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Le Monde: "rebond" du PCF aux élections municipales contesté en son sein

 

le Monde


http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/03/29/le-rebond-du-pcf-aux-elections-municipales-conteste-en-son-sein_1028755_0.html

 

 

Le "rebond" du PCF aux élections municipales contesté en son sein

LE MONDE | 29.03.08 | 13h47  •  Mis à jour le 29.03.08 | 15h54

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Après le soulagement affiché au lendemain des élections municipales des 9 et 16 mars, le climat est en train de changer au Parti communiste français. L'analyse détaillée des résultats montre en effet que, malgré le gain de quelques villes, le déclin électoral n'a pas été enrayé.

La direction s'en félicitait le 16 mars au soir, "le PCF est la troisième force politique du pays". Pour la secrétaire générale, Marie-George Buffet, l'occasion était trop belle de faire oublier son score à l'élection présidentielle de 2007 - 1,93 % - et de redorer son bilan à la tête du parti avant le congrès prévu en décembre. "Au final, ces élections sont un bon cru", entend-elle réaffirmer lors du conseil national, qui se réunit samedi 29 et dimanche 30 mars.


 Si l'on en croit ses détracteurs, le bilan est moins rose. Ils font valoir que le PCF dirige dix villes de plus de 3 500 habitants en moins. Une étude menée par le refondateur communiste Roger Martelli*, qui a décortiqué les scores des candidats dans les villes de plus de 3 500 habitants, démontre que le parti n'a pas réussi à interrompre la tendance à la baisse électorale amorcée en 1978.

Le PCF dirigeait 190 villes en 2001 ; il ne lui en reste que 180. Le gain affiché de Dieppe (Seine-Maritime) et Vierzon (Cher) ne compense pas la perte de grosses villes comme Calais, Montreuil, Aubervilliers et le 8e secteur de Marseille, insiste M. Martelli : "Après la déconvenue de la présidentielle et le nouveau recul aux législatives, le résultat des municipales a été considéré comme inespéré par les militants. Le recul est moindre qu'en 2001 mais il n'est pas enrayé."

"SPÉCIEUX"

Le constat est le même sur les cantonales : le parti a perdu dix conseillers généraux, passant de 128 à 118 sièges, et un point en voix. "Là non plus, le déclin n'est pas interrompu", conclut la note. L'analyse est partagée par les amis de Robert Hue. "Affirmer, comme le fait la direction, qu'on résiste bien alors que les résultats sont à la baisse, c'est vraiment spécieux !", estime Dominique Grador, membre de la direction.

Ces critiques n'empêchent pas les proches de Mme Buffet de vouloir "rebondir". Dans un projet de texte, l'exécutif assure que le parti sort du scrutin avec une "crédibilité confortée". Mais il sent bien que cette "crédibilité" est encore lointaine au niveau national.

Dès lors, l'urgence est de rendre le PCF plus convaincant dans son rôle à gauche : la direction propose que le congrès de décembre s'attelle à élaborer un "nouveau projet politique de changement". Quant à l'avenir du parti lui-même, le texte évite d'aborder le sujet.

Sylvia Zappi

Article paru dans l'édition du 30.03.08.

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L’article en question dans ce blog :

Rubrique :

Analyse résultats Municipales,

Titre :

Roger Martelli: analyse des résultats du PCF aux Municipales et cantonales

 

 

 

 

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Réaction de R. Martelli au licenciement de C. Picquet

 

 

Licenciement de Christian Picquet : un mauvais signe*

Par Roger Martelli, historien

 Le 30/03/2008

La direction de la LCR vient de décider d'écarter Christian Picquet de ses fonctions de permanent. Il les exerçait depuis 28 ans, et notamment dans les années 1990 de vache maigre de la Ligue, quand ses effectifs ne dépassaient pas les 600 adhérents. Il se trouve que j'ai justement rencontré Christian au début de ces années-là, dans plusieurs initiatives qui, déjà, réfléchissaient à ce que pouvait être une dynamique franchement à gauche, sortant la gauche de son engluement « réaliste ». Christian a fait alors partie de ceux qui m'ont fait comprendre, à moi qui avait si longtemps « bouffé » du gauchiste et du trotskyste, qu'il n'y avait pas que des nostalgiques de Petrograd et de la Sierra Madre dans la famille trotskyste et qu’une muraille de Chine (pardonnez la comparaison…) ne séparait pas nécessairement les héritiers déchirés du bolchevisme d’hier.

Qu’il soit aujourd’hui licencié est un vilain geste et un mauvais signe. Un vilain geste, dans un univers politique partisan dont j’ai toujours apprécié, peut-être par comparaison avec le mien, qu’il pouvait combiner l'extrême franchise du débat interne et le respect absolu des différences. Un mauvais signe, dans un moment bien particulier de l’histoire politique française. Après une quinzaine d’années de remontée de la critique sociale (depuis 1993-1995), la période 2004-2006 avait ouvert l’espoir que, enfin, la conjonction des forces transformatrices allait briser le déséquilibre dangereux qui pénalisait la gauche depuis le début des années 1980. L’échec de la candidature antilibérale avait déçu cette espérance ; les récentes élections municipales et cantonales ont porté ce déséquilibre à un point jamais atteint. Dans ce moment de montée du bipartisme, certains se sentent en état d’incarner la « vraie » gauche : soit parce qu’ils se définissent comme le « troisième parti de France », soit parce qu’ils estiment pouvoir, autour d’eux, rassembler tous les anticapitalistes.

Du côté de ces ambitions, il ne faudrait pas que l’on donne aujourd’hui le signe d’une fin de partie. Après une phase à la fois créatrice et brouillonne de « mouvement » qui, d’altermondialisme en collectifs antilibéraux, a vu émerger des forces nouvelles plus ou moins en marge du circuit partisan, il ne serait pas bon que l’on laisse entendre qu’il n’est plus temps de jouer, que la main doit revenir aux organisations bien structurées, parlant d’une seule voix. Après la floraison des démarches citoyennes et de « l’autre façon de faire de la politique », le retour à l’ordre des appareils ?

La mise à l’écart de Christian Picquet peut s’interpréter comme l’indice d’une époque où, chacun à gauche du PS campant sur ses prétentions, la seule question qui vaudrait d’être posée serait de savoir qui va regrouper autour de lui le plus grand nombre de forces inorganisées. Bras de fer dérisoire des « petits » entre eux, pendant que le « grand » continue tranquillement son bonhomme de chemin, n’hésitant pas, lui, à valoriser ses conflits internes pour laisser entendre qu’il peut, à lui seul, rassembler toutes les sensibilités de la gauche.

Je suis solidaire de Christian Picquet. Par amitié d’abord, mais aussi par raison politique.

Roger Martelli

* Voir l’article : « Bilan du courant UNIR de la LCR »

Dans la rubrique "Pour une alternative au capitalisme"

 

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