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L unité Les Alternatifs La Fédération

LIRE DES COMMENTAIRES A CETTE TRIBUNE EN BAS DE PAGE

L’unité ? 
Pour protéger, faire vivre et

développer un courant autogestionnaire 
 
Les Alternatifs ont clairement décidé de ne pas se présenter aux élections européennes. Nous le regrettons. Mais il s’agit d’un choix démocratique. Dont acte. 
La teneur des débats indique qu’il s’agit hélas moins d’une volonté de s’affirmer hors du champ électoral que de préserver l’Unité. 
Or, si l’Unité surdétermine aujourd’hui nos choix, il devient nécessaire de s’interroger sur ce que les Alternatifs entendent par Unité. 
Assurément, l’Unité, ce n’est pas un partenariat avec le NPA. Nous le voyons aujourd’hui. 
Ce n’est pas non plus un partenariat avec le PCF et le PG, nous l’avons vu la semaine dernière. 
S’il s’agit d’un partenariat avec ces trois composantes à la fois, outre la gymnastique intellectuelle qui consiste à en penser pis que pendre individuellement et à les trouver fréquentable collectivement, les orientations politiques de ces organisations rendent cette unité impossible. Le PCF et le NPA ne veulent pas travailler ensemble. Quant au PG, il a, semble-t-il, fait un choix, au moins provisoirement. L’Unité de ces organisations ne se fera pas contre leur volonté. 
Alors, l’Unité avec qui ? 
Il s’agit, aujourd’hui, principalement, sinon uniquement, de la Fédération. 
 
Nous nous sommes prononcés, comme l’ensemble des Alternatifs, en faveur de la construction d’une organisation large de la gauche alternative, anticapitaliste et écolo. Les débuts étaient forcément difficiles. Mais nous considérons qu’au bout de 8 mois de gestation, la Fédération ne répond toujours pas à nos espérances. Pas du tout. 
Nos camarades du PC ou des Verts ont décidé de ne pas franchir le pas et sont restés dans leurs organisations (ce choix, nous l’avons vu lors des négociations pour les Européennes, n’est en rien anodin). Outre ces quelques dizaines de communistes unitaires et d’Alter-ékolos, cette Fédération se compose d’organisations plus ou moins impliquées ( Utopia et MAI) et d’une structure informelle, la CNCU (Coordination Nationale des Collectifs Unitaires ) . La question centrale n’est pas le nombre de divisions - car la question serait alors vite réglée- mais l’absence d’implication de ses groupes qui restent un pied dedans ,un pied dehors. Elles le disent, elles le répètent, cette structure doit rester ouverte, non contraignante, peu formelle. Bref, elle doit peu exister. 
 
Qu’est-ce que la Fédération aujourd’hui, au niveau national ? 
 
Une organisation sans nom – tout un symbole !-, sans orientation politique claire (quid des institutions, du nucléaire, des rapports au PS, voire au NPA, dont une partie de la Fédération ne veut pas entendre parler ? ). 
Une organisation non démocratique, sans adhérents, sans transparence, sans mandats, où les « personnalités » ont plus de poids que les processus collectifs. 
Sans budget, sans statuts, sans règlement intérieur. 
Une structure qui devient un gouffre financier pour les Alternatifs, et uniquement pour eux. 
 
Un mauvais dialogue entre Fédération et Alternatifs ? 
 
Les principaux animateurs de cette structure ont essayé d’interdire aux Alternatifs leurs prises de paroles spécifiques au nom de l’unité (par exemple en insistant pour que les Alternatifs renoncent à signer des appels inter-organisations ou ne composent pas de délégations spécifiques). Des animateurs qui ont aussi tenté de nous empêcher de rencontrer les autres organisations dans le cadre des élections européennes. Des animateurs qui aujourd’hui veulent nous forcer à saborder notre Université d’été, veulent en imposer une autre concurrente et qui nous demanderont sans doute demain d’éponger les dettes de leur université. 
Le tout à coup de pressions et de « qui ne dit mot consent » ! 
L’absence de remise en cause de ces pratiques au sein de la Fédération est symptomatique de l’absence d’informations internes mais aussi d’une certaine hostilité partagée contre notre mouvement. Bien que le sujet ait déjà été abordé, nous pensons utile de rappeler les difficultés qui sont intervenues dès le départ. Les Alternatifs ont été les seuls pour l’instant à mettre la main au porte-monnaie pour le meeting de lancement de la Fédération à Montreuil. Pourtant, ce meeting ne s’est pas révélé être un modèle du genre « faire de la politique autrement » et il a été explicitement demandé aux Alternatifs le soir même de ne pas s’y exprimer. Pour le moment, la somme dépensée par les Alternatifs s’élève à 17 000 euros. 
 
Cette Fédération existe, mais elle existe peu. Elle existe mal. Certains éléments nous y sont hostiles (la campagne interne continuelle contre les Alternatifs est en partie responsable de cette hostilité ; mais une certaine culture « anti-parti » aussi). 
 
Bref, cette Fédération ne ressemble pas au projet auquel nous avons adhéré. 
Elle devient même clairement une menace pour l’existence des Alternatifs. 
 
La bataille pour l’Unité, si elle concerne la Fédération, est aussi un enjeu pour l’ensemble des mouvements politiques à la gauche du PS. Mais c’est aussi, c’est surtout, un enjeu qui dépasse les appareils politiques. Nous refusons de voir notre engagement unitaire résumé à batailler au sein de la Fédération car cela reviendrait à nous replier sur nous-même là où nous pensions nous ouvrir vers l’extérieur or, depuis cet été, notre activité principale a été bien moins le développement des Alternatifs, le soutien aux mouvements sociaux et l'appréhension des évolutions politiques de l'époque que cette construction picrocholine. 
 
Nous demandons que les Alternatifs portent au sein de cette Fédération de nouvelles exigences d’amélioration rapide. 
Nous nous donnons rendez-vous à la prochaine coordination des Alternatifs pour évaluer les avancées réelles sur les points qui nous paraissent essentiels : démocratisation, transparence, investissement financier des autres composantes, statuts, votes, adhésions individuelles, ouverture d’un débat d’orientation, reconnaissance des Alternatifs. 
Si les avancées ne sont pas notables, nous ferons campagne pour la dissolution de cette Fédération ou pour que les Alternatifs en sortent. 
Nous prendrons nos responsabilités pour que le courant autogestionnaire ne soit pas dissout dans un grand Rien. 
 
Mathieu Colloghan, Elisabeth Cadic-Njeim, Jean-françois Pellissier, Veronika Daae, Florian Rideau, Rachel Lafontaine, Emile Ronchon et Sabine Lasnier 


Salut Mathieu, Salut à tous et toutes,

Je me reconnecte à l'instant après un break très salutaire post débat européennes et réu. de la Fédé (pm - oui j'y étais !) Je n'ai pas encore eu le temps de lire la totalité des mails, mais je suis également très frappée par le ton vachard de certains des messages qui appellent à la règle et nous font un quasi procès en division. Effectivement c'est désolant, mais je trouve, Mathieu, que ça ne mérite pas que tu te mettes en retrait des Alternatifs. Pour moi, adhérente 2009, ça me dit seulement  que, même dans ce parti, la parole d'autrui n'est pas toujours accueillie avec la bienveillance souhaitée/attendue et que "faire de la politique autrement", ce n'est pas encore gagné.

En signant cette tribune, je n'ai pas eu le sentiment de rejoindre une quelconque fraction et, comme le dit Armelle, "de jeter le bébé Fédé avec l'eau du bain". Il s'agissait seulement de faire partager à des camarades engagé-es dans la même formation politique et le même processus "unitaire", ce que nous ressentions à propos de la Fédé (notre appréciation des problèmes est peut-être très "parisienne", mais il n'en reste pas moins que "fonctionner" sans la plus petite règle - comme c'est le cas aujourd'hui - n'a jamais favorisé la démocratie et peut même nous décrédibiliser auprès de partenaires potentiels). Par ailleurs, il s'agissait aussi d'engager un débat sur cette Fédé (simple cadre unitaire pour certain-es, formation en "gestation" pour d'autres) dont la préservation a pesé si lourd dans la décision de nombreux camarades lors du débat interne pour les Européennes.

 Enfin, Philippe, trouve que cette tribune n'est "pas écrite sur le ton d'un débat, mais sur le ton d'une prise de position" et il dénonce l'émergence de dangereux "courants" qui fomenteraient l'éclatement des Alternatifs...

Pour ce qui me concerne j'assume tout, le ton, le contenu et y compris les soupçons en complot au sein "des vraies tendances", mais je m'étonne quelque peu que nous soyons aussi violemment attaqué-es en interne alors que les mêmes ont vite fait de s'affubler d'oeillères quand il s'agit des camarades "unitaires" de la CNCU et d'ailleurs... 

Maintenant qu'il faille réfléchir à d'éventuelles règles sur la publication de tribunes, pourquoi pas. Perso. je ne suis pas pour l'encadrement du débat, ni pour que certain-es en soient écarté-es/privé-es en raison de leur fonction au sein de l'exécutif ou autre, mais je m'adapterais à la règle commune.

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Janie a écrit toujours à propos de cette tribune :

"Un peu rapide et rédigé, me semble t'il (vous dites "après notre Coord") avant même la réu de la Fédération de ce dimanche...et signé (même si je ne leur en conteste pas le droit) par des absents à cette réu de la Fédé..." (...)

(...) "Quelle responsabilité d'écrire cela aussi tôt."

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Trop tôt pour avoir un avis sur la Fédé ? Mais camarade si, aujourd'hui, nous ne sommes pas encore en capacité d'apprécier ce qui est à l'oeuvre, quand le serons-nous ? Faudra-t-il encore trois années sup. pour que les failles de ce processus dit "unitaire" se révèlent enfin et soient traitées ? Tout cela ne s'est pas spontanément constitué avec cette nouvelle quête fédérative. Je suis certaine que nous n'avons pas oublié les choix d'appareils (LCR- PC), le désastre programmé de l'Ile st Denis et l'incroyable sursaut de ceux et celles qui voulaient continuer de croire qu'"un autre monde est possible". Après la campagne Bové et malgré son modeste score, nous étions encore nombreux et suffisamment enthousiastes pour vouloir continuer de courir pour l'unité, mais nous avons fais une première erreur : nous n'avons pas pris le temps d'un réel bilan. Cette préférence pour le flou que certains aiment à qualifier de "joyeux bordel", ce choix par défaut, nous continuons de le payer...Comme si de rien n'était, comme si tout était clair et fonctionnait au mieux, les collectifs/comités rescapés se sont mués en "Gauche alternative" pour les législatives puis, sous l'impulsion du "truc national" (ou au gré des CU ?) ils sont redevenus "unitaires" et se sont dotés d'une CNCU. Et voilà que maintenant, toujours comme si de rien n'était, on reprend tout à zéro et l'on se met à  "construire" une  "Fédération" ou cadre unitaire dont  8 mois plus tard, on ne cerne ni les contours - tant il y a de groupuscules dedans/dehors - ni le contenu en l'absence de charte ou d'un quelconque texte fondateur intelligible qui puisse être diffusé, ni le nombre exact de participant-es (en dehors des formations politiques) parce que toujours dans ce "joyeux bordel" qui nous caractérise (au profit de qui ?) on a continué de négliger de se compter...Bien sûr, localement on a bien vu que d'étapes en étapes, on était moins nombreux, mais fidèles à la stratégie du "faire comme si", on a continué vaille que vaille et on s'est accommodé d'un "truc national" provisoire qui de coord. en réu; s'est enkysté dans la fonction et s'est mis à "parler" pour les collectifs et à vouloir les encadrer... Il y a peu, on s'est offert ce coûteux grand souk fédérateur...Et pour donner du sens, on a écrit sur l'affiche "Acte 1" et pour faire nombre après les noms des orgas, on a mis "des milliers de citoyens et citoyennes" et pour faire "lourd", on a posé sur une estrade une brochette de personnalités dont certaines n'apparaissent que pour ces occasions.

Qui est dupe en dehors de nous mêmes ?

Qui a intérêt à continuer de faire comme si la CNCU pèse des centaines (ou au moins une petite centaine) de collectifs encore actifs?  Combien de temps va-t-on continuer de faire comme si les membres de l'ACU et les Alter et les autres ne sont pas dedans-dehors, comme si les "personnalités" participent à un collectif, comme si le "truc national" - comme l'appelle Armelle - n'a aucune existence, ne tire aucune ficelle, comme si l'essentiel est bien cet "'horizontal" qui se construit dans les départements (sur quelles bases, selon quels principes, avec qui ?)

Va-t-on pouvoir encore longtemps (sans se mettre en danger) s'exonérer de poser clairement et sans détours les questions qui fâchent ? Peux-t-on se dispenser de régler les problèmes ? Peux-t-on continuer de se contenter de ces réunions nationales qui tournent à la mascarade ?
J'ai assisté à une partie de la réunion dimanche (pm). Il a été question du fonctionnement, du site, de l'enregistrement des comités/collectifs, de cotisation, de participation financière des élu-es, de budget, de porteparolat, d'université d'été. Des questions qui sont toutes importantes pour une organisation en devenir, il n'en est rien ressorti d'immédiat et de concret...
Il est convenu que l'ensemble sera traité à la prochaine réunion (06) ou plutôt, des propositions seront faites en juin, adoption ultérieurement... (acte 2 ?).

 En clair, une charte de fonctionnement et un règlement intérieur vont être élaborés sous la houlette de Kader qui a déjà "mis en forme" celle de la CNCU...Le site est sous la responsabilité de Kader, d'autres se sont joints à lui récemment, mais ils/elles n'ont pas été cité-es (modérateurs ? qui a les clés ? qui publie ? qui rentre les contributions ?)...Le même Kader a recommandé aux délégués présent-es de veiller à inscrire leur collectif, 13 sont inscrits...En conséquence, "comme ils ne sont pas assez nombreux", les pages des collectifs ne sont pas ouvertes...

Les questions financières n'ont pas vraiment mobilisées, un délégué a précisé (je crois que c'était le Gard, mais sans garantie) qu'ils cotisaient localement, mais avaient décidé de faire l'impasse sur le national...D'autres ont souligné l'empilement problématique des cotisations (double ou triple appartenance), la question va être étudiée pour juin...id. pour la cotisation des élu-es, Tarek s'est dit favorable et un recensement des élu-es va être fait...Une provocante évaluation budgétaire (lol!) a été distribuée, conclusion pas de sous...on remet à plus tard. Aucune référence aux 17000 euros du meeting. Il semble que ce ne soit pas dans l'ordre des priorités.
L'université d'été est maintenue et le porte-parolat a fait choux blancs.

Le bon ami et unitaire CS, dans une ultime coquetterie, a vaguement menacé de quitter le national au prétexte qu'ils ne sont que 6...

Au final les mêmes restent à leurs postes, rien n'a été réglé, le divin flou a été préservé pour quelques mois encore et chacun-e est rentré chez soi. Qui peut prendre au sérieux ce qui se passe là, en dehors de nous ?

cm Delord écrit :

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"Il me semble que la grosse erreur que nous avons commise, c'est de participer à la construction de la Fédération par le haut. Comme tout le monde fait, c'est à dire par Paris, par le national. Je sais, c'était tentant de laisser l'Exécutif, plus ou moins mandaté par la coordination des Alter, dialoguer avec les instances nationales des partenaires, et avec des ténors auto-proclamés. C'était tentant pour les Alter de se montrer en évidence en organisant et en participant à un grand meeting dans la région parisienne.

(…)Etre plus exigeants, ç'aurait été de dire à celles et ceux qui voulaient construire la Fédération : mettons-la d'abord sur pied dans les départements et les régions, puis rassemblons ce qui sort de cette volonté d'unité.

(…)  nous avons déjà été très étonnés d'apprendre cette question des 17.000 Euros payés par les Alter, et la question de l'Université d'été décidée par une Fédération qui n'existait pas encore au niveau départemental, et nous avons tout de suite exprimé cet étonnement à l'Exécutif des Alter."

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Effectivement, il aurait été plus conforme de construire à partir de la base et de s'organiser (via le net, skype, conférence tel) à partir des seuls comités/collectifs/fédés en réseau.  La question  pour ou contre une instance nationale et quel type d'instance souhaite-t-on  aurait gagnée à être mise en débat. De même, on peut très bien imaginer un national tournant, des délégués nationaux par thèmes. Bref, il y aurait bien des possibilités. Est-il trop tard pour envisager des changements ???

Comment se préserver de ce "joyeux bordel" ?

Pour ce qui me concerne, toutes les questions demeurent ouvertes.

Enfin, pardon à ceux et celles qui maîtrisent la langue, l'écriture et l'art de faire de la "politique" pour cette réponse trop longue, maladroite et - comme dit Philippe - "sans nuances", je fais avec les moyens du bord...

