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Fédération pour une alternative sociale et écologique le 17 décembre 2008

 

 

Intervention introductive de Martine Billard, Ecologie Solidaire

 

Tous les mots ont de l’importance :

Alternative : car face à la crise, que nous analysons comme une crise  globale, financière, économique, sociale, écologique, il ne s’agit pas pour nous de se contenter de proposer des améliorations du système à la marge, de s’occuper des « plus fragiles » expression du politiquement correct actuel, des « plus pauvres », de mieux réguler le système. Il s’agit bien de faire des propositions pour une alternative globale. Alternative qui soit à la fois sociale et écologique.

Sociale : la réponse à la crise sociale ne peut se faire sans se préoccuper en même temps de la crise écologique, car cela reviendrait à repousser à plus tard les réponses urgentes face à cette crise écologique et donc à aggraver cette crise.

Ecologique : de même les réponses à la crise écologique ne peuvent se faire indépendamment des réponses à la crise sociale, sous peine de ne répondre qu’aux aspects environnementaux et d’en faire payer le prix aux classes populaires.

Les deux crises sont indissociablement liées et s’alimentent l’une l’autre. Voilà pourquoi notre insistance à répondre globalement aux deux.

Fédération : certains se moquent de l’éparpillement actuel des forces à gauche du PS, d’autres le déplorent. Nous sommes de celles et ceux qui le déplorons.

Aussi ne proposons-nous pas une nouvelle organisation qui viendrait ajouter à l’émiettement en cours. Non, nous proposons au contraire de commencer à regrouper.

Ce regroupement ne part pas de rien, mais de confrontations, de croisements, d’actions communes ces dernières années.

Nous avons commencé avec l’appel de Ramulaud en 2003, puis nous nous sommes retrouvés de nouveau dans le non au TCE, nous nous sommes reperdu lors des élections présidentielles, certains ont continué avec les collectifs unitaires, d’autres avec le rassemblement de l’écologie radicale de Miremont et nous nous sommes retrouvés de nouveau pour l’Appel Politis.

Nous ne cherchons pas à créer une organisation de plus, celle qui détiendrait la vérité, qui devrait être le noyau autour duquel tout devrait se reconstruire et auquel les autres devraient se rallier.

Nous ne cherchons pas non plus à masquer que nous avons des nuances entre nous. Mais nous partons de l’expérience de ces dernières années qui a montré que nous pouvions nous retrouver sur beaucoup de points et agir ensemble. C’est d’une confrontation féconde que naîtra la future force politique que nous appelons de nos vœux.

Nous voulons une démarche ouverte et transitoire, un rassemblement qui mêle le meilleur des cultures de chacun : libertaire, communiste, écologiste, autogestionnaire ; un rassemblement qui soutienne et participe aux mobilisations sociales mais qui sait aussi porter des propositions dans les institutions.

Il s’agit donc d’être une passerelle, de préparer l’émergence d’une nouvelle force politique, écologique et sociale, pas d’être à nous touts seuls cette nouvelle force

 

 

Intervention de Gilles Alfonsi. Association des communistes unitaires

 

En guise de préambule, je rappelle que l’Association des communistes unitaires n’est pas un courant interne à un parti mais une association autonome dont la visée est la construction d’un projet et d’une force de transformation sociale incluant les différentes sensibilités de la gauche de gauche, et parmi elles une sensibilité communiste. 

L'histoire de la gauche de transformation sociale ne commence pas avec l'échec de la candidature unitaire pour l'élection présidentielle de 2007.

Elle plonge ses racines dans l'histoire du mouvement ouvrier et de ses conquêtes, dans les combats sociétaux, dans les luttes féministes, dans les luttes pour l'égalité des droits, dans les batailles écologiques.

Nos références sont aussi bien la marche des beurs de 1983 que le puissant mouvement de 1995, la dynamique altermondialiste et les luttes de 2003 pour les retraites et l'éducation nationale, la bataille pour le non en 2005, la mobilisation pour les services publics et les rassemblements de Millau.

L'idée de la fédération, c'est de boire à ses différentes sources pour faire force politique ensemble.

Nous revendiquons le caractère expérimental, ouvert, tâtonnant de cette construction, mais s'inscrivant dans la durée, incluant les enjeux électoraux mais sans en faire le pivot de la démarche.

