dans la Dépêche du 14 mars 2001 on pouvait lire: « L'analyse affinée du scrutin démontre que c'est en fait dans les quartiers du centre ville et ceux peuplés d'étudiants ou de nouveaux arrivants que les Motivé-e-s obtiennent leurs meilleurs scores [...] Satisfait de son score (41,5 %), le leader de la liste de droite Philippe Douste-Blazy (UDF) [...] a regretté que «la liste sympathique et spontanée des Motivé-e-s soit récupérée par les partis». » En 2008, les Motivé-es, certes politisés, sont représentés sur plusieurs listes. Il faut aussi tenir compte du fait que Toulouse est une ville qui s'agrandit beaucoup. L'électorat change.
Pourquoi cette année les listes DEBOUT et l'Autre Liste n'ont-elles pas fusionné? le reproche larvé, nous l'entendions de la part des gens à qui nous distribuions le tract de nos listes respectives, dans les marchés, dans la rue. Des nationaux même se fendaient de coups de fil (à l'ACU 31 par exemple). Des éléments de réponse à cette question, il y en a. Il est difficile de se prononcer sans heurter l'une ou l'autre des parties engagées. On peut dire qu'au niveau des appels à l'Unité des Antilibéraux sur Toulouse, il y a eu un discours de sourds entre l'Alternative en Midi-Pyrénées de François Simon et les collectifs Unitaires Antilibéraux de Toulouse (ceux de région restant très partagés dans leurs prises de position). Et puis il y a eu un mémorable bras de fer un soir de meeting public qui était sensé aboutir à une fusion. Malheureusement, le jour même, la Dépêche publiait un article où il était question de « la liste de François Simon ». Déjà ce soir là, les possibilités de fusion ont dû s'évanouir. Certains comme moi ont voulu garder l'espoir mais les désaccords se faisaient de plus en plus politiques. Outre le fait que ce qui deviendra la liste DEBOUT ! refusait d'accorder d'office la tête de liste à François Simon, bien qu'il soit très connu localement, et ce dans un souci de choix collectif, l'écart s'est fait sur la ligne à tenir au deuxième tour. François Simon, l'AMP (bien que quelque peu divisée) et de fait, les individus qui se ralliaient à ce projet de liste petit à petit voulaient tous que les élus puissent occuper une place d'adjoint au maire, ou autre responsabilité. La liste initiée par l'Appel à l'Unité des Antilibéraux, (impulsée par le collectif Centre qui avait fait campagne pour Sylvie Lorthois [5,23%] aux Législatives), refusait toute responsabilité qui pourrait les lier à une équipe majoritaire PS à la mairie. François Simon s'est ensuite prononcé comme étant réfractaire à l'unité avec la LCR. Et voilà le travail.
Les deux listes ont eu leurs points forts et leurs défauts. L'Autre Liste, si elle a su mettre en place un programme fouillé et prendre sa place dans les débats publics, n'a pas eu de réel soutien politique hormis de l'association l'AMP (qui est faible en nombre de toulousains) et du parti occitan dont plusieurs membres se reconnaissent dans la démarche des altermondialistes. Le ralliement à la liste de plusieurs personnalités, des Verts notamment, ont été un plus pour cette liste. Si plus unitaire, la liste DEBOUT! a eu un fonctionnement tendu plus d'une fois du fait du manque de lien politique fort entre la LCR, les Motivé-es et les antilibéraux. Ceci nous a valu le bon mot d'un camarade de l'appel pendant la campagne: « Nous pensions faire l'unité, mais en fait nous réussissons simplement à nous diviser entre nous ». Les médias ont boudé la liste mais les interventions publiques de Myriam Martin, tête de liste LCR que nous avions consensuellement désignée, ont su convaincre, ainsi que nos actions sur le terrain et le meeting avec Besancenot (1000 à 1500 personnes).
Résultat : Dès le lundi, Pierre Cohen s'oppose à toute fusion, même technique, avec l'une comme avec l'autre liste (c'est le cas de le dire) et propose à François Simon tout seul de rejoindre la dynamique PS, PC, Verts. Il a refusé. Depuis les deux listes dénoncent le manque de démocratie qui fait que notre total de 10,49% soit environ 14 000 toulousains ne sera pas représenté par des élus à la mairie. Et oui, si les deux listes ne sont pas rassemblées pour retourner à la besogne dans les luttes, elles se conçoivent comme un tout du point de vue du vote des toulousains.
L'Autre Liste n'a fait aucune déclaration pour appeler à faire barrage à la droite au deuxième tour. Le libellé du tract entre deux tours de la liste DEBOUT!, un peu confus, rappelle toutefois que « nous souhaitons toujours la défaite de la droite au pouvoir depuis 37 ans à Toulouse ». La LCR et le collectif Centre eux ont fait un appel à « battre la droite au deuxième tour ». Nous avons tenté de convaincre les nombreux toulousains écoeurés de la position de Cohen face à l'extrême gauche. La position du PS a même fâché des gens qui avaient voté « utile » au premier tour.
Bon, puisqu'il faut le dire, disons-le: si une seule liste avait remplacé les deux, avec 10,49%, voire plus, le rapport de force n'aurait pas été le même.
Veronika D. de Toulouse, ville de toutes les passions
Par akinorev31, Vendredi 21 Mars 2008 à 18:22 GMT+2 dans Mes articles -1- (article, RSS)