Au camarade Mathieu avec qui j'ai l'immense plaisir de militer dans le 10ème (Gauche Alternative 10e), je dis à demain.

Amitiés de Sabine

 


 

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Serge Grossvak Je suis juif et je croyais les larmes perdues

Je suis juif

et je croyais les larmes perdues.

 

Je croyais les larmes perdues, les yeux secs dans les fureurs guerrières. Je croyais, je croyais les pupilles de la raison closent sous les éclats de haine. Je voyais la souffrance couler et se répandre devant des âmes impassibles et aveugles. Je regardais le peuple de mon origine s’abandonner aux rages jusqu’à élire ses fanatiques. Je voyais ces haineux représenter l’avenir sur les marches des palais et des pouvoirs. Les pouvoirs de l’État d’Israël.

 

Au plus profond du désespoir, il faut espérer.

 

Lorsque le ventre se noue devant les entrailles sanglantes, devant les membres déchiquetés et carbonisés. Lorsque le regard perdu d’un enfant offre son désespoir. Lorsque le ventre fait douleur et ne produit que de pauvres mots pour porter l’humain. Une porte doit s’ouvrir.

 

Au plus profond du désespoir, il faut espérer.

 

Une porte s’est ouverte, par la jeunesse. Cette jeunesse que des parents jettent au feu et pervertissent l’âme. Cette jeunesse offerte à la guerre à en souiller le coeur. De cette jeunesse s’est ouvert un œil perçant les fumées de la propagande belliqueuse. Une jeunesse qui a su dire contre les autorités militaires, politiques, religieuses, intello médiatiques.

 

Au plus profond du désespoir, il faut espérer.

 

Ce sont des jeunes, ces élèves en belliqueux qui ont ouvert les yeux. Ce sont des durs de Tsahall qui ont dit : assez ! Ce sont des soldats, presque des enfants puisque nos enfants, qui ont dit l’assassinat de femmes enceintes, qui ont dit la sauvagerie contre les ambulances, contre un peuple. Ils ont dit de leurs bouches d’hommes ce dont avaient témoigné nos députés F Wurts ou H Boumédienne, pour cela frappés de ségrégation par un CRIF officine de guerre.

 

Aujourd’hui avance l’espoir, avance le miroir.

 

La justice, seule, est libératrice. Par les yeux de ces jeunes soldats s’avoue le terrible réel pour que justice soit faite. Par ces témoignages se présente la condamnation de l’outrage. Condamnation pour que les victimes puissent envisager leur paix, pour que les coupables puissent s’arracher leur peau d’acier et de bombes. La Paix attend son œuvre de justice.

 

Aujourd’hui avance l’espoir, avance le miroir.

 

De guerres en guerres, de massacres en massacres, l’armure jetée sur la face des guerriers se déchire. Guidés dans la bataille, des jeunes voient leur conscience s’ouvrir à l’épouvante. D’aucuns font le choix « refuznic », d’autre de dévoiler pour penser. Mais quand ? Quand, enfin, les juifs de l’enseignement trouveront une nouvelle sagesse, une nouvelle clairvoyance, pour des pages modernes et pacifiques d’une Halakhah de notre temps? Quand, enfin, s’écriront de nouvelles pages libérées de l’esprit de domination ?

 

Aujourd’hui, écrire l’ Halakhah de la Paix.

 

Nous tous, juifs de l’enseignement ou juifs de racine, nos frères du monde avec nous, nous avons besoin de répondre à nouveau avec Yossé : « un bon voisin ». Tel est « notre chemin droit », notre guide d’Homme ouvert au monde. La naissance de l’État moderne d’Israël nous a apporté une expérience. Ce voisin doit être respecté, en pleine dignité et égalité. Qu’enfin le juif de l’enseignement puisse entendre le juif de racine pour avancer d’un pas résolu vers ce voisinage bâti sur le Droit, sur les frontières désignées par l’ONU en 1967. Que la guerre ne soit pas l’éternel de nos enfants.

 

Serge Grossvak, le 26 mars 2009

 

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La Fédération, le PG, les Européennes et le Front de Gauche Feu l Unité

Lire aussi  "L unité Les Alternatifs La Fédération" dans la rubrique "Débats politiques"

Le 25 Mars a eu lieu la rencontre entre une délégation de l’exécutif provisoire de la fédération( Clémentine Autain ; Martine Billard ; Pierre Cours-Salies ; Roland Mérieux ; Gilles Monsillon ; Pierre Zarka) et une délégation du PG (conduite par François Delapierre et Eric Coquerelle) au siège de ce dernier. La délégation de la Fédération a parlé d’une seule voix et a demandé au PG d’intervenir pour que le rassemblement en vue des élections européennes inclue le processus de Fédération et relance l’ensemble du processus unitaire sans exclusive de manière à couvrir le champ social le plus large possible.

 

Le PG y a opposé un refus, arguant du fait qu’il était persuadé que la présence de la Fédération ferait éclater le Front de Gauche du fait de la réaction du PC. Il a juste proposé à ceux qui participent à la Fédération de contribuer à la campagne sur le terrain et d’examiner l’éventualité de participation de quelques personnalités locales sur les places restant vacantes sur les listes.

 

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Une Fédération ? Pas un marchepied pour quelques petits chefs

[Un commentaire sur la question par Jean-Jacques en bas de page.]

Bonjour,

Un WE entier passé en réunions parisiennes (d'habitude je suis moins gourmand!) m'aura appris pas mal de choses.

Surtout sur la Fédération, plus exactement sur sa direction parisienne qui semble largement autoproclamée.

1/ D'abord, quelques "animateurs" proposeraient de tenir l'Université d'été de la Fédération exactement la même période que celle prévue par les Alternatifs depuis août dernier, nous sommant de supprimer la nôtre ou bien de la déplacer à d'autres dates, début juillet.
Je trouve cela absolument inadmissible! Les congés de beaucoup d'entre nous (celles et ceux qui bossent dans le privé) sont souvent déjà posés, le lieu réservé à Dunkerque... L'Université
d'été est sans doute L'OCCASION annuelle pour les Alternatifs d'échanger, de se rencontrer d'une région à l'autre, de se construire en tant que collectif, beaucoup plus que le Congrès par exemple. Au nom de quoi les Alternatifs devraient-ils renoncer à cet événement ?

La Fédération ne peut-elle trouver d'autres dates pour tenir son Université d'été ?

A quoi rime cette oukase ?


Je propose que la Coordination de samedi, outre la question des Européennes, se saisisse de la question et REAFFIRME LES DATES DE L'
Université d'été d'août 2009.


2/ Comme je fais partie des Amis de TS (ATS, association propriétaire du 40 Rue de Malte à Paris et de la Maison des Passages à Lyon), j'ai aussi appris lors de l'AG annuelle qu'un local dans le 10ème (rue du Chaudron) était mis à disposition de la SARL SECA (Société d'Edition des Alternatifs).

Et, le dimanche j'apprenais que la SECA mettait à disposition ce local pour la CNCU.A quelles conditions ?

Est-ce aux Alternatifs de donner à la CNCU les moyens de fonctionner ?


3/ La question du bilan du meeting de Montreuil.

Bilan militant d'abord, dont il est confirmé par tous les témoins qu'il s'est agit d'une des pires réunions publiques depuis longtemps, une très longue suite d'interventions individuelles sans aucun début de construction collective apparente, dans une ambiance "à chier", avec des beuglards scotchés au bar et se fichant du reste avant et après leur propre intervention (ou celle pour laquelle ils étaient venus).

Bilan financier ensuite, puisque l'argent (on parle de 17000 €!!!) aurait été avancé par les Alternatifs "en attendant un hypothétique remboursement par des élus communistes"!

Franchement, je ne milite pas, je ne verse pas des cotis à un mouvement pour donner des moyens à des petits chefs d'occuper des tribunes, et de tenter de récupérer des troupes fraîches et un statut qu'ils ont perdu en n'étant plus les permanents qu'ils ont été toute leur vie active.

Si on construit la Fédération, ce n'est certainement pas pour redonner du lustre à quelques vieux beaux [ni à leurs relais locaux] !


Il n'y aura pas de Fédération SANS exigences démocratiques internes au moins équivalents à ce qu'elles sont aux Alternatifs.

Il n'y aura pas de Fédération sous la houlette de "bergers" autoproclamés.
Il n'y aura pas de Fédération sans élaboration de statuts assurant l'autogestion, et d'abord des principes de fonctionnement à la fois fédératifs (c'est bien le moins) au niveau local et respectueux des individus dans leur diversité.

Ou sinon, ce sera sans nous, et il faut le dire très fort, ensemble et maintenant!
Bref, j'ai la très nette impression qu'on fait fausse route sur la méthode globale, que si la construction se passe correctement dans quelques endroits, c'est très loin d'être le cas général, et en tous cas pas dans la région parisienne!


Un premier bilan serait le bienvenu par les camarades qui ont d'autres expériences.

L'Emile

Concernant la date de l'université d'été de la fédération alternative il ne faut pas incriminer indistinctement celles et ceux qui y participent.

 

La pression est venue, ce  n'est pas nouveau, du noyau d'animation de la CNCU (dont les collectifs tendent souvent a se transformer en structures de base de la fédération qui veut/doit aller vite) avec l'accord des représentants de l'ACU.

 

La date choisie par ces personnes etait sans aucun doute la meilleure (pour nôtre université d'été aussi) Il faut savoir qu'il ne reste plus dans les fait au sein du groupe de pilotage que des personnes de la CNCU (en majorité) , de l'ACU, des Alternatifs (trop peu) et Clémentine Autain (au demeurant correcte) Compte tenu du fait que le front de gauche ne semble décidément pas prêt a accepter de discuter avec la fédération, l'ACU s'est désormais repositionnée sur une position d'unité large, ce qui n'était pas, j'en témoigne pour avoir eu de nombreuses réunions privées avec ses responsables, la position initiale de ses dirigeants, qui était le choix du Front de Gauche en visant à l'élargir.

Du côté de la CNCU le choix était plus partagé, je peux aussi en témoigner. Quoi qu'il en soit il est plus supportable de pouvoir choisir comme les Alternatifs de participer ou non a des listes aux européennes que de se faire jeter.  A défaut de campagne européenne

-mais n'aur(i)ons nous pas le même problème_  ces composantes sont conscientes qu'il faut bien faire vivre la Fédération et l'enjeu de l'université d'été est devenu essentiel.  Un des petits problèmes est que nous ne pesons guère en terme de communication interne à la Fédération.  Lors de la coordination des Alternatifs du 22, les réactions des présent-e-s ont été en règle générale très vives a ce qui apparaissait comme un coup de force visant notre université d'été.

 Mais les présent-e-s étaient peu nombreux/ses (et a ce moment du débat souvent les plus critiques par rapport à la fédération alternative). Il n'aurait pas été juste de s'en tenir à la colère de beaucoup de présentes  Il a donc été proposé une position a doublé détente !

-Maintenir inconditionnellement le principe d'une université d'été des Alternatifs

-Tenter de trouver une autre date, concession en effet importante, et risquée pour le succès de notre université d'été.  Les pressions se manifesteront peut être de nouveau a l'occasion de la réunion du 29, qui suivra des réunions nationales de l'ACU et de la CNCU le 28, et il est hors de question d'y céder ce sera le rôle si nécessaire des camarades présent-e-s. Mais puisque nous avons acté le fait que nous tentions de trouver une autre date, peut être éviterons nous ce débat difficile.  Pour le reste, nous sommes calés par nos mandats pour une fédération de forces et citoyens,pas pour la dissolution en fait des Alternatifs dans la Fédération

Et nous ne dérogerons pas à ces mandats.

Jean Jacques

 

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Européennes 2009 Que font les Alternatifs ? 2) tour scrutin interne

EUROPEENNES : LE CHOIX DES ALTERNATIFS

 

Le samedi 28 mars, les Alternatifs ont décidé de ne pas participer à aucune liste aux élections européennes en raison de l'impossibilité de réaliser un front large de la gauche anticapitaliste/antilibérale. Ce choix est intervenu après plusieurs semaines de rencontres avec les partenaires de notre mouvement, le  NPA d'une part, le Parti de Gauche puis du Front de Gauche d'autre part.

Deux consultations des adhérent-e-s ont permis une prise de décision collective après un débat large au sein du mouvement. Les termes de ce débat renvoient à des aspirations et préoccupations qui dépassent très largement les rangs des Alternatifs.

 

Première remarque : les discussions avec nos partenaires politiques ont manifesté des convergences importantes sur les contenus d'une campagne commune, tant en terme de réponse aux exigences sociales, écologiques, démocratique de la période, que de propositions pour une alternative au niveau européen.

 

Par ailleurs, les propositions faites aux Alternatifs en terme de composition des listes comme de conduite de la campagne témoignaient de la considération portée à la présence de notre organisation.

 

Ces éléments nous conduisent à souhaiter faire perdurer, et aboutir dans l'avenir, la démarche de rassemblement qui n'a pu se réaliser aujourd'hui. Nous souhaitons notamment que l'université d'été des Alternatifs soit l'occasion d'échanges publics avec les autres organisations politiques du camp anticapitaliste/antilibéral.

 

Pour revenir au débat, celui ci s'est organisé autour de trois positions.

 

La première (position A), considérant la nécessité première d'une présence unitaire des antilibéraux aux élections européennes, analysait la constitution du Front de Gauche autour du PCF et du PG, comme l'ébauche d'un cadre unitaire conséquent et pouvant s'ouvrir, la participation des Alternatifs à ce Front partiel pouvant en accroître la dynamique. A contrario, l’attitude du NPA, quelle que puisse être la légitimité de sa méfiance à l'encontre de possibles renversements tactiques aux régionales, constituait un facteur de blocage du processus unitaire au nom d'une volonté hégémoniste.

 

La seconde (position B), partant de l'analyse d'un nouveau cycle de mobilisations sociales et de radicalisation politique, faisait le pari d'une inscription dans cette situation nouvelle sur la base d'un partenariat avec le NPA, en prenant notamment acte de la possibilité d'une campagne rouge et verte, le Front de Gauche n'étant pas considéré comme en capacité de capter et exprimer la radicalisation sociale et politique et restant marqué par l'attitude ambiguë de certains de ses secteurs vis à vis du PS.

 

La troisième (position C) donnait la priorité à une construction unitaire d'ensemble, non réalisée à ce stade, insistait sur la nécessité de ne pas subordonner des éléments fondamentaux du projet écolo-alternatif aux alliances avec le Front de Gauche et le NPA, et insistait sur le risque de tensions fortes au sein de la Fédération des gauches alternatives en cas de participation des Alternatifs à une alliance partielle.

 

Un premier vote des adhérent-e-s, conclu le 22 mars, plaçait la position C légèrement en tête (35%), les positions A (30%) et B (31%) arrivant presque à égalité. Un second vote devant permettre de trancher entre les positions B et C a vu le débat se polariser davantage sur la présence des Alternatifs dans la bataille politique pour les élections européennes. Il s'est conclu, le 28 mars, par l'adoption de la position C (55%), la position B obtenant 41% des suffrages.

 

Chacun-e peut constater que la bataille pour l'unité des anticapitalistes/antilibéraux, si elle interpelle des secteurs militants large, n'est pas perçue à une échelle de masse dans une conjoncture marquée par la dureté de la crise, l'aiguisement des conflits sociaux, et la tentation manipulatrice, répressive et autoritaire du sarkozysme. Elle n'en reste pas moins un axe fort de la démarche des Alternatifs.

Elle doit être :

- large, par la convergence des organisations anticapitalistes, antilibérales, écologistes radicales, et par l'articulation de ce front avec diverses formes d'auto-organisation sociale et politique;

- productrice de projet et d'alternatives concrètes, pour passer de la révolte à l'Alternative sociale, écologiste, autogestionnaire, féministe;

- durable, pour combattre la droite, casser l'hégémonie du PS à gauche, être utile aux mobilisations.

Le chemin est, décidément, long, le combat continue.

 

Jean-Jacques Boislaroussie

 

 

 

2° tour:

Proposition B: 41%

Proposition C: 55%

Abstentions: 04%

 

EUROPEENNES : MODE D’EMPLOI 
 
Les Alternatifs ont choisi, considérant que l’unité large n’était pas réalisée, de ne pas participer aux élections européennes. 
Cela signifie évidemment que personne ne peut , au nom des Alternatifs prendre position publiquement pour l’une ou l’autre des listes et que les militants connus comme des animateurs des Alternatifs ne manifesteront aucun soutien public à l’une ou l’autre des listes en présence. 
 Paris 28 mars 2009

Proposition C pour un plan B de participation

-------------------------- 

1° tour:Les Alternatifs ont voté comme suit:

Proposition A: 30%

Proposition B: 31%

Proposition C: 35%

Abstentions:     4%

Un deuxième tour comme décidé auparavant aura lieu sur les 2 propositions en tête: B Participer aux Européennes avec le NPA et C Ne pas participer aux Européennes.  Scrutin interne clos le vendredi 27 à minuit.   Deux textes d'accompagnement arrivent sous peu à lire dans cet Article.