Nous avons indissociablement :

  • des points d'accord essentiels : antilibéralisme et critique radicale du capitalisme, contestation de la domination du social libéralisme sur la gauche, socle commun des réflexions et propositions sur l'Europe, 125 propositions, mais aussi volonté partagée de mettre en cause la division du travail issu du 20ème siècle entre mouvement social et politique partisane, contestation du monopole de la représentation politique par les partis, volonté de favoriser l'appropriation citoyenne contre toutes les dépossessions et de transformer en profondeur le rapport aux institutions et à la gestion...
  • mais nous avons aussi des points de différentes, voire de divergence : comme sur l'énergie, le nucléaire, le rapport à l'Etat peut-être...

Quelle différence avec les autres espaces existants ? Justement, ce pluralisme de fait et le caractère d'emblée composite, qui sont constitutifs de la fédération.
Bref, il ne s'agit pas d'occuper un petit segment idéologique de la gauche alternative.

Dans la fédération, les Communistes unitaires porteront la référence au communisme, pour trois raisons : premièrement, nous agissons en filiation des conquêtes du mouvement ouvrier et du meilleur du communisme politique ; deuxièmement, nous pensons qu’à travers la mise en cause du communisme nos adversaires visent le combat pour l’émancipation tout entier ; troisièmement, une force politique d’un nouveau type devrait faire vivre en son sein différentes cultures politiques, permettre qu’elles se fécondent entre elles, et non les dévaloriser ou les nier.

 
La fédération, ce n'est pas un parti - car il faut travailler sur les façons et les nouvelles formes pour faire de la politique, s'organiser -, ce n'est pas un mouvement ponctuel - car il y a besoin d'un travail de fond inscrit sur le temps long -, ce n'est pas un simple réseau informel - car il s'agit de se donner les moyens de peser dans la situation politique, face à Sarkozy, dans la recomposition de la gauche, tout en ayant un espace souple et évolutif. C’est une première étape vers une force politique d’un type entièrement nouveau. Et la Fédération, ce sera aussi d’emblée, bien sûr, un interlocuteur de toutes les forces de gauche.

 

 

 

Intervention de Jean-Jacques Boislaroussie, les Alternatifs.

La crise du système capitaliste productiviste ouvre la perspective d'une rébellion sociale massive. Les Alternatifs poursuivent donc leur action pour que se constitue, à côté d'autres forces du camp antilibéral (NPA, PG, PCF), une organisation politique alternative autogestionnaire écologiste, utile aux mobilisations et porteuse d’un projet alternatif au système.

L'unité du camp antilibéral est pour nous un axe stratégique : nous y travaillons pour les élections européennes de 2009.

La Fédération est notre troisième axe de travail : elle offre la possibilité d'ouvrir un nouveau champ de coopérations et d’action politiques et sociales, par la rencontre d'engagement divers, ceux d'individus, de courants politiques, d'organisations comme la nôtre. Rencontre qui renouvelle, à une échelle encore réduite mais significative; la démarche qui avait permis la percée du non de gauche en 2005.

Espace de convergence militante, la fédération doit aussi être un lieu d'initiatives politiques, de réponses globales à la crise économique, sociale, écologique, démocratique.  Pour et par une diversité féconde.

 

 

Intervention d’Yves Salesse, Coordination Nationale des Collectifs Unitaires

 

C’est bien naturellement que les collectifs unitaires se sont inscrits dans ce projet de fédération. La rupture du processus unitaire avant l’élection présidentielle de 2007 a été un saccage dont la gauche et, plus gravement, tous ceux qui souffrent du système en place paient le prix : il n’y a pas de véritable opposition à l’offensive tous azimuts de Sarkozy et du patronat. Le rassemblement de toutes les forces de gauche qui refusent la logique dévastatrice du capitalisme est plus que jamais nécessaire. Ce rassemblement ne peut s’opérer autour d’une seule sensibilité politique, quel que soit le succès momentané de l’une ou de l’autre. Malheureusement nous savons que toutes les forces concernée n’y sont pas prêtes. Alors nous avons décidé de nous regrouper, nous déjà, ceux qui sont là et, nous l’espérons, d’autres à venir. Sans abandonner la perspective du rassemblement large.

Comme l’a dit Martine Billard, notre entreprise est néanmoins ambitieuse : nous voulons d’emblée regrouper des histoires et des cultures différentes. Notamment nous voulons saisir ensemble l’urgence sociale et l’urgence écologique. Et l’urgence sociale, ce n’est pas seulement le chômage, la précarité ou l’insupportable juxtaposition des milliards disponibles pour sauver les banques et du retour des mal logés sur le trottoir, rue de la Banque. Ce sont aussi les discriminations, la situation faite aux femmes, à ceux qui sont issus de l’immigration, la question des « quartiers populaires », etc. La société ne peut vivre sur la base d’une égalité de principe démentie chaque jour par les faits. La réponse à ces problèmes ne doit pas être séparée de celle aux défis environnementaux. Mais en être convaincu n’est que la moitié du chemin. Il faut encore traduire cette conviction en projet et propositions.