Le communiqué de presse du 22/03/2009:

Les Alternatifs et les élections Européennes de juin 2009
Les adhérent-e-s des Alternatifs se sont prononcé-e-s sur la position du mouvement pour les prochaines élections:

-à 30% pour une alliance avec le "Front de Gauche"
-à 31% pour une alliance avec le NPA
-à 35% contre la participation à une liste si l'unité de toute la gauche antilibérale n'est pas réalisée
-4% se sont abstenus.

Comme il était prévu, les 2 positions arrivées en tête vont être départagées par un second vote:
soit pour l'alliance avec le NPA soit contre la participation à une liste en absence d'unité large.


 

logo

 

Consultation sur les élections européennes

Mode d’emploi pour le deuxième tour

Cette consultation est organisée pour une prise de position collective sur la participation des Alternatifs aux élections Européennes, à la suite du 1er tour dont les résultats sont rappelés dans le communiqué.

 

  Sommaire  

- Position B

- Position C

Les deux positions arrivées en tête restent soumises à un vote contradictoire :

- Position B : Si l’unité de toute la gauche antilibérale ne se réalise pas, alliance des Alternatifs avec le NPA

- Position C : Si l’unité de toute la gauche antilibérale ne se réalise pas, les Alternatifs ne se présentent pas aux élections Européennes.

Ces positions sont éclairées par deux textes collectifs, mais le vote porte sur les positions, et non sur les textes.

Seront pris en compte les votes exprimés. Votent les adhérent-e-s 2008 à jour et les nouveaux/velles adhérent-e-s 2009 dont la carte a été remontée et payée au National avant le 15 mars.

La Coordination incite fortement les Fédérations et Comités à organiser des débats autour des enjeux de ce vote, un choix qui nous engagera dans les mois à venir. Il serait très souhaitable que les contributions au débat qui paraîtront sur la liste mél (« Info » ou « Forum ») soient distribuées en introduction de ces réunions pour celles et ceux qui n’ont pas accès à Internet, tout particulièrement celles issues de camarades partisans de la position A qui ne sera pas au second tour.

Les votes sont individuels.

Les Fédérations doivent remonter une liste nominale des votes sur le modèle de la page 4 du bulletin en pièce jointe.

Seul-e-s les adhérent-e-s isolé-e-s sont invité-e-s à utiliser le bulletin individuel (P4). Nous rappelons à ce sujet, qu’afin d’éviter toute contestation, aucun vote ne doit être pris par téléphone s’il n’est pas confirmé par écrit.

Les votes, bulletins individuels ou les votes collectés par la Fédération et comités, devront parvenir au National soit par la Poste, soit par fax, soit par mél, soit être apportés par les délégués à la coordination pour le SAMEDI 28 MARS 2009 à 10 h, délai de rigueur.

La coordination aura lieu le samedi 28 mars à 10 h au 40, rue de Malte, 75011 Paris. Elle permettra de prendre acte des votes du 2ème tour et de mettre en œuvre la décision des militants et militant-e-s.

La position qui aura réunie le plus de votes sera celle adoptée par le mouvement pour les élections Européennes.

Résultats par mels : contacts@alternatifs.org

Fax : 01 43 57 64 50

 

Position B

Faisons campagne POUR PORTER NOTRE PROJET

Une large majorité des adhérent-e-s s’est exprimée lors du premier vote pour une présence des Alternatifs aux élections européennes. Les résultats serrés de ce vote témoignent d’un débat sur le devenir de la gauche antilibérale/anticapitaliste et de l’écologie radicale qui dépasse de loin nos rangs.

Nous ne renonçons en rien au combat pour une unité large et durable à gauche du PS, ni à la perspective d’un bloc social et politique majoritaire pour la transformation sociale et écologique.

Aujourd’hui, le choix pour les Alternatifs est d’être présents et audibles dans la campagne pour les élections européennes, ou non.

La crise du système capitaliste et productiviste ouvre un nouveau cycle. Les colères sociales, l’envie de politique et d’alternatives, grandissent. Dans une telle conjoncture, nous devons porter nos propositions dans la société. La campagne Bové avait été une étape. Ces derniers mois, l’hypothèse de notre participation aux élections européennes a suscité l’intérêt de nos partenaires comme de larges couches militantes.

Le choix aujourd’hui est entre remettre en cause ces progrès ou franchir une nouvelle étape dans l’affirmation du mouvement dans le champ social et politique. Qui peut d’ailleurs croire que notre absence aux européennes créerait les conditions d’une plus forte présence dans les luttes ou aux prochaines régionales ?

La construction européenne est à un tournant : c’est un enjeu crucial pour le mouvement altermondialiste, pour tous les mouvements d’émancipation.

Notre courant se veut présent dans les luttes écologiques et sociales et dans les institutions.

Nous ne faisons pas de l’élection possible d’un-e député-e européen-ne le critère principal de notre choix. Mais il/elle serait un point d’appui pour tisser des liens avec les courants politiques et sociaux rouges et verts en Europe, comme pour les Alternatifs. De même, la participation militante à la campagne (sans doute remboursée) nous donnera des moyens d’intervention renforcés.

L’accord avec le NPA fait débat au sein du mouvement :

-implantation militante inégale des partenaires

-nécessité de l’affirmation des Alternatifs

-importance de l’image d’Olivier Besancenot.

Les premières discussions avec le NPA et les propositions faites aux Alternatifs montrent que, contrairement aux craintes de certain-e-s camarades, le NPA souhaite et valorise notre présence.

Dans la campagne commune, nous défendrons notre projet rouge, vert, féministe, autogestionnaire, l’unité dans les luttes et une convergence large et durable de la gauche anticapitaliste/antilibérale et de l’écologie radicale.

Le choix des Alternatifs de s’engager dans la campagne est un facteur de renforcement pour l’ensemble du courant autogestionnaire et féministe, alternatif et écologiste. Il n’y a donc pas une position qui favoriserait la construction de la Fédération et une autre qui lui nuirait : dès à présent, diverses composantes ont fait état de choix différents (le Mai, ADS, Utopia…).

Le droit à l’objection doit être respecté, mais les Alternatifs auront besoin de toutes et tous pour la réussite de la campagne des européennes.

Jean-Jacques BOISLAROUSSIE (75)

Florence CIARAVOLA (06)

Mathieu COLLOGHAN (75)

Audrey ETIENNE (75)

Pierre HÉBERT (76)

JM FULLANA (32)

Sandrine LAVALLE (26)

Nathalie MARCU (93)

Rémy QUERBOUET (44)

Christophe TERRAS (83)

 

Position C

Ainsi, aucune des trois motions n’a obtenu la majorité absolue : la répartition des voix (30% pour la motion A, 31% pour la motion B, 35 % pour la motion C), révèle l’incertitude des camarades quant au choix à faire.

Avant tout, nous sommes satisfaits que cette consultation se soit bien passée et que chacune des motions ait porté des arguments qui sont tous respectables.

Nous avons donc le choix entre la participation avec le NPA (choix B) ou, comme nous l’avons exprimé dans notre motion de premier tour, le CHOIX © de la non participation à ces élections européennes.

Un argument de nos camarades porte sur le fait que le NPA attache de l’importance à notre présence à son côté. Il en était de même pour le Front de gauche.

Si nous avons plusieurs « soupirants », cela provient de la place centrale que nous occupons dans la gauche de gauche de par notre positionnement rouge et vert. Au delà des considérations tactiques, le PCF/PG/GU comme le NPA comprennent que, sans nous, ils seront réduits à des listes principalement ancrées dans la tradition du mouvement communiste, focalisées sur la question sociale.

Raison de plus pour ne pas céder aux avances : seule l’unité large nous permettrait de travailler à une réorientation écologiste et autogestionnaire de la gauche.

En outre, choisir un « soupirant » nous place dans un camp, alors que ni l’un ni l’autre ne peuvent se prévaloir d’une attitude unitaire. Or ce genre de compétition laisse toujours des traces. Il suffit de se référer à certains échanges qui ont parfois « laissé à désirer » sur notre liste Internet, pour s’en convaincre.

Enfin n’oublions pas que la Fédération est une structure naissante, ce qui explique qu’aujourd’hui plusieurs de ses composantes font leur propre choix.

Certaines sont en effet tentées de rejoindre le Front de gauche ou l’ont déjà fait, d’autres, la grande majorité, ont choisi ou vont choisir la non participation.

Si la composante de la Fédération la plus structurée, les Alternatifs, faisait le choix de l’alliance avec le NPA, beaucoup de militants sincères d’une construction unitaire pourraient nous reprocher de rendre plus difficile cette construction pour « surfer sur la vague » protestataire.

Un tel vote ne permettrait de répondre en rien à l’inquiétude des populations qui subissent les conséquences de l’ébranlement du capitalisme, et ne porterait pas de propositions alternatives.

Concernant l’accord de partenariat pour ces élections avec le NPA, on peut penser à juste titre qu’il est honnête, qu’il pourrait permettre aux Alternatifs d’être présents. Les listes (sauf peut-être dans une région) seront cependant, malgré tous nos efforts, perçues comme celles du NPA ou même celle d’Olivier Besancenot.

Rappelons que le NPA à choisi de se construire sur une base que nous pouvons juger sectaire dans la mesure où elle lui sert à justifier le refus de toute alliance avec la majorité des forces de la gauche de gauche. C’est son droit mais nous le regrettons. Ce n’est pas l’adjonction des seuls Alternatifs qui suffira à infléchir cette stratégie.

Dans ces conditions la volonté du NPA de lier les européennes aux régionales nous pousse dans une impasse. Soit nous nous enfermons dans une alliance durable avec le NPA ; soit nous risquons d’apparaître comme inconséquents et « opportunistes », dans le mauvais sens du terme, en révisant notre choix pour les régionales..

Dans ce contexte, la non participation aux élections européennes ne nous condamne pas à être des spectateurs impuissants. Mais nous positionne dans notre volonté de ne pas encourager les divisions, comme des acteurs à part entière. Les peuples européens ont faim d’une Europe qui ne soit pas libérale, guidée par les technocrates, d’une Europe qui soit à leur écoute.

Nous avons dit il y a six mois, que nous voulions construire l’unité de toutes les forces de la gauche de la gauche dans la durée. En l’absence de celle-ci, ces élections européennes ne peuvent s’inscrire que dans le court terme.

Nous avons la responsabilité, en tant qu’Alternatifs situés à la « croisée du social et de l’écologique », de faire en sorte que les forces, engagées ou non dans ces élections (NPA, PCF, PG, GU, Fédération) et surtout les militant(e)s non encarté(e)s puissent se réunir à moyen terme.

Nous sommes ensemble dans les luttes, soyons-le dans les débats, dans les meetings en affirmant notre position, en cohérence avec les orientations de notre congrès. Adressons nous à l’ensemble des citoyen(ne)s qui subissent les crises, qui sont attentifs (attentives) aux propositions nouvelles et qui souhaitent l’émergence d’une autre société !

Bien au-delà des militant(e)s, toutes les personnes de gauche et de sensibilité écologiste non encartées regardent effarées ou découragées, et pour le moins déçues, le remake de la division de 2007.

Ce n’est pas en acceptant cette division d’une manière ou d’une autre que nous aiderons à comprendre que le changement se bâtira dans les luttes, dans leur convergence, dans le rassemblement des forces autour d’un projet crédible.

L’enjeu de cette élection est certes important mais le contexte de division de la gauche de la gauche ne favorisera aucune dynamique. Il ne permettra pas une véritable bataille pour la réorientation de l’Europe partant du vécu et de l’expérience de la population.

L’affirmation en actes de notre engagement unitaire dans la durée, sera notre meilleure réponse aux interrogations et à la colère d’une partie grandissante de la population !

Ne participons pas aux élections européennes telles qu’elles se profilent dans la division !

Christiane BATAILLARD (01)

PÉNÉLOPE (26)

Bernard CARON (62)

Yves IMBERT (32)

Jean-Louis LEBOURHIS (92)

Bernard MACRET (38)

Roland MÉRIEUX (75)

Daniel ROMET (07)

Yvette ROSSIGNOL (81)

Pierre SALMERON (75).

CONTRIBUTION DE SIGNATAIRES DU TEXTE A POUR LE 2° TOUR

En faveur du vote pour la position C : faute d'unité, pas de participation aux listes pour les Européennes

 

 

Sans prétendre vouloir représenter près d’un tiers des adhérents qui se sont exprimés pour le texte A, ni vouloir figer une quelconque « tendance » des Alternatifs, nous jugeons légitime de faire connaître les réflexions collectives qui sont celles d’une majorité des militants qui ont porté cette position.

Nous avions défendu l’idée que la participation à un front de gauche pluraliste était la position qui permettait le mieux de faire bouger les lignes et de faire progresser l’unité de la gauche de transformation sociale et écologiste. Les résultats de la consultation ont montré la perplexité des militant-e-s suite à l’échec des tentatives pour une unité large pour ces élections, avec une répartition des votes en trois tiers sensiblement identiques. Si notre position a recueilli le soutien de près d’un tiers des adhérent-e-s, il n’en est pas moins vrai que ces résultats montrent qu’elle n’était pas en capacité de recueillir une adhésion majoritaire. Nous n’avons pas lieu de contester ces résultats, même si la position A n’est éliminée que par 0,5% des votes !

Il nous reste à faire un choix entre deux propositions.

Nous pensons qu’une alliance aujourd’hui avec le NPA nous entraîne dans une voie sans issue.

D’abord, factuellement, elle absout le NPA sur son choix délibéré du refus de l’unité, un choix qui est en contradiction avec la stratégie que nous défendons pourtant. Il serait d’ailleurs étrange que nous nous rallions au NPA au moment où la Gauche unitaire qui en est issue rejoint le Front de gauche …

Une alliance avec le NPA dans une phase d’affirmation identitaire sur des bases « gauchistes » (souvent en régression par rapport à ce qu’était la LCR) serait une rupture avec la stratégie redéfinie au congrès, nous enfermant dans une posture protestataire. Le NPA ne se pose nullement la question de la construction d’un bloc social majoritaire. Il ne se pose pas la question de l’articulation entre le terrain des mobilisations sociales et le terrain institutionnel, sinon en refusant d’emblée toute participation à des exécutifs même locaux. C’est la construction du NPA qui, pour lui, est à elle seule la réponse politique aux problèmes de l’heure, et nous n’avons pas de place dans ce projet politique.

Ajoutons qu'une alliance privilégiée avec le NPA irait en sens contraire de notre propre identité. Nous sommes pour une pensée et des pratiques alternatives, le NPA non. Nous sommes autogestionnaire, le NPA ne l'est pas. Nous sommes pour une association profonde entre le Rouge et le Vert, le NPA est pour que le Vert soit absorbé par le Rouge.

Enfin, l’alliance avec le NPA à cette occasion risque de ruiner les efforts de construction d’une gauche alternative, notamment au travers de la Fédération.

Nous ne faisons pas de « l’anti-NPA » primaire : nous savons que nous nous retrouvons côte à côte dans nombre de luttes, et que sans aucun doute nous continuerons à nous y retrouver. Autre chose est d’approuver une stratégie visant à tracer une ligne de démarcation infranchissable et définitive entre une vraie gauche qui se réduirait au NPA et tout le reste de la gauche …

Aussi, même si nous pensons que le choix d’une non-participation ne règle rien, et qu’il n’est qu’un choix par défaut, nous pensons qu’il nous permet au moins de préserver l’avenir. Dans la conjoncture actuelle, il préserve l'essentiel : l'unité. L'unité au sein des Alternatifs, l'unité avec les courants qui nous sont le plus proche au sein de la Fédération, l'unité, à réaffirmer sans cesse, de toutes les composants de la gauche de gauche, sans la domination d'aucune organisation.

 

Janie ARNEGUY (30), Michel BUISSON (69), François ESQUER (974), Gérard FRETELLIERE (72), Gilles KUNTZ (38), Serge MAGNIER (30), Josiane PERES (32), Jean-Louis PERES (32), Jean-Marie ROBERT (56), Denis SIMONIN (974), Alain TOULERON (69), Philippe ZARIFIAN (75)

 

 

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Ah si tu savais !

 

Ah si tu savais !

[Sans titre onze]

 

Ah si tu savais

La couleur de l’eau

Quand les galets gloussent

Que l’herbe repousse

L’insecte léger

 

Ah si tu voyais

Le ciel de ses dents

Les nuages blancs

Riant aux éclairs

Me montrant du doigt

 

Quand des perles chaudes

Roulent tapioca

Ah si tu sentais

Le goût triste-amer

De l’océan vert

 

Les méduses pleurent

De leurs fils d’argent

Le soleil tombé

Qui comme une sole

Est seul dans le sable

Appel d'Air de Lucie Duchêne.

Veronika, le 23 03 2009

 

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19 mars 09 manifestation et droit des étrangers

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Elie Domota LKP

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Européennes 2009 Que font les Alternatifs ? NPA ? front de Gauche ? ...

Voir aussi l'article:europeennes-2009-que-font-les-alternatifs-2-tour-scrutin-interne : ICI

 Le résultat de la consultation 2° tour:

ALLIANCE AVEC LE NPA 41% 
PAS DE PARTICIPATION 55% 
 
La coordination des Alternatifs réunie le 28 mars a enregistré le résultat 
du vote des adhérents pour les élections européennes du 7 juin : 
 
- la position C (en l'absence d'unité large pas de participation des 
alternatifs aux élections européennes) a obtenu 55% des suffrages 
 
- la position B (en l'absence d'unité large , alliance avec le NPA) a obtenu 
41% des suffrages 
 
et 4% des militants se sont abstenus. 
Ce résultat traduit le profond attachement des militants alternatifs à une 
unité telle que celle qui a permis de rejeter le Traité Constitutionnel Européen 
en 2005 
Pour renforcer cette perspective, les Alternatifs vont s'attacher, dans les 
semaines qui viennent, à développer les propositions et les actions 
pour construire une gauche alternative écologique qui porte les 
aspirations féministes, autogestionnaires et anticapitalistes qui sont 
les nôtres.

EUROPEENNES : MODE D’EMPLOI 
 
Les Alternatifs ont choisi, considérant que l’unité large n’était pas réalisée, de ne pas participer aux élections européennes. 
Cela signifie évidemment que personne ne peut , au nom des Alternatifs prendre position publiquement pour l’une ou l’autre des listes et que les militants connus comme des animateurs des Alternatifs ne manifesteront aucun soutien public à l’une ou l’autre des listes en présence. 
 Paris 28 mars 2009

--------------------------

 

 Le résultat de la consultation 1° tour tout en bas de page.

Consultation sur les élections européennes Ceci est la reproduction d’un numéro de «Rouge et Vert», le journal des Alternatifs, qui est consacré au débat au sein du mouvement sur la participation aux élections européennes.  Il présente donc un caractère en partie «interne». Nous avons cependant choisi de le rendre public, afin de mettre nos actes en accord avec nos principes autogestionnaires. ?

 

Les Alternatifs

 

CONSULTATION EUROPEENNES :

MODE D’EMPLOI POUR LES ADHERENT-E-S DES ALTERNATIFS

Cette consultation est organisée pour une prise de position sur la participation des Alternatifs aux élections européennes.

Trois positions sont soumises au vote contradictoirement :

• Position A : Si l’unité de toute la gauche antilibérale ne se réalise pas, alliance des Alternatifs avec le Front de Gauche.

• Position B : Si l’unité de toute la gauche antilibérale ne se réalise pas, alliance des Alternatifs avec le NPA.

• Position C : Si l’unité de toute la gauche antilibérale ne se réalise pas, les Alternatifs ne se présentent pas aux élections européennes.

Ces positions sont éclairées par trois textes collectifs mais le vote porte sur les positions, non sur les textes.  Les comités et Fédérations doivent organiser des réunions de discussion et de votes si possible les 18, 19 ou 20 Mars, et s’organiser pour récolter les votes.

Les militant-e-s isolé-e-s disposent d’un bulletin qu’ils peuvent envoyer directement au National.

Sont pris en compte les votes exprimés.

Votent les adhérent-e-s 2008 à jour et les nouveaux-elles adhérent-e-s 2009 dont la carte est remontée et payée au National (dernier délai le samedi 15 Mars).

Les votes collectifs (fédérations, comités) ou individuels (adhérent-e-s isolé-e-s) sont transmis par courriel ( contact@alternatifs.org ), fax (01 43 57 64 50) ou papier (Les Alternatifs, 40 rue de Malte 750011 Paris).

La consultation est close le samedi 21 mars à minuit mais les fédérations participant à la coordination du dimanche 22 Mars peuvent communiquer leur vote à à ce moment.

Une coordination des Alternatifs se réunit le dimanche 22 Mars, de 10h à 16h au 40 rue de Malte Paris 11ème. Si une position obtient plus de 50% des exprimés, elle est adoptée et la coordination travaille à sa mise en oeuvre.

Si aucune position ne dépasse 50% des exprimés, la coordination prépare la phase suivante de la consultation : une seconde consultation rapide est organisée sur les deux positions arrivées en tête.

Le vote est clos le samedi 28 Mars à 10h et une réunion des Alternatifs est organisée le samedi 28 Mars.  Dans cette hypothèse, les contributions éclairant le choix des adhérent-e-s seront transmises sur la liste électronique «infos», charge aux comités et fédérations de les diffuser, et envoyées par voie postale aux miltant-e-s isolé-e-s. ?

Bulletin pour les militant-e-s isolé-e-s :

? Position A : Si l’unité de toute la gauche antilibérale ne se réalise pas, alliance des Alternatifs avec le Front de Gauche.

? Position B : Si l’unité de toute la gauche antilibérale ne se réalise pas, alliance des Alternatifs avec le NPA.

? Position C : Si l’unité de toute la gauche antilibérale ne se réalise pas, les Alternatifs ne se présentent pas aux élections européennes.

Nom ............................................... Prénom ...............................................

département ................................................................................................

A renvoyer aux Alternatifs au 40 rue de Malte Paris 11ème. Seuls les bulletins arrivés rue de Malte le samedi 21 Mars seront pris en compte.

 

 

ÉLECTION EUROPÉENNE POSITION Alogo front de gauche

Position a: En l’absence d’unité large, alliance avec le Front de Gauche

AVEC UN ”FRONT DE GAUCHE” PLURALISTE, PRESERVER L’AVENIR :

- CELUI DE L’UNITE DE LA GAUCHE DE TRANSFORMATION SOCIALE ET ECOLOGISTE

- CELUI DE LA CONSTRUCTION DU COURANT AUTOGESTIONNAIRE

 

- Nous ne trouverons pas de solution pleinement satisfaisante pour ces élections européennes : comme nous l’affirmons depuis le début, seule une liste unique de la gauche « de gauche » pourrait être une réponse à la hauteur de l’enjeu. Déjà partis, le « Front de gauche » et le NPA ne nous laissent que la possibilité de les rejoindre ou non. On peut regretter qu’il n’ait pas été possible de construire une dynamique autour de l’appel

Politis pour une autre Europe, ce qui nous aurait placé dans une autre posture que celle de devoir faire un choix par défaut.

- Pour différentes raisons : difficultés du « ralliement » à une offre politique sur laquelle on pèse peu, message brouillé, crainte de provoquer des ruptures dans notre organisation, la tentation première est sans doute de « laisser passer l’orage ». Mais il faut bien dire que cette « solution » entérinera le fait que nous ne serons que spectateurs impuissants d’une échéance qui nous dépasse, bref questionne notre « utilité » dans le paysage politique ...

- Ce n’est pas cette position de repli que nous avions choisie pour les Présidentielles, où après un échec à peu près similaire des perspectives unitaires, nous avions été de ceux qui n’avaient pas voulu céder devant les responsables de la division. Nous savions que la campagne Bové aurait bien des limites, mais nous avions maintenu le cap.

- Aujourd’hui la situation présente à la fois des similitudes (la division) et des différences. Si du côté du NPA, on « bétonne » pour empêcher une vraie liste unitaire, on peut reprocher tout ce qu’on veut au Front de gauche, mais pas de chercher à casser l’unité. La tonalité est plutôt à rechercher le maximum de partenaires (ne serait-ce, pour le PG, que pour se dégager d’un tête à tête exclusif avec le PCF). Il faut bien prendre en compte cette dissymétrie : les uns (front de gauche) s’affi rment POUR l’unité de la gauche de transformation sociale et écologiste - et c’est bien jusqu’ici un de nos axes stratégiques, réaffi rmé au congrès. Les autres (NPA) ne voient que poudre aux yeux et confusion politique à cette stratégie, ce qui n’a jamais été notre position.

- Si nous sommes condamnés à cette étape à « choisir » l’alliance possible, ce n’est pas au prisme de la plateforme qui serait la plus proche de la nôtre ... D’abord parce qu’il est bien difficile de faire un choix clair à ce propos, car suivant les cas (tant pour les thématiques que pour les pratiques), nous pouvons nous sentir plus proches des uns ou des autres. Ce qui est décisif en fait, ce sont les conséquences pour l’avenir de l’alliance conclue, au regard de nos deux objectifs principaux : les perspectives d’unité de la gauche de transformation, et la construction du courant autogestionnaire.

- Pour éclairer notre choix, il est utile de voir aussi comment nos partenaires potentiels peuvent percevoir notre apport : pour le NPA, objectivement nous ne servons pas à grand-chose : La campagne se fera sur une thématique « liste des luttes » et sur la présence médiatique de Besancenot, et le fait que nous y soyons ou pas ne modifiera en rien le résultat final. Le NPA n’aura de fait aucun intérêt à nous faire des concessions.

Pour le PC et le PG au contraire il y a nécessité de faire en sorte que le titre même « Front de gauche pour changer d’Europe» corresponde à un minimum de réalité, sauf à décrédibiliser l’exercice, comme ce fut le cas lors des précédentes européennes.

D’où l’attention nouvelle qu’ils nous portent, y compris en nous laissant une tête de liste (une reconnaissance réelle si on songe au rapport de forces numérique) ...

- Le rôle du PG, avec qui nous avons de grosses différences de culture politique, mais aussi des convergences non négligeables, est aussi important à souligner. Pour des raisons différentes, nous nous retrouvons en phase sur la nécessité de l’unité la plus large, y compris avec le NPA.

Quant au ralliement au Front de gauche du courant UNIR (du moins de ses principaux animateurs), c’est un élément qui peut crédibiliser le pluralisme de la campagne. Il serait d’ailleurs étrange que nous nous rallions à l’actuelle majorité du NPA au moment où sa minorité unitaire rejoint le front de gauche !

- Sur les conséquences pour notre courant : une alliance avec le NPA dans une phase d’affirmation identitaire sur des bases « gauchistes » (souvent en régression par rapport à ce qu’était la LCR) serait une rupture avec la stratégie redéfinie au congrès, nous enfermant dans une posture protestataire. Comme pour LO en son temps, c’est la construction du NPA qui, pour lui, est à elle seule la réponse politique aux problèmes de l’heure, et nous n’avons pas de place dans ce projet politique. La participation au Front de gauche, notamment si celui-ci se trouvait élargi à d’autres partenaires (Unir, autres courants de la Fédération ou écologistes radicaux) ne nous enfermerait pas dans un cadre monolithique, tout en maintenant ouvertes un certain nombre de passerelles utiles pour l’avenir. Au vu des conséquences sur l’avenir par rapport à nos choix stratégiques, c’est la participation au « Front de gauche » qui laisserait le plus de portes ouvertes, sous réserve d’une reconnaissance réelle dans la campagne. ?

Janie ARNEGUY (30), Gilles KUNTZ (38), Serge MAGNIER (30), Dominique MIGNOT (69), Josiane PERES (32), Rémy QUERBOUET (44), Denis SIMONIN (974), Christophe TERRAS (83), Alain TOULERON (69), Philippe ZARIFIAN (75)

 

ÉLECTION EUROPÉENNE POSITION B logo NPA

Position B : En l’absence d’unité large, alliance avec le NPA Pour un choix clair, porteur d’une dynamique tournée vers l’avenir

En novembre 2008, à notre congrès de Lyon, nous avons réaffirmé l’exigence de l’unité des forces du ”Non de gauche” de 2005 pour le rendez-vous des élections européennes de juin 2009.

Cette réaffirmation s’inscrit dans la continuité des choix antérieurs des Alternatifs faits depuis la formidable campagne unitaire et citoyenne de 2005.

C’est dire combien nous ne nous résignons pas à la division de la gauche antilibérale : la bataille pour l’unité reste très importante et nous devons en réaffirmer l’exigence sans la moindre ambiguïté.

Caractériser la situation de division électorale de la gauche antilibérale est une chose, mais nous savons aussi que l’électorat au moment de voter ne sanctionnera pas nécessairement celui qui pourrait être perçu comme le principal diviseur. Les motivations de cet électorat lié aux mobilisations ou se reconnaissant en elles, notamment dans la jeunesse, seront ailleurs et c’est bien la capacité à traduire dans les urnes les colères sociales et sociétales qui l’emportera.

De ce point de vue, ce n’est pas le Front de gauche autour de l’axe PCF-PG, plombé par le PCF, quels que soient les efforts réels du Parti de Gauche en particulier dans le domaine écologique -efforts auxquels nous ne sommes pas totalement étrangers-, qui captera ces aspirations.

On peut certes considérer qu’ayant milité pour l’unité de la gauche antilibérale, il serait compréhensible que, faute d’unité, nous renoncions à prendre notre place dans ce scrutin. Mais cela reviendrait à accepter la marginalisation alors que nous entrons précisément dans un nouveau cycle économique et social et que ce scrutin est le plus important dans l’histoire de l’UE, après les triple non français, hollandais et irlandais.

Ce retour à la marginalisation serait d’autant moins compréhensible que notre mouvement est en train de franchir une étape dans son développement politique: l’importance que PCF et PG d’une part et NPA d’autre part attachent à notre présence en est un indice.

Que la Fédération ne soit pas en état d’y participer, nous le comprenons bien et nous le déplorons d’autant plus que pour notre part, nous souhaitions qu’elle s’engage clairement dans le processus de construction d’une nouvelle force politique, ce qu’elle se refuse à faire à ce jour alors même que certaines de ses composantes – la majorité de l’ACU et une partie de la CNCU - font le forcing pour qu’elle participe aux Européennes dans le cadre du Front de  Gauche.

Le NPA nous propose aujourd’hui sur la base d’une discussion politique, qui nous laisse une libre parole, de conduire la liste dans la région Ouest (Bretagne, Poitou Charentes, Pays de Loire) et ce d’une manière autonome financièrement. Cette tête de liste nous permettra d’apparaître d’une manière clairement identifiée et nous donnera une audience qui jusqu’à présent nous a manqué, d’autant que les sondages - à prendre pour ce qu’ils valent- permettent d’espérer un résultat satisfaisant.

L’élection éventuelle d’un-e député-e permettrait enfin de nouer de véritables relations internationales avec plusieurs formations dont nous sommes proches au niveau européen.

Nous considérons donc que la seule voie possible et efficace pour les Alternatifs est celle d’un partenariat avec le

NPA : c’est lui qui va capter la radicalité et la politisation en cours, malgré son refus de l’unité, sa trop faible reprise en compte de l’apport écologique, le formalisme de ses références autogestionnaires et les bases boutiquières et étriquées de sa constitution.

Ce sont ses militant-e-s avec qui nous sommes présent-e-s dans de nombreuses mobilisations depuis plusieurs années, c’est avec la LCR que nous avions mené campagne à l’occasion des élections municipales de 2007 dans de nombreuses communes. De fait, c’est avec le NPA que nous avons la plus grande proximité d’idées.

Un partenariat, ce n’est ni une vassalisation ni une soumission : soyons sûre-s de nos convictions et de nos engagements, n’ayons pas de complexe et voyons plutôt ce que nous pourrons gagner à un tel partenariat : la participation à une dynamique réelle, la possibilité de débattre et de peser sur les débats en cours dans le NPA, l’occasion de s’adresser à un public nouveau et rajeuni et la possibilité de créer dans les années à venir le vaste rassemblement que nous souhaitons.

Un partenariat exigeant avec le NPA sera très largement compris autour de nous, en particulier dans la mouvance de la gauche alternative et dans les réseaux altermondialistes, syndicaux et associatifs alors qu’un accord avec le Front de gauche y susciterait bien des interrogations et qu’une absence de participation à cette échéance nous y disqualifierait pour longtemps. Elle peut donner l’occasion aux Alternatifs de se faire connaître plus largement et de se développer. 

Quant à la Fédération, il faut souligner que ce partenariat exigeant avec le NPA peut constituer – contrairement aux apparences - le meilleur atout pour une relance de ses composantes sincèrement désireuses de faire de la gauche alternative une nouvelle force politique. ?

Florence CIARAVOLA (06), Mathieu COLLOGHAN (75), Veronika DAAE (31), Jean-Manuel FULLANA (32), Pierre HEBERT (76), Sabine LASNIER (75), Sandrine LAVALLE (26), Richard NEUVILLE (07), Pascale PERRIN (38), François PRENEAU (44)

 

 

ÉLECTION EUROPÉENNE POSITION C jour de pêche

Position C : En l’absence d’unité large, pas de participation des Alternatifs aux élections européennes

Être ou ne pas être aux européennes ? Il y a aussi d’autres choses à faire...