Nous savons que ce mélange des cultures est difficile. Depuis le début des années soixante le mouvement ouvrier a été percuté par plusieurs mouvements nouveaux, notamment le mouvement féministe, le mouvement écologiste, les marches pour l’égalité. Il a été bousculé. Cela ne suffit pas. Il ne suffit pas de rester dans sa culture et de rencontrer les autres de temps en temps, d’échanger des points de vue puis de retourner dans son coin. Nous sommes convaincus qu’il faut être dans un même cadre pour que l’interpénétration de ces cultures et des préoccupations avance ; il faut agir ensemble et se frotter ensemble aux réponses à proposer. Voilà la fédération, processus ouvert qui veut aussi réfléchir à des nouvelles façons de s’organiser pour l’action politique.

Vous nous avez interrogés sur les prochaines élections au parlement européen. La fédération n’est pas constituée pour cette échéance qui risque d’être encore l’occasion de la dispersion. Elle vise au delà... Mais nous participons aux initiatives pour des listes unitaires. Je vois des sourires : « c’est naïf, ça ne se fera pas ». Je me souviens de mêmes sourires au début de la campagne du NON. Nous savons que c’est loin d’être gagné. Mais nous ne faisons pas de la politique à partir de pronostics ; nous nous déterminons à partir de ce que nous pensons nécessaire. Ce n’est pas une démarche utopique. C’est au contraire du réalisme politique. S’il y a trois ou quatre listes de la gauche du NON, ce sera grotesque et sans efficacité aucune. Alors nous menons bataille pour des listes unitaires. J’ajoute ceci : même si elle échoue, elle laissera des traces chez ceux qui auront choisi le sectarisme et l’esprit de boutique. Renoncer d’emblée aux listes unitaires serait au contraire leur faciliter la tâche.   Et tout n’est pas encore joué.

 

Lecture du message de Marcel Rigout, Président d'ADS, Alternative démocratie Socialisme,  ancien ministre.

 

« La naissance de cette fédération rejoint pleinement l'appel que nous avions lancé le 18 octobre à Limoges. Aujourd'hui, nous n'allons pas déterminer ce qui se passera ou ne se passera pas. Tout ce bouillonnement nous va très bien.

Quelque chose est en train de naître. C'est pourquoi nous nous y inscrivons pour l'élaboration d'un projet d'avenir. »

 

 

 

Déclaration de Joe Rabie, MAI

 

Le Mai est issu de collectifs citoyens, qui se sont formés à partir du NON au TCE et de la campagne Bové.

C'est un mouvement altermondialiste politique qui oeuvre pour une convergence des alternatives à la globalisation et pour la sortie du productivisme. Réunissant écologistes, objecteurs de croissance, non-encartés, le Mai est déjà partie prenante du rassemblement de l'écologie radicale dit "de Miremont".

Nous sommes inquiets de l'état du monde, de l'épuisement des ressources par la consommation effrénée, par les inégalités entre le nord et le sud et à l'intérieur de la France même, de la dérive sécuritaire d'une société qui sauve ses banques à coup de milliards tout en se prétendant trop pauvre pour payer des services publics dignes de ce nom...

Nous œuvrons en faveur d'une société socialement juste, écologiquement responsable et humainement décente.

L'élaboration d'un projet politique de transformation passe pour nous par une exigence de démocratie "radicale". Nous l'expérimentons dans nos modes de fonctionnement, nos statuts incitant chacun à participer. Nous n'avons pas de président mais un collège, dont la moitié des membres sont tirés au sort. Pour empêcher la personnalisation et la professionnalisation nous avons des mandats courts, non renouvelables, semi-impératifs avec contrôle à posteriori, et des veilleurs.

Le texte fondateur du Mai est le Manifeste de Lalouvesc, rédigé de façon collective à soixante mains.

Les membres du Mai, après consultation, ont décidé de participer aux discussions actuellement en cours en vue de la création d'une Fédération dont l'ancrage politique est nettement à gauche.

Menant son propre travail sur l'élaboration d'un projet de société et d'un projet politique, le Mai souhaite porter sa contribution dans un travail d'ensemble réunissant les différents groupes qui ont des idées proches.

Nous avons face à nous des adversaires implacables, sûrs de leur bon droit, contrôlant les moyens financiers et les médias, et en plus - surarmés.   Pour briser ce système dans lequel ils nous enferment, nous avons besoin d'être nombreux et solidaires entre nous.

C'est pour cela que le Mai est partie prenante de cette fédération.

 

 

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