Après la victoire du non au TCE en 2005, face à l’aggravation de la crise économique, sociale, écologique et démocratique, une aspiration forte existe pour une unité porteuse d’alternative.  Comme l’affirme notre résolution de congrès de novembre 2008, « Cette déstabilisation du système nécessite que les partisans d’une alternative sociale et politique soient à la hauteur de l’enjeu.

L’échéance électorale européenne de 2009 doit être l’occasion de porter dans toute la société un projet alternatif ».  Nous avons agi depuis notre congrès et nous continuons d’agir « pour permettre que se réalise l’unité la plus large à l’élection européenne comme dans les luttes » tout en affirmant la nécessité d’une force politique de transformation sociale et écologique.

Il s’agit pour nous de construire un bloc social majoritaire.

Dans l’hypothèse plus que vraisemblable de plusieurs listes de « la gauche de gauche » aux élections européennes sur des programmes voisins, nous estimons qu’il serait incohérent de participer à cette élection avec l’une ou l’autre de ces listes.  Pourquoi ? D’abord parce que pour cette première élection dont l’enjeu est majeur, après les votes négatifs de la France, de l’Irlande au TCE, la présence de plusieurs listes, dont celles du NPA et du Front de Gauche, voisines dans leurs propositions est un échec, que nous continuons d’essayer de dépasser.

Cette absence d’unité, dans une période d’aggravation des crises, non seulement accroît le déphasage d’une partie de la population mais faute d’une dynamique unitaire risque d’entraîner le repli sur soi et la démobilisation.

Alors qu’une bataille européenne unitaire pourrait changer les rapports de forces en faveur d’une autre Europe, la dispersion déboucherait dans le meilleur des cas sur l’élection de quelques députés européens, aux pouvoirs limités et enfermés dans la logique actuelle des institutions européennes.  Devant cet échec, s’allier au NPA qui a adopté une position d’ouverture limitée, ne se situant pas dans la perspective de la constitution d’un bloc social majoritaire, revient à cautionner sa stratégie.

De plus, cela lui permettrait de montrer qu’il n’est pas sectaire puisqu’il s’ouvre aux Alternatifs. Si le problème pour le NPA, et nous le comprenons, est bien le choix du PCF de préserver la possibilité d’une alliance avec le PS lors des régionales de 2010, en faire un obstacle insurmontable nous paraît faire l’impasse sur la nécessité, dans le contexte actuel, de l’unité des forces de la gauche de gauche.

S’allier au Front de Gauche nous conduit également dans une impasse.  En effet, le PCF, après une démarche soi disant ouverte, refuse de discuter avec la Fédération et tente de phagocyter le Parti de gauche. Ce dernier, bien qu’ayant une démarche unitaire, se retrouve piégé par son alliance originelle avec le PCF. Ce n’est pas l’arrivée éventuelle du MRC et de quelques membres du courant UNIR du NPA qui change fondamentalement la composition du Front de Gauche. S’allier à ce dernier revient à accepter la volonté d’hégémonie du PCF, ce qui n’est pas plus acceptable aujourd’hui qu’en 2007.

Dans une situation où plusieurs listes de « la gauche de gauche » seraient en concurrence, il n’y a pas lieu de s’émouvoir d’une « absence » des Alternatifs à cette élection.  Ce choix n’implique pas pour nous de rester l’arme au pied, ni d’attendre le lendemain de l’élection.

C’est participer aux luttes, aux meeting pour les européennes, c’est diffuser dans la population nos positions rouges et vertes et notre volonté d’unité au-delà des élections.

Nous continuerons aussi à oeuvrer à l’élargissement d’une force sociale et écologique à travers la construction de  La Fédération, force naissante et par définition non aboutie.

Notre engagement dans La Fédération concrétise aujourd’hui notre volonté «d’ouvrir une perspective certes partielle mais indispensable pour permettre la convergence de militants et militantes et forces disponibles pour un pas en avant politique et organisationnel » (résolution au congrès de Lyon, novembre 2008), vers une organisation rouge et verte.  Car il ne saurait y avoir sortie de crise et changement social réel sans que l’approche écologique soit au coeur de la démarche.

Pour donner quelques exemples :

Développement des rapports nord / sud dans une perspective altermondialiste.

Encouragement à l’économie sociale et solidaire.

Reconversion de certaines industries comme celle de l’automobile.

Bref la mise en oeuvre d’un alterdéveloppement, « mise en harmonie, reproductible et dynamique », du développement humain dans son rapport à la terre.  Nous ne nous résignons donc pas à la division et portons jusqu’au bout l’exigence d’une liste unitaire. Dans ce contexte ne pas participer à ces élections européennes est pour nous un véritable choix permettant de préserver l’avenir.

Au-delà des européennes, travaillons ensemble, luttons ensemble. Mais refusons de nous engager dans des impasses. ?

Christiane BATAILLARD (01), Pénélope (26), Bernard CARON (62), Yves IMBERT (32), Jean-Louis LEBOURHIS (92), Bernard MACRET (38), Roland MÉRIEUX (75), Daniel ROMET (07), Yvette ROSSIGNOL (81), Pierre SALMERON (75).

 

Dialogue NPA-Alternatifs

Des délégations des Alternatifs et du NPA se sont rencontrées à deux reprises. Le NPA ayant proposé aux Alternatifs de réagir à la Résolution Européenne du NPA, l’Exécutif des Alternatifs adressait le texte ci-dessous le 02/03/09 au NPA, qui y répondait le lendemain.  Une proposition a été communiquée par le NPA :

Proposition du NPA

Suite aux deux réunions de travail entre les délégations du NPA et des Alternatifs sur les élections européennes, le NPA nous a communiqué la position de son comité politique national :

Pour information, le CPN du NPA réunit ce samedi 7 mars 2009 confirme aux Alternatifs la proposition d’accord pour les prochaines élections européennes : autrement dit la tête de liste de la région grand Ouest ainsi que des candidat-e-s sur l’ensemble de nos listes.

Si accord il y a, les Alternatifs assureront le financement de cette campagne sur cette région. Une résolution globale sur les élections européennes incluant cette proposition a été adoptée. Lors de nos discussions de ce jour, il a été rappelé par l’exécutif (du NPA) entre autre que cet accord était souhaitable.

 

LETTRE DE L’EXECUTIF DES ALTERNATIFS AU NPA

le 2 mars 2009

Cher-e-s camarades ;

Nous engageons le débat sur votre résolution « européennes » et nos positions dans le cadre de l’élaboration commune d’une campagne unitaire aux élections européennes. L’unité des forces et militants du « Non de gauche » au TCE que nous appelons toujours de nos vœux nous semble en capacité de produire un changement profond des rapports de forces dans le cadre de cette élection. Elle nous paraît aussi toujours légitime sur le fond. Nous souhaitions rappeler la nécessité de cette unité.

Votre résolution politique en vue des élections européennes comporte un grand nombre de positions qui peuvent permettre une convergence avec les nôtres, nous apprécions en particulier l’équilibre réalisé entre objectifs sociaux et écologistes, et avons eu l’occasion de vous indiquer notre accord avec la perspective d’une convergence durable entre forces de la gauche anticapitaliste et de l’écologie radicale.

Comme convenu nous vous faisons parvenir quelques éléments qui ,de notre point de vue, méritent débat.

Sur le plan économique et social nous jugeons essentiel de défi nir une démarche d’appropriation sociale à caractère autogestionnaire, qu’il s’agisse de l’intervention des usager-e-s et salarié-e-s ainsi que des représentant-e-s des pouvoirs publics dans la gestion des services publics, mais aussi du système bancaire approprié socialement qui doit être une priorité programmatique, et des entreprises gérées par leurs salarié-e-s, le développement d’un tel secteur étant pour les Alternatifs un levier essentiel vers une société socialiste autogestionnaire.

Votre programme propose un vaste plan de nationalisations avec cette fois-ci des services publics européens. Ce n’est pas un mince programme : « les transports aériens, les chemins de fer, les transports fluviaux, l’énergie, l’eau, les télécommunications, les trusts pharmaceutiques... »). Nous pensons indispensable de préciser le contenu réel du fonctionnement et des objectifs réels des entreprises de service public, en s’appuyant sur le bilan critique des entreprises de service public actuelles (SNCF et La Poste en France), qui sont davantage de l’ordre d’un service étatiquement défi ni, que d’un véritable service public proche des usagers concernés et des citoyens.

Dans la liste des revendications sociales, on trouve « l’interdiction des licenciements ».Cette question fait débat au sein de la gauche radicale pour notre part nous privilégions le triptyque

· rétablissement de l’autorisation administrative de licenciement

· renforcement des droits des travailleurs et de leurs organisations au sein de l’entreprise y compris le veto suspensif sur les licenciements

· instauration de la sécurité sociale professionnelle revendiquée par la CGT et Solidaires .

En tout état de cause il est nécessaire de proposer ce nouveau type de contrat de travail à durée indéterminée. Nous ne trouvons pas de proposition dans ce sens dans le texte du NPA.

N’ignorant pas l’importance que vous accordez à l’interdiction des licenciements nous pensons qu’une prise de positions commune devrait permettre de mettre en évidence les propositions portées par les diverses organisations parties prenantes d’un accord.

Sur le plan de l’urgence écologique votre texte comporte une série de revendications que tous les écologistes radicaux partagent il n’en demeure pas moins qu’une remise en cause plus concrète du modèle actuel de croissance nous semble nécessaire axée sur trois questions

· qui décide

· que produire

· des modes de consommation alternatifs

Quant au chapitre sur l’Europe démocratique si nous sommes tout à fait favorables à la perspective d’une constituante européenne, nous souhaitons une campagne offensive sur des questions que votre résolution n’évoque pas :

· référendum d’initiative populaire

· autogestion, et formes nouvelles de démocratie.

Nous souhaiterions par ailleurs souligner trois points qui nous interrogent à la lecture de votre texte : la question des alliances européennes, des alliances françaises et le rôle d’élu-e-s anticapitalistes.

Vous évoquez des discussions en vue d’une possible « apparition commune lors de ces élections » de toutes les forces anticapitalistes en

Europe. Si nous partageons le souhait que la dimension européenne de cette échéance électorale ne soit pas totalement oubliée au profi t d’enjeux nationaux et trouvons pertinente l’idée d’une apparition européenne commune dans plusieurs Etats, nous nous interrogeons cependant quant aux participants potentiels à une telle initiative. Ainsi, des rumeurs font état d’une « apparition commune » NPA/SWP.  Cela impliquerait sans doute des prises de positions communes des deux listes or les positions du SWP sur certains points (par exemple son rejet du projet de deux états Palestinien-Israélien, l’absence de réserves sur le Hamas, la stratégie d’alliance avec des courants fondamentalistes ...) nous semblent impossibles à porter ensemble.

Nous souhaiterions vivement connaître l’état d’avancement de ses discussions, vos interlocuteurs et le mode d’intervention commun imaginé.  Dans le cadre de votre participation aux élections européennes, vous souhaitez réaffirmer votre « indépendance par rapport aux partis ”sociaux-démocrates” et à leurs alliés ». Cette formulation nous interroge : puisqu’il ne s’agit pas, bien entendu, d’une question organisationnelle ou programmatique, nous supposons qu’il faut entendre pas « indépendance » le refus d’alliance électorale. Ce refus, outre les

Sociaux-démocrates, s’étend « à leurs alliés », sans précisions de cadre ou de temps. Nous supposons que ces « alliés » ne s’entendent pas comme les colistiers des sociaux-démocrates dans cette échéance électorale mais plutôt à ceux qui participent ou ont participé ou pourraient participer avec les sociaux-démocrates à des gestions communes d’exécutifs.  En d’autres termes, cela désigne, en France, le PCF et le PG, et au niveau européen une écrasante majorité des écologistes de gauche nordiques et des organisations communistes ou post-communistes dans toute l’Europe.

Cela impliquerait donc le refus de votre part d’une campagne européenne de l’ampleur et de la diversité du non de gauche. Nous souhaiterions connaître là aussi plus précisément votre position par rapport au PCF et au PG.

Outre la question des alliances, nous nous interrogeons sur l’absence de mandat donné à vos futurs élu-e-s anticapitalistes dans ce texte.

Si nous pensons, tout comme vous, que les échéances électorales ne sont pas les seuls espaces de mobilisations et que les luttes sociales sont un lieu déterminant de résistance et de conquête, il nous semble qu’avoir des élue-s signifie aussi prendre des engagements dans la mandature. En effet, élire des militant-e-s pour qu’ils fassent de leur hémicycle une tribune non seulement nous paraît bien trop limitatif, mais en plus nous semble une stratégie à peu près intenable dans une structure aux dimensions si technocratiques que les instances européennes. Qui suivrait sur la durée des commissions si, in fi ne, il ne s’agissait uniquement de voter systématiquement « contre » ?

Non seulement des majorités de circonstance sont possibles sur certains sujets (l’accès à la contraception et au droit à l’avortement, les moratoires sanitaires sur les OGM, les garanties de certaines libertés individuelles ...) mais c’est aussi le rôle d’un-e élu-e- que de batailler – outre les prises de positions de principe pied à pied sur chaque élément de réformes. Et nous savons que dans les réformes européennes, le diable se cache parfois dans les détails.

De plus, il nous paraîtrait légitime que, dans le cadre d’une campagne européenne, une liste anticapitaliste porte non seulement un contre-projet global, mais aussi ses positions sur les réformes entreprises par l’Union Européenne, non seulement pour être crédible mais aussi pour utiliser le cadre de la campagne pour faire avancer des points concrets. Par exemple, nous pensons qu’évoquer la suppression de la PAC, implique de préciser la structure qui la remplacerait (sa nature, sa composition, ses objectifs). De même, affirmer la reprise en main de la banque centrale par un cadre démocratique implique aussi de préciser quel type de politique économique on la souhaite voir jouer. Ou encore, se référer à la notion du « mieux-disant communautaire » pour l’harmonisation des droits européens par le haut implique de donner des exemples concrets.  Sans rentrer dans un programme détaillé, nous souhaitons avancer sur le mandat donné à des élu-e-s anticapitalistes européen-ne-s.

Nous espérons que nous trouverons un cadre commun pour poursuivre ce dialogue et l’ouvrir à d’autres forces.

Veuillez recevoir, chers camarades, nos salutations autogestionnaires.

L’exécutif des Alternatifs.

 

 

ÉLECTION EUROPÉENNE

NPA/ALTERNATIFS

LE 3 mars 2009

Cher-e-s Camarades,

Nous avons examiné avec attention les observations que vous nous avez adressées et sur lesquelles vous sollicitez des précisions de notre part.

S’agissant de la démarche d’appropriation sociale que nous proposons, en particulier la création d’un important secteur public dans des domaines comme les transports, l’énergie, l’eau,..., nous avons indiqué, dans les Principes fondateurs du NPA, que le fonctionnement de ces entreprises de service public doit s’exercer « sous le contrôle des salariés et de la population qui en assumeront la propriété et en assureront la gestion dans le cadre d’une planification démocratique.. »

Nos Principes fondateurs décrivent le socialisme du XXIe siècle auquel nous aspirons comme « le pouvoir des travailleurs et travailleuses dans tous les domaines et à tous les échelons de la vie politique, économique et sociale. C’est la démocratie des producteurs/trices associ-e-s décidant librement et souverainement quoi produire, comment et à quelles fins. (...) Dans le cadre d’une nouvelle organisation de la société, dont la finalité sera l’utilité sociale et non plus le profit, les producteurs et les citoyens, autonomes et responsables, décideront de développer les activités économiques qui bénéficient à la collectivité et écarteront celles qui mettent en danger les populations et leur environnement. Le socialisme que nous voulons ne propose nullement un développement illimité de la production, mais se fonde au contraire sur la satisfaction écologique des besoins sociaux : c’est un écosocialisme. » Notre volonté est de préparer « l’autogestion par les travailleurs et la population »

S’agissant de l’interdiction des licenciements, nous précisons que cette proposition ne coûte pas un centime si les entreprises concernées font du profit (il s’agit alors de limiter celui-ci). Si elles annoncent des déficits, encore faut-il que ceux-ci soient réels, et pas créés par des mouvements entre secteurs de la même multinationale. La question est semblable si le déficit concerne des sous-traitants (lesquels, la plupart du temps, ne dépend que d’un seul gros donneur d’ordre). La vérification de ceci suppose la transparence absolue des comptes, donc le contrôle par les travailleurs de ceux-ci et la fi n de l’épaisse opacité de la gestion capitaliste. Une très grande partie de l’emploi salarié privé serait couverte par ces mesures.

Pour le reste, qui nous est si souvent opposé (une petite entreprise de plomberie qui connaîtrait des difficultés) il faudrait combiner deux types de mesures. La première est une réorientation du crédit que permettrait la maîtrise publique avec une banque unique socialisée. La seconde serait la constitution d’une quatrième branche de la sécurité sociale pour couvrir ces risques, financée par le seul patronat. Au lieu que les pertes soient socialisées sur l’ensemble de la population, elles le seraient au sein du seul patronat.  De plus le blocage des licenciements ne fait pas que coûter, il y a un bénéfice, même au plan purement économique : moins de chômage, plus d’impôts, et de la consommation supplémentaire.

Une prise de position commune entre les Alternatifs et le NPA pourra mettre en évidence les propositions respectives portées par nos deux organisations sur cette question,

S’agissant de l’urgence écologique, nous nous permettons une nouvelle fois de renvoyer à nos Principes fondateurs déjà cités ainsi qu’au chapitre « urgence écologique » de notre Résolution générale sur la situation politique et sociale. D’une manière générale, dans la société que nous proposons comme alternative au système existant, le questionnement sur la nature et les finalités de la production comme de l’échange relèveront de la libre détermination des citoyens, travailleurs et usagers. Nous voulons une société où la valeur d’usage se substitue à la valeur d’échange. Notre Résolution politique et sociale inscrit l’éducation à des modes de consommation alternatifs comme une priorité.

L’Europe démocratique à laquelle nous aspirons implique non seulement un processus constituant qui rendrait aux peuples leur pouvoir de décider en cette matière, mais bien évidemment, une remise en cause des traités en vigueur et des institutions existantes.

Nous pensons que l’indispensable débat sur une démocratie européenne doit offrir l’opportunité d’étudier des formes nouvelles de démocratie, tout en vérifiant que certaines d’entre elles ne produisent pas des effets contraires aux objectifs poursuivis (quid d’un référendum d’initiative populaire sur la réintroduction de la peine de mort ou l’expulsion des immigrés ?).

Quant aux alliances éventuelles, elles ne peuvent être débattues sur la base de rumeurs, mais à partir de démarches concrètes susceptibles d’une analyse contradictoire. Pour l’heure, examiner l’hypothèse d’une alliance avec le SWP n’a aucune pertinence, ce parti ne se présentant pas aux élections européennes.

S’agissant de notre position par rapport aux partenaires potentiels dans une campagne européenne, nous rappelons la résolution adoptée à ce propos lors de notre congrès fondateur qui trace un cadre pour une négociation sur une unité à l’abri de l’ambiguïté et de l’aléatoire : une unité sur un contenu précis, anticapitaliste et antiproductiviste, qui aborde avec une égale intensité les questions sociales et les questions écologiques ; une unité aussi forte dans les luttes que sur le terrain électoral ; une unité qui s’inscrive dans la durée. Une unité qui serait remise en question lors des échéances électorales suivantes enlèverait à nos yeux toute crédibilité à la volonté de combattre durablement le capitalisme, ceux qui le défendent et ceux qui s’en accommodent.

Enfin, s’agissant du mandat donné à nos éventuelle-s élu-e-s, nous avons indiqué, dans nos Principes fondateurs que « nous soutiendrons toutes les mesures qui amélioreraient la situation des travailleurs, les droits démocratiques et le respect de l’environnement ».

En vue de la campagne électorale pour les européennes, sur la base de la résolution adoptée par notre congrès fondateur, nous nous préparons à rédiger un programme plus détaillé. Il va de soi que cette rédaction se fera en étroite collaboration avec nos partenaires éventuels.

Nous soumettrons à la réunion du Conseil Politique National du NPA le résultat de nos rencontres sur cette question avec les différents interlocuteurs de la gauche à la gauche du PS. Si celui-ci approuve nos conclusions, et s’il y a accord de votre part, notre intention est de proposer qu’un accord avec les Alternatifs, outre les précisions sur le contenu, porte sur une tête de liste dans la circonscription Ouest, une présence de candidats des Alternatifs sur les autres listes, une visibilité garantie aux Alternatifs pendant la campagne électorale et en particulier une présence lors des grandes réunions publiques régionales.

Espérant que ces précisions vous permettront de poursuivre le dialogue en vue d’une conclusion positive, nous vous adressons, cher-e-s camarades, nos salutations révolutionnaires .?

Pour le Comité exécutif provisoire du NPA, Raoul Jennar et Sandra Demarcq

 

Les rencontres Front de Gauche/Alternatifs :

ÉLECTION EUROPÉENNE

FRONT DE GAUCHE/ALTERNATIFS

Deux rencontres ont eu lieu entre les alternatifs et les PCF et PG

Le 19 février (JP hébert, Rachel lafontaine, Roland Mérieux) et le 2 mars (jp hébert, henri mermé, nathalie Marcu)

Lors de la première réunion PCF/PG nous ont présenté un premier texte sur lequel nous avons ensuite envoyé cinq amendements (texte joint intitulé « 5 points essentiellement ») une part de ces amendements ont été repris dans un texte sensiblement plus long que nous avons de nouveau amendé (texte joint « FRONT TEXTE »,amendements en souligné (ajouts) ou barré (retrait)) nous n’avons pas au 8 mars 19 heures le résultat final de ces propositions.

PCF et PG sont d’accord pour que l’accord soit un accord national, que les sigles de tous soient présents sur les affiches, que toutes les composantes participent aux meetings et soient présent dans les comités régionaux.

Sur l’organisation le front de gauche après avoir d’abord proposé que nous soyons « très bien placés mais pas en tête de liste » a finalement, suite à notre demande, accepté de nous proposer la tête de liste dans la grande région Est. Ainsi que des places de 5ème ou 6ème dans le Nord-ouest, 4ème dans le sud-est, 6ème dans l’ouest et présence dans les autres listes (y compris le sud-ouest)  Nous avons dit que sur ces dernières propositions nous souhaitions être « remontés » dans les places notamment dans le nord-ouest et l’ouest.

Les réponses à ces questions devraient être données dans la prochaine rencontre prévue le mercredi 11 mars à 19 heures place du colonel fabien.

 

Cinq points essentiellement

 

D’abord sur la question du féminisme, nous proposons d’inclure dans le début du texte un cadrage du type suivant : Pour nous la question de l’égalité homme-femme, la nécessaire évolution des mentalités sur ce point, la fi n des discriminations, en un mot le féminisme n’est pas une questions ‘joutant à une liste de revendications. C’est une dimension structurante dd la société que nous voulons. Et l’Europe nouvelle doit être une Europe féministe .

Ensuite quatre points doivent être renforcés, nous semble-t-il :

1 une politique de l’immigration respectueuse des femmes et des hommes, fondée sur les droits des migrantes et des migrants : respect du droit d’asile, étendu à toutes les formes de persécution, citoyenneté entière pour tous les résidents avec droit de vote et éligibilité aux élections locales et européennes au même titre que les ressortissants de l’Union européenne, une politique de régularisation des sans –papiers à l’opposé de la politique menée actuellement et s’inscrivant dans le carde d’une stratégique de codéveloppement. Cela implique notamment le retrait du projet de directive sur la rétention et l’expulsion des étrangers et l’abandon du projet de pacte européen sur l’immigration et l’asile proposé par Nicolas Sarkozy. 

2 une politique de l’environnement tournée vers de nouveau modes de production et de consommation, privilégiant le cadre public et développant notamment le transport ferroviaire, et la voie d’eau, l’investissement dans les énergies alternatives renouvelables, les économies d’énergie et la protection des milieux naturels.

3 dans le domaine agricole, en finir avec la logique productiviste et favoriser une agriculture paysanne qui garantisse aux agriculteurs un revenu décent. Il s’agit de tarir les subventions à l’exportation pour arriver à une maîtrise des volumes de production, dons la logique de la souveraineté alimentaire. Cela s’accompagne d’un moratoire sur les cultures OGM ;

4 l’Europe que nous voulons est une Europe pacifique donnant la priorité au désarmement et à l’action en faveur de la paix. L’union doit refuser d’être embrigadée dans la politique agressive des États-Unis et la défense européenne ne saurait être sous la tutelle de l’OTAN. L’union agira en particulier pour mise en oeuvre du droit imprescriptible du peuple palestinien à disposer d’un État souverain indépendant et viable à coté d’Israël. Dans l’immédiat, tant qu’Israël refusera de respecter les résolutions de l’ONU, l’union réduira le niveau de ses relations avec ce pays.

FRONT DE GAUCHE POUR CHANGER  D’EUROPE

Déclaration de principes  

Les élections européennes vont se dérouler dans un contexte de crise historique du capitalisme.  Celle-ci se traduit par de graves menaces pour nos concitoyens et pour la planète : chômage grandissant, difficultés financières pour des millions d’entre nous, démantèlement des services publics, crise d’importants secteurs industriels, dérèglement climatique, mise en cause des milieux naturels et des éco-systèmes, recul des libertés publiques et de la démocratie, atteintes à l’indépendance des médias et de la justice, criminalisation des luttes sociales et dérive sécuritaire...

Tous ces dangers sont le résultat de choix politiques qui placent la rentabilité financière des capitaux et la concurrence au dessus de toute considération humaine. Multidimensionnelle, la crise est celle de tout un modèle de développement, source d’inégalités monstrueuses, de gaspillages incommensurables des ressources de la planète, de tensions et de conflits dans le monde ; elle est le résultat d’une logique capitaliste qui prône le productivisme au mépris de l’environnement, qui étend la marchandisation et le consumérisme au mépris de l’humain et de l’intérêt général.

L’Union européenne est totalement engagée dans ce modèle néolibéral capitaliste en échec, particulièrement au fi l des vingt dernières années. Il imprègne ses traités, ses structures, ses politiques. Il est réaffirmé dans le traité de Lisbonne. Cette crise est donc aussi l’échec de l’« Europe libérale » : celle de l’ « économie de marché ouverte où la concurrence est libre » ; celle de « l’interdiction de tout entrave à la libre circulation des capitaux » ; celle du libre-échange généralisé et de son corollaire : la mise en concurrence des peuples pour tirer leurs acquis sociaux vers le bas ; celle d’une banque centrale européenne inaccessible aux institutions publiques et totalement dévouée aux marchés financiers ; celle d’un « pacte de stabilité » visant à faire baisser les « coûts » salariaux et à rationner les dépenses sociales ; celle de la libéralisation privatisation des services publics, de la déréglementation; des privatisations, celle de la concentration des pouvoirs loin des citoyennes et des citoyens ; celle qui au nom de la « compétitivité » fragilise en même temps que le tissu social, l’environnement et le « vivre ensemble » lui-même.

Une exigence émerge de cette expérience: « il faut changer d’Europe ! ». Cette exigence est majoritaire en France depuis 2005 et elle ne cesse de grandir à travers le continent.  Des millions d’hommes et de femmes se mobilisent pour faire entendre leur colère, leur soif de justice et de changement. Ces mouvements sociaux sont en plein essor. Ils appellent des réponses politiques à la hauteur des exigences de l’heure.

Les forces de gauche sont ainsi confrontées à un triple défi : celui de se montrer utiles aux peuples dans une situation qui s’annonce comme devant être de plus en plus dramatique ; celui d’être capables de gagner la bataille des idées sur les choix stratégiques à faire pour s’attaquer aux racines du mal, celui de réussir à rassembler autour de ces choix suffisamment de femmes et d’hommes pour ouvrir une perspective de changement.

C’est dans ce contexte que vont se tenir les élections européennes du 7 juin prochain. Elles constituent l’occasion par excellence pour nos concitoyennes et nos concitoyens d’exprimer avec force et dans la clarté quelle politique ils entendent sanctionner et quelle Europe ils souhaitent construire. C’est pour créer les conditions d’une telle dynamique que les organisations signataires de la présente déclaration ont décidé d’unir leurs efforts dans un « Front de gauche pour changer d’Europe ». Ce Front reste ouvert à tout autre parti de gauche partageant ces objectifs et cette démarche. Il vise à rassembler les citoyennes et les citoyens des courants politiques progressistes et écologistes radicaux, du mouvement syndical, social et associatif qui partagent cette ambition.

Ce que nous voulons, c’est d’abord faire de ce scrutin un bras de fer entre notre peuple et Nicolas Sarkozy. Celui-ci incarne, en effet, parfaitement ce « modèle libéral », et entend – si on lui en laissait le loisir – le pousser jusqu’à l’extrême. Chaque vote pour le Front de Gauche, le 7 juin prochain, sera, en premier lieu, un «carton rouge » à Nicolas Sarkozy. 

Ce que nous voulons, dans le même mouvement, c’est faire de ce vote l’expression du NON de gauche au traité de Lisbonne – cette réincarnation de l’ex-traité » constitutionnel – au sujet duquel le Président de la République a prétendu priver notre peuple de la parole, avec hélas la complicité de la majorité des parlementaires socialistes, verts et radicaux de gauche lors du Congrès de Versailles. 

Ce que nous voulons, c’est indiquer une autre voie pour la gauche que celle qui accompagne en France et en Europe, la construction libérale de l’Union européenne en soutenant les traités actuels.  C’est affirmer une vision nouvelle de la société et de l’Europe permettant de faire prévaloir l’intérêt général et la souveraineté populaire.

- Notamment nous affirmons la place centrale dans cette vision nouvelle du combat contre l’obscurantisme qui dénie encore aujourd’hui au femmes la place qui est la leur : Le féminisme est constitutif de toute transformation sociale. Changer l’Europe passe par la reconnaissance de l’égalité des droits entre les femmes et les hommes dans toutes les sphères de la vie.  Pour obtenir une égalité réelle, il faut tirer vers le haut TOUS les droits. Chaque femme vivant en Europe doit pouvoir bénéficier des lois les plus avancées pour les femmes dans les pays de l’Union. L’Europe doit être anti-patriarcale : les femmes doivent pouvoir se faire entendre et participer à égalité aux prises de décisions, avec des lois contraignantes. Les associations féministes doivent être reconnues comme des partenaires sociétales. Nous demandons que l’Europe lutte contre les violences sexistes, au moyen de loi-cadre contre les violences faites aux femmes. Nous voulons qu’elle fasse respecter le droit des femmes à l’IVG et à la contraception libre et remboursée et qu’elle légifère contre la prostitution. 

Dans cette campagne nous mettons l’accent sur quelques idées force, clairement de gauche et républicaines :

- L’impératif social : Au niveau de chaque nation comme sur le plan européen, tous les instruments disponibles doivent être mis prioritairement contre la précarisation de très larges couches de la population (multiplication des CDD, des temps partiels, des stages non ou peu rémunérés) au service de l’emploi, de sa qualité et de sa sécurisation ainsi que de la promotion des capacités humaines : formation, éducation, santé, culture, recherche, logement, salaire décent, conditions de travail humaines, retraites dignes.  Cela vaut tout particulièrement pour les moyens financiers et les pouvoirs d’intervention des citoyens et des salariés dans l’entreprise, sans lesquels ces priorités resteraient des voeux pieux. Une logique de gauche doit notamment viser à se servir du crédit pour orienter la gestion des entreprises dans le sens de ces nouvelles priorités, et ce depuis les régions jusqu’à la BCE. Elle doit également tendre vers une maîtrise publique du système bancaire, la BCE devant être soumise à un contrôle parlementaire.

Face à la crise il faut mettre en oeuvre un vrai bouclier social au plan européen; engager une harmonisation sociale par le haut; remettre en cause le dogme du libre-échange, développer, améliorer et démocratiser les services publics et enrayer immédiatement le processus de libéralisation de ces services.

- L’impératif écologique : les engagements réclamés par la communauté scientifique mondiale pour lutter contre le réchauffement climatique doivent être tenus. L’appel aux mécanismes de marché, privilégié par l’union européenne, montre ses limites et ses effets pervers. Nous demandons que la crise ne serve pas de prétexte pour ne pas entreprendre les transformations nécessaires, en particulier les investissements dans les énergies renouvelables et propres ; les économies d’énergie ; le développement du transfert ferroviaire et de la voie d’eau ; la protection des milieux naturels ; ainsi que la promotion de l’agriculture paysanne, non soumise à la logique productiviste et qui garantisse aux agriculteurs des prix rémunérateurs. Il faut tarir les subventions à « l’agrobusiness », maintenir un moratoire sur les cultures OGM et s’inscrire dans une logique de souveraineté alimentaire.

- L’impératif démocratique : la démocratie c’est le pouvoir du peuple. Or les institutions européennes actuelles organisent le contournement des citoyens en confiant des pouvoirs essentiels à des personnes non élues. A l’inverse, nous estimons que la démocratie repose sur la citoyenneté. Dans l’Union européenne, aussi bien les politiques de coopération entre les Etats que les politiques intégrées doivent être contrôlées par les citoyens et soumises à la souveraineté populaire.

[Paragraphe modifié et déplacé]

- L’impératif solidaire. Il vaut à l’intérieur de chaque société : lutte contre l’exclusion sociale, la précarité et pour l’égalité effective des droits ; politique de l’immigration respectueuse des femmes et des hommes et particulièrement du droit d’asile ; citoyenneté pour tous les résidents avec droit de vote et d’éligibilité aux élections locales et européennes au même titre que les ressortissants de l’Union Européenne ; régularisation des « sans papiers » s’inscrivant dans une stratégie de Co-développement. Il vaut naturellement au sein de l’union européenne : à la fois entre les nations qui la composent et vis à vis des autres peuples du monde. A cet égard, la « directive retour » mérite bien le nom, qui désormais l’affublera jusqu’à sa nécessaire abrogation, de « directive de la honte ».

- L’impératif pacifique. L’Union européenne doit refuser de se laisser embrigader dans la politique militariste des Etats-Unis. Elle ne doit pas tolérer l’installation d’un « bouclier antimissile » sur son territoire, mais doit, au contraire, s’engager fermement en faveur de la relance du désarmement. L’Europe doit rompre avec l’atlantisme et l’alignement sur l’OTAN.  La politique extérieure européenne doit se fonder sur le droit international, en particulier au Proche Orient : elle doit s’engager de façon résolue – en usant de tous les instruments politiques et économiques à sa disposition y compris en mettant un terme aux accords de coopération avec Israël tant que ce pays ne respectera pas le droit international – en faveur du respect du droit imprescriptible du peuple palestinien à un Etat viable, souverain et démocratique, sur les frontières d’avant juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, à côté de l’Etat d’Israël dans une reconnaissance mutuelle de ces deux Etats et par tous les Etats de la région.

C’est dans cette perspective pacifique que nous défendons une Europe laïque : c’est non seulement une des conditions indispensables pour construire un espace démocratique européen qui garantisse la liberté de conscience et l’égalité des citoyens quelque soient leurs convictions philosophiques et religieuses, mais c’est aussi le fondement d’une vision pacifique des relations internationales à l’opposé du prétendu « choc des civilisations »  Sur la base de ces objectifs, nous voulons faire élire, le 7 juin, un grand nombre de parlementaires du « Front de Gauche pour changer d’Europe » qui siégeront au sein du même groupe de « la gauche unitaire européenne » du Parlement de Strasbourg

En un mot nous voulons contribuer à changer la donne en Europe et en France, nous mettre en

situation d’agir en faveur des transformations profondes que la situation de crise requiert, nous voulons agir pour une Union européenne utile à notre peuple, utile aux citoyens européens, utile au monde, utile à la paix.

Par ailleurs, nous avions omis lors de notre première rencontre de parler de la nécessité de nouvelles institutions européennes.

- Les institutions actuelles de l’Union doivent être totalement remise en cause et un processus constituant mis en œuvre avec l’élection d’une Assemblée européenne constituante.

Il n’y a pas eu de réponse à la date du 9/03/09 aux demandes de modifications proposées par les Alternatifs (ici en rouge).

 

Je n'ai pas signé la contribution B parce qu'il est bien que des camarades nouvelles et nouveaux s'engagent dans le débat, mais je persiste.

Je vous fais part, pour la dernière fois avant le vote, de quelques remarques

1/ Le débat en coordination des Alternatifs était serein et politique, sans anathèmes, sentimentalisme, ni caricatures.

J'étais hier a Lyon, invité prudent d'un meeting du front de gauche, et comme tous les militant-e-s des Alternatifs présent-e-s j'ai pu vérifier que nous avions toutes les raisons d'être dans la même organisation (ce serait bien que les camarades du Rhône envoient un bref compte rendu)

Le débat sur le net exacerbe les postures, et bons mots : vigilance.

2/  Nous passons notre temps a défendre l'unité large : donc veillons ne pas trop caricaturer, unité large cela veut dire unité avec les abominables sectaires du NPA, les mort-vivants du PCF, et les ultra républicains du PG.  A long terme il faudra faire avec, même si nous savons pourquoi ne militons pas chez les uns et les autres.

3/  La question des rapports avec la fédération n'est pas simple sur le plan éthique comme sur le plan politique.

Je pense qu'elle va être un espace de débat et d'initiatives utile, qu'il faut être actifs dans les processus locaux et que nous n'avancerons pas avec tous vers une forces politique alternative.

Beaucoup de ses composantes sont très loin de l'idée d'une organisation (et la fédération peut se trouver paralysée comme outil politique par ce simple fait, un exemple : bilan du meeting de Montreuil déficit 17 000 euros, engagement des Alternatifs si nécessaire 17.000 euros, apport du MAI : 0, Ecologie Solidaire : 0, Alterékolo : 0 ACU et CNCU : à venir.... sans parler du tropisme PCF de membres de l'ACU et de la CNCU.

Je n'exclue pas que si les Alternatifs ne participent à aucune liste la tentation soit forte de la part de quelques partenaires de la Fédération d'occuper les strapontins laissés bien chauds dans le front de gauche, sous réserve que le PCF leur ouvre la porte (mais j'espère me tromper).

Donc dépasser les Alternatifs dans une ORGANISATION alternative large et

DEMOCRATIQUE (pas une armée mexicaine !) après vérification d'accords de fond, sans doute mais les dissoudre dans les faits dans la Fédération : casse cou !

4/  Pour le reste, je pense plus que jamais que nous raisonnons trop ne fonction d 'un milieu mitant antilibéral assez restreint (quelques dizaines de milliers de personnes, expérimentés certes mais qui ne se renouvellent pas (j'en suis) l'intérêt des Alternatifs c'est d'avoir travaillé modestement quelques pistes, autogestion, altermondialisme, rouge et vert, plus récemment articulation avec le féminisme, qui sont plus riches que le ronron antilibéral,  et d'avoir commencé a être vaguement identifiables (merci Mathieu) dans de nouvelles couches militantes.

Je ne crois pas a une dynamique autour du Front de Gauche, la radicalisation modérée se portera sur le PS et la radicale sur le NPA et son éventuel allié.

J'assume un désaccord de fond avec le NPA sur la question d'une bloc sociale et politique majoritaire (qu'il n'évoque pas) mais ne crois pas que le PCF (malgré des milliers de militant-e-s de valeur) soit un rempart contre la bipolarisation alors que son déclin historique le colle au PS.

5/  C'est pour tenter une nouvelle progression que suis partisan de l'accord avec le NPA aux européennes, dans un contexte de radicalisation sociale et politique et dans une démarche rouge et verte.

A la différence d'autres camarades sur la même position j'attache par ailleurs une grande importance aux relations avec le PG, malgré les désaccords, parce que ce parti a été unitaire et correct dans la période récente. Mais c'est une histoire à plus long terme, si ils se tirent bien de leur tentative front de gauche.

Cela dit il va de soi que toute position retenue par les Alternatifs car celle du mouvement, et peut être, comme dirait Mathieu, ne serais-je plus

« embété » par les journalistes après le 22.

 

Jean-Jacques Boislaroussie

 

 
Contribution de Mathieu COLLOGHAN et Richard NEUVILLE


Intervention dans le débat sur les élections européennes

 

Membres actifs depuis plusieurs années de la commission internationale des Alternatifs, nous avons pris position publiquement en faveur d’une alliance avec le NPA en signant la motion B. Nous avons présenté les arguments qui nous semblaient plaider en faveur d’un accord avec le NPA. Des camarades ont défendu d’autres positions. Le débat était en cours sur les listes de diffusion des Alternatifs et  surtout dans les groupes locaux et nous n’avions pas prévu de ré intervenir mais la teneur de certains échanges nous pousse à le faire : prendre en compte la possibilité d’avoir un-e élu-e européen-ne tiendrait pour certains camarades du symbolique, de petits arguments financiers, voire de l’opportunisme. Voilà qui est totalement en contradiction avec ce que notre engagement au sein de la Commission internationale nous a permis de constater. C’est donc sur cette question, qui engage les Alternatifs bien au-delà d’une simple échéance électorale, que nous souhaitons revenir.

 

Il s’agit bel et bien d’une échéance européenne.

Essayons de résonner à cette échelle.

Dès le 1er forum social mondial, nous avons plaidé et œuvré pour que notre organisation prenne toute sa place au sein du mouvement altermondialiste. Bien que les organisations politiques ne soient pas acceptées en tant que telles, nous avons su tisser progressivement des liens et développer des pratiques qui nous ont permis d’être partie prenante des processus et reconnus en tant que composante à part entière. C’est le cas en France, à travers notre participation au Comité d’initiatives français (CIF) mais aussi en Europe où nous participons depuis plusieurs années à l’Assemblée européenne de préparation des forums sociaux (APE). Au gré des années, nous avons établi des relations avec les mouvements sociaux, des militant-e-s politiques et nos pratiques de « parti-mouvement » ont été reconnues. Nos bilans et les Rouge & Vert spéciaux sont appréciés bien au delà de nos rangs.

 

Après le Non au TCE en France en mai 2005, les Alternatifs ont participé activement aux travaux sur une charte européenne des droits fondamentaux, qui n’a pu voir le jour pour des raisons indépendantes de notre volonté.

 

Dans les APE, nous côtoyons des militant-e-s d’organisations proches des nôtres comme Synaspismos (Grèce), le Bloc de gauche (Portugal), l’Alliance rouge et verte (Danemark), etc. mais l’absence de représentation au Parlement européen nous a fortement pénalisés. Pour information, les organisations citées n’ont qu’un représentant à Strasbourg et cela leur permet de siéger au sein du groupe « Gauche unitaire européenne - Gauche verte nordique ». Mais au delà des travaux parlementaires, les deux premières sont membres du Parti de gauche européenne (European Left) et toutes les trois participent aux conférences de la gauche anticapitaliste européenne. Elles ont ainsi pu établir des relations entre la plupart des organisations de gauche en Europe. (Cf. tableaux présentés lors de la dernière coordination générale)

 

En 1999, lorsque la LCR a eu deux députés au parlement européen, elle a pu disposer de moyens importants qui lui ont permis de créer, avec les organisations citées, la Conférence anticapitaliste européenne. Elle sortait ainsi de l’étroitesse des rencontres de la IVè Internationale, réduite à quelques petits partis et fractions en Europe.

Les Alternatifs n’ont pas pu y participer pour des raisons qui ne sont pas étrangères à la LCR. Mais au delà des raisons, l’intérêt de cette initiative nous semble réel, nous n’avons ainsi pas pu établir de véritables relations internationales en Europe et défendre nos positions comme l’appel à une constituante européenne ou nos positions sur l’autogestion, le féminisme et l’écologie.

 

Régulièrement des camarades nous interpellent pour savoir où nous en sommes au niveau des relations internationales en Europe. Nous ne pouvons leur répondre que malgré tous les efforts déployés, nous avançons peu car seule une présence au Parlement européen nous permettrait réellement de progresser.

 

Pour rappel, le budget de la commission internationale, comme celui des autres commissions, s’élèvent à 1600 €. Il nous permet de financer les déplacements en Europe pour participer aux APE (4/an) et rembourser quelques déplacements à la coordination.

 

Opportunisme ?

 

Nous avons lu dans certaines contributions que le fait d’avoir un-e élu-e n’était pas très important et qu’il ne fallait pas se borner à des visées électoralistes. Ces propos sont d’autant plus cocasses quand ils émanent de camarades qui ont exercés des mandats électoraux…

 

La ligne de fracture entre notre mouvement autogestionnaire et les courants autogestionnaires libertaires, c’est justement le fait que nous pensons utile la présence d’élu-e-s, même minoritaires.

 

Quoi qu’il en soit, et vous l’aurez compris, la possibilité d’avoir un-e élu-e à Strasbourg est loin de nous laisser indifférents. C’est l’ensemble de l’organisation qui en profiterait grandement car Les Alternatifs prendraient du coup une toute autre dimension. Ce n’est pas rien…

 

A force de laisser passer les opportunités, notre organisation semble se satisfaire du quasi-anonymat. Or, nous avons des valeurs, des idées à défendre. Nous croyons à l’Europe et les principaux enjeux se jouent à cette échelle. C’est une réalité qu’il convient de prendre en compte.

 

Il y a une certitude : si nous ne participons à aucune liste lors de cette échéance électorale, nous n’aurons aucun-e élu-e. Aux vues des derniers sondages (qu’il faut manier avec beaucoup de prudence), une participation au Front de Gauche avec une tête de liste dans l’Est nous donne peu de chances d’en avoir un-e ; Un accord avec le NPA avec une tête de liste dans l’Ouest nous donnerait des chances réelles d’envoyer un Alternatif à Bruxelles. Il nous paraît important de prendre en compte cet argument pour faire notre choix.

L’argument ne saurait être surdéterminant, mais on ne peut l’ignorer.

 

Nous ne nions pas nos divergences avec le NPA mais nous n’avons pas peur de la confrontation d’idées et, à l’échelle européenne, nous sommes convaincus que nous aurions des alliés, nous serions ainsi plus forts pour contrer sa volonté hégémonique. Ce ne serait pas sans répercussions à l’échelle nationale.

 

Nous le rappelons, nous sommes dans un débat européen et il nous semble essentiel de sortir du contexte stricto franco-français. L’unité continue à être l’un de nos objectifs mais force est de constater qu’elle se heurte à une dure réalité dont nous ne sommes pas responsables. Nous ne pouvons faire cette unité contre les autres. La politique est une affaire d’idées et l’important est de créer les conditions pour qu’elles aient un écho. Pour nous, « l’utopie réaliste » peut passer par une représentation de notre sensibilité à Strasbourg. Tentons notre chance ! Un-e hypothétique élu-e siègerait dans le même groupe que les éventuel-le-s élu-e-s du PG et du PCF, les ponts ne seraient donc pas rompus, et ils y feraient un travail utile…

 

 

Mathieu COLLOGHAN et Richard NEUVILLE

Membres de la commission internationale

16/03/2009

 Les Alternatifs ont voté comme suit:

Proposition A: 30%

Proposition B: 31%

Proposition C: 35%

Abstentions:     4%

Un deuxième tour comme décidé auparavant aura lieu sur les 2 propositions en tête: B Participer aux Européennes avec le NPA et C Ne pas participer aux Européennes.  Scrutin interne clos le vendredi 27 à minuit.   Deux textes d'accompagnement arrivent sous peu à lire dans un nouvel Article.

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Martinique Guadeloupe Guyane Réunion Manifeste de neuf intellectuels antillais




Martinique – Guadeloupe – Guyane – Réunion

 

Pour celles et ceux qui habitent près de Toulouse et  sont été intéressés par ce manifeste des 9 intellectuels antillais (dont P. Chamoiseau), la librairie Ombres blanches communique :

Patrick Chamoiseau - Samedi 25 avril à 21 heures :  le débat se déroulera au Théâtre Garonne.

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En complément d’information, se déroulera à Balma les 24,25 et 26 avril à la salle polyvalente - avenue des Arènes ( entée libre ), " Horizons francophones ",  les 10èmes rencontres du Livre et du Vin.

Plus de 50 auteurs y participeront (Bernard Maris, Daniel Maximin, Progreso Marin...), dont Patrick Chamoiseau le samedi 25 avril de 14 h à 15 h.

Les Présidents d'honneur de ces 10èmes rencontres seront Alain Mabanckou et Edouardo Manet.

Renseignements sur tout le programme au 05 61 24 92 74.

 

MANIFESTE POUR LES « PRODUITS » DE HAUTE NECESSITE.

[voir aussi un témoignage intéressant plus bas]

    « Au moment où le maître, le colonisateur proclament « il n’y a jamais eu de peuple ici », le peuple qui manque est un devenir, il s’invente, dans les bidonvilles et les camps, ou bien dans les ghettos, dans de nouvelles conditions de lutte auxquelles un art nécessairement politique doit contribuer »

Gilles Deleuze, L’image-temps

    Cela ne peut signifier qu’une chose : non pas qu’il n’y a pas de route pour en sortir, mais que l’heure est venue d’abandonner toutes les vieilles routes.

Aimé Césaire, Lettre à Maurice Thorez.


Manifeste des 9

jeudi 19 février 2009

Neuf intellectuels antillais ont rédigé ce  

"Manifeste pour les « produits » de haute nécessité"

Texte intégral du « Manifeste des neuf »

« C’est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s’est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n’est illégitime. Aucune n’est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu’elle représente, ni dans ce qu’elle implique en relation avec l’ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d’avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu’alors s’était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle - à savoir les luttes jusqu’alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj - qui est d’allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé - est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d’ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l’on peut saisir l’impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.

Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.

Dès lors, derrière le prosaïque du « pouvoir d’achat » ou du « panier de la ménagère », se profile l’essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l’existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s’articule entre, d’un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l’autre, l’aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d’honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d’amour, de temps libre affecté à l’accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n’ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.

La « hausse des prix » ou « la vie chère » ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d’une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s’est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires - non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte « d’épuration éthique » (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain.

Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être « consommateur » ou bien être « producteur ». Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l’unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L’ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l’économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste.

Pour les "produits" de haute nécessité

Alors, quand le « prosaïque » n’ouvre pas aux élévations du « poétique », quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont « le pouvoir d’achat » ou « le panier de la ménagère ». Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d’une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d’escorter les « produits de premières nécessités », d’une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d’une « haute nécessité » Par cette idée de « haute nécessité », nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d’achat, relève d’une exigence existentielle réelle, d’un appel très profond au plus noble de la vie. Alors que mettre dans ces « produits » de haute nécessité ? C’est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d’entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd’hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.

D’abord, il ne saurait y avoir d’avancées sociales qui se contenteraient d’elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s’est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l’absence de pouvoir qui lui sert d’ossature. Le « déterminant » ou bien le « décisif » s’obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n’arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L’éloignement, l’aveuglement et la déformation président aux analyses.

L’imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu’est l’association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s’est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos « présidents locaux » pour s’en aller mander ailleurs. Hélas, tout victoire sociale qui s’obtiendrait ainsi (dans ce bond par-dessus nous-mêmes), et qui s’arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudos pouvoirs.

Contre la logique du système libéral marchand

Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d’acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu’une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l’accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d’une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement...

Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l’autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C’est dans l’irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c’est dans la responsabilité que se trouve l’invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C’est dans la responsabilité que l’échec ou l’impuissance devient un lieu d’expérience véritable et de maturation. C’est en responsabilité que l’on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l’essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses.

Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s’est étendu à l’ensemble de la planète avec la force aveugle d’une religion. Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C’est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres. Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l’insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l’immédiat ; mais l’illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du « Marché » et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par « l’esprit colonial » et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l’octroi de mer, ne sauraient endiguer.

Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L’autre très haute nécessité est ensuite de s’inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n’est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d’un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d’une société non économique, où l’idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d’épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l’humain.

Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables « producteurs » - chefs d’entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes - incapables de tressaillements en face d’un sursaut de souffrance et de l’impérieuse nécessité d’un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n’existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d’un système flou, globalisé, qu’il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu’il nous faut réveiller, à savoir : vivre la vie, et sa propre vie, dans l’élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant. Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l’ampleur du poétique. On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement. On peut renvoyer la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile. On peut endiguer les agences de l’eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d’un trésor qui appartient à tous. On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd’hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister. Enfin, sur la question des salaires et de l’emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu’il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d’œuvre. Quand il délocalise, ce n’est pas dans la recherche d’une main d’œuvre abondante, mais dans le souci d’un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n’est donc en rien illégitime : c’est le début d’une équité qui doit se faire mondiale.

Quant à l’idée du « plein emploi », elle nous a été clouée dans l’imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l’ont accompagnée. Le travail à l’origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d’ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu’il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple « emploi », et l’unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s’est mis à n’ouvrir qu’à la consommation.

Une vision du politique enchantée par l’utopie Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu’il redevienne un lieu d’accomplissement, d’invention sociale et de construction de soi, ou alors qu’il en soit un outil secondaire parmi d’autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d’arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu’à l’équation d’une activité à haute incandescence créatrice.

Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s’envisagera dans ce qu’il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu’il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... Il s’envisagera en « tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue ». Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l’ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l’étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création - créaconsommation. En valeur poétique, il n’existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l’infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.

Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l’imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l’esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l’artisanat, la culture et l’agriculture... Qu’il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu’il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu’il favorise tout ce qui permet d’entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde... C’est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l’ampleur des exceptions. C’est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C’est le gratuit en son principe qui devrait s’installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...

Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu’à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un « panier de ménagère », mais le souci démultiplié d’une plénitude de l’idée de l’humain. Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau. Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s’ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.

An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l’utopie.

Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du « Marché », mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l’instrumentalisant de la manière la plus étroite.

Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l’individu, sa relation à l’Autre, au centre d’un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.

Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l’assistanat, en nous inscrivant résolument dans l’épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d’un rapport écologique global aux équilibres de la planète....

Alors voici notre vision :

Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d’être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s’inscrit dans l’horizontale plénitude du vivant.... »

Les signataires :

Ernest BRELEURN Patrick CHAMOISEAU Serge DOMI Gérard DELVER Edouard GLISSANT Guillaume PIGEARD DE GURBERT Olivier PORTECOP Olivier PULVAR Jean-Claude WILLIAM




 

PWOFITASYON

Témoignage de Sadi SAINTON, étudiant à l’Université Antilles Guyane en Guadeloupe :

Je vous envoie ce mail un peu long, certes, mais je voudrais vous dire deux ou trois choses, que vous ne voyez pas trop dans les JT de canal+, France Télévision, TF1, M6, LCI... à propos de la grève en Guadeloupe puisque je la vis de l’intérieur. J’espère sincèrement que vous prendrez le temps de lire ces quelques lignes. Lisez tout, si vous le pouvez. Et une partie si c’est trop long. Je tiens au paragraphe en violet car c’est cette question qui m’a poussé à écrire un si long mail, mais je crois que tout comporte son intérêt...

Pourquoi ? Parce que j’imagine que vous entendez comme tout le monde les infos et que je les trouve très partielles (et partiales). Parce que je pense qu’il peut y avoir méprise. Vous pouvez diffuser à votre guise au sein de PMP6.

Let’s go !

En effet, la Guadeloupe connait depuis bientôt 4 semaines une grève générale contre les profits abusifs (de grâce, cessez de parler de grève contre la vie chère car il ne s’agit pas tout à fait de cela).

Je vais simplement, sans organisation donner quelques faits (j’écris à mesure que ça vient et je m’excuse d’avance des fautes d’orthographe que ma vigilance laissera passer).

Une grève contre la vie chère ? Non. Pas vraiment.

Le collectif qui mène la grève est un ensemble de 49 associations syndicales, politiques, associations de consommateurs et associations culturelles. Elle a déposé (un mois avant le début de la grève générale, et personne n’a jugé bon de s’en préoccuper) un cahier de 146 revendications réparties sur 10 chapitres. Parmi ces chapitres, un (un seul !) concerne la vie chère. Mais alors qu’est-ce que cette grève ?

Le collectif à l’initiative de cette grève s’appelle "LKP" : Lyannaj kont pwofitasyon (C’est du créole). Traduction "alliance contre le vol et les profits abusifs". C’est une mobilisation sans précédant. Le LKP parle de 100 000 personnes dans les rues (sur une population de 460 000, soit près du quart de la population). Au delà de la bataille des chiffres, une chose est sure : c’est historique. C’est la plus grande mobilisation de l’histoire de la Guadeloupe et chaque sortie du LKP crée un nouveau record. Depuis une semaine, la Martinique emboite le pas, la réunion depuis deux jours, et la Guyane s’y prépare.

Qu’est-ce que la "pwofitasyon" ?

Surtout, ne pas traduire par "profit" (c’est un faux amis). La "pwofitasyon", ici peut se traduire comme je viens de dire par "profits abusifs". Dans le langage courant, "pwofitasyon" désigne l’abus de pouvoir qu’un puissant exerce sur quelqu’un dont il sait déjà qu’il est plus faible que lui, pour le rendre encore plus subordonné. L’exemple type, est celui des enfants dans la cours de récréation d’une école primaire. Les "grands" de CM2 peuvent exercer dans la cours des "pwofitasyon" sur les "petits" de CP, qui n’auront que leur yeux pour pleurer. (N’est-ce pas mignon, notre cher et tendre enfance ?)

Les domaines de "pwofitasyon" sont multiples chez nous :

Le constat est le suivant. En Guadeloupe, les prix sont beaucoup plus élevés qu’en France et donc parmi les plus élevés d’Europe et du monde. On constate (pour les mêmes enseignes et les mêmes produits) des écarts de plus de 100% que l’éloignement (il faut bien payer le transport) n’explique pas (exemple : 84% sur les pâtes alimentaires). Selon tous les experts, après analyse de la chaine, de la production au cadie du consommateur, en passant par le transport, le surcoût par rapport à l’hexagone ne devrait pas dépasser 10%. Les différences de prix constatées ressemblent donc fortement à.... du vol organisé.

Quelques exemples de "pwofitasyon" dénoncés par le LKP :

L’essence que payait les guadeloupeéns était l’une des plus chère au monde. Il y a une crise internationale qui a fait exploser le cours du pétrole, certes, mais cela n’explique absolument pas le cours des prix en Guadeloupe (dans les DOM de manière générale). Aujourd’hui qu’un début de lumière commence à être fait sur la question, plus personne ne le conteste.

Le LKP a présenté à l’état son expertise des méthodes de fixation des prix, résultat : tout le monde est d’accord sur le constat qui consiste à dire que les prix sont anormaux (même ceux qui sont contre la grève générale comme forme choisie pour le dénoncer) . Le secrétaire d’état aux DOM, monsieur Yves Jego envisage même une action en justice de l’Etat contre la SARA (Société Anonyme de Raffinage Antillaise) dont l’actionnaire principal (70%) est TOTAL. Vous m’accorderez sans doute que ce ne sont pas des nécessiteux. Et Jego (lui même), a dit que si après enquête, il est démontré que la SARA a perçu des sommes indues (ce sera probablement le cas), cette somme devra être remise aux guadeloupéens sous la forme d’un fond pour la formation professionnelle.

N.B : La SARA est en situation de monopole en Guadeloupe, pas de concurrence. C’est elle qui distribue l’essence.

Quant aux prix de la grande distribution... une des pistes est de créer "un panier de la ménagère" constitué d’environ 100 produits sur lesquels la grande distributions n’aurait plus le droit de dépasser les prix de l’hexagone de plus de 10%, avec la création d’un organe bi-mensuel de contrôle des prix pour éviter de nouvelles dérives.

N.B. : Les géants de la distribution sont en situation de quasi monopole. Il s’agit principalement du groupe Hayot (Bernard Hayot est dans le top 120 des fortunes françaises). En plus ils détiennent l’importation et ont le monopole de la distribution sur plusieurs grandes marques. Pour accentuer le problème, les quelques concurrents existants sont des groupes amis (cousins, alliancés...) puisque ce circuit est aux mains d’une ethno-classe compacte et réduite [1].

Autre détail intéressant. Parmi les revendications sur le coup de la vie, il y a la baisse des tarifs des prestations bancaires. Et que s’est-il passé ? Dès que les banques en Guadeloupe (pourtant les mêmes que dans l’hexagone) ont pris connaissance des revendications les concernant, avant même que cette question ait été négociée, les banques ont adopté une baisse de leurs tarifs !! Permettez moi de penser que ça signifie que les tarifs étaient effectivement abusifs.

Le reste des revendications ?

Elles traversent TOUS les domaines de la société. Vraiment tout. Les 9 autres chapitres : Education, Formation professionnelle, Emploi, Droits syndicaux et liberté syndicales, Services publics, Aménagement du territoire et infrastructures, Culture, et enfin "pwofitasyon" (il s’agit de réclamer des mesures pour contrôler désormais les prix). J’appelle ça un mouvement sociétal. Si certains persistent à parler de vie chère...je n’y peux rien. C’est un véritable cahier de Doléances. Il parcourt l’ensemble des domaines de la société.

Rappelons que ces revendications sont au nombre de 146 et que le LKP a défini parmi ces 146, 19 à négocier immédiatement, puis d’autres qui demandent des réponses plus purement politiques voire institutionnelles, qui devront être débattues à long et moyen terme.

Je peux, si vous le souhaitez, vous envoyer ce cahier de revendications.

Mais alors... Pourquoi ne parle-t-on que de ces foutu 200€ que le LKP demande ?

Parce que cela fait partie effectivement des revendications et comme tout le monde s’y attendait, c’est le point qui bloque les négociations. Le LKP ne démord pas. Le patronat ne démord pas. Les positions se radicalisent.

Commentaire personnel : Je trouve ça dommage qu’un si beau mouvement bloque sur un point que je considère comme étant secondaire en terme de portée sociétale sur le futur de la Guadeloupe.

N.B : Il s’agit d’une augmentation de 200€ des bas salaires

Les guadeloupéens sont asphyxiés et meurent de faim alors ?

Mais pas du tout !!

C’est cette question qui m’a poussé à écrire ce mail. Un ami métropolitain m’a appelé aujourd’hui pour me demander si on tenait le coup. Au début j’ai commencé à répondre que malgré la durée du conflit, la mobilisation était toujours de mise. Il me coupe : "Non, je voulais dire...Arrivez vous à remplir le réfrigérateur" !!

La Guadeloupe est en grève générale depuis bientôt 4 semaines. Les hyper marchés et super marchés sont fermés. En revanche les petits commerces de proximités sont ouverts, mais les rayons des magasins sont de plus en plus vides...

MAIS : La Guadeloupe s’organise.

L’UPG (Union des Producteurs Guadeloupéens) ainsi que les pêcheurs font parti du LKP. Les poissons ne sont pas en grève : les pécheurs continuent à pêcher et à vendre leur poisson. Les animaux ne sont pas en grève : les éleveurs continuent à s’en occuper et à vendre leur viande. La terre n’est pas en grève : les cultivateurs continuent à travailler leurs exploitations et vendent leur denrées. Notre réfrigérateur n’a jamais été aussi plein.

Les hyper marchés sont fermés, mais les marchés sont ouverts. Il y a mieux : des marchés populaires sont organisés devant les piquets de grève et un peu partout. Les producteurs y vendent leur denrées aux prix auxquels ils ont l’habitude de vendre aux super marchés. Conséquence : ils ne perdent pas leur récolte ni leur revenus, et le porte feuille du consommateur apprécie puisque les marges exorbitantes de la grande distribution ne sont plus là.

Nous mangeons à notre faim et -fait intéressant- nous n’avons jamais autant consommé local !! Je n’ai pas de purée mousseline, je n’ai plus de pâtes panzani... et alors ? J’ai des tubercules, des légumes, de la viande, du poisson, des fruits frais, des fruits secs, des fruits de mer... Et ça coûte moins cher que d’habitude. En fait, je crois que je n’avais jamais mangé aussi équilibré de ma vie.

Si vous n’avez jamais entendu tout ça, est-ce que la presse nationale fait de la désinformation ?

Je n’irai pas jusqu’à dire qu’on vous ment. Disons que parmi tout ce que les envoyés spéciaux des média nationaux voient, ils choisissent 5%, et le choisissent d’une manière assez surprenante.

La première semaine, ils n’en parlaient pas. La deuxième semaine, ils n’ont montré que des images de touristes dont les vacances ont été gachées par cette grève (je suis sincèrement désolé pour eux, mais c’est la vie). Ils ont montré des rayons de super marché vide et ont semblé vouloir dire que la rupture des stocks créait le plus grand désarroi... Ils ont fustigé une grève qui - dit-on - pénaliserait de manière irrémédiable l’économie Guadeloupéenne.

Puis Le secrétaire d’état aux DOM est arrivé en Guadeloupe. Il y a carrément déplacé son cabinet et son staff. La presse ne pouvait plus se contenter des mini sujets baclés. Ils ont commencé à en parler un peu plus. Aujourd’hui, l’information que vous recevez est de plus en plus conforme à ce qui se passe.

Les "vrais" reportages font leur apparition. France inter a fait une longue émission dessus, j’ai pu voir un long article sur Elie Domota, porte parole du LKP dans je journal Le Monde. Libération a publié un long texte d’Enest Pépin (écrivain Guadeloupéen)... Ca commence à changer. Pourtant, je suis persuadé que ceux qui ont tout lu de ce mail ont appris beaucoup de choses.

Pour les plus courageux, j’ajoute encore quelques points importants. Je quitte la description pour rentrer dans l’analyse (mais vous pouvez vous arrêter là).

Xénophobie ? Racisme ? Les slogans ?

Non, non, et trois fois non ! Le slogan principal repris depuis le 20 janvier en coeur par les manifestants :

"La Gwadloup sé tan-nou, la Gwadloup sé pa ta yo. Yo péké fè sa yo vlé, adan péyi an-nou"

Traduction littérale : " La Guadeloupe est à nous, La Guadeloupe n’est pas à eux. Ils ne feront pas ce qu’ils veulent dans notre pays"

Traduction plus usuelle : "La Guadeloupe nous appartient, elle ne leur appartient pas. Nous ne les laisserons pas faire ce qu’ils veulent dans notre pays."

La question qui inquiète certains : Mais qui est ce nous et ce eux ? Nous = noirs ? Eux = blancs ? Si oui, lesquels ? Les blancs en général (métropolitains) ou les "béké", descendants des maitres d’esclaves et qui ont su conserver leur domination économique et d’influence grâce aux héritages de génération en génération depuis l’époque esclavagiste, jusqu’à présent (sans la diluer dans le reste de la population car le béké fait souvent attention à "conserver la race" [2]

Selon moi, il ne s’agit pas de ça. Moi qui vit ce mouvement de l’intérieur, moi qui reprend ce refrain avec joie depuis 4 semaines, je n’ai jamais désigné le blanc par ce "eux" et tous les gens de mon entourage sans exception sont du même avis.

Mais alors qui ? Eux...mais bien sur, cela désigne les "profiteurs". Les responsables de la pwofitasyon. La Guadeloupe n’est pas un simple tube digestif, une sorte de terre de consommation, un simple marché ou tout le monde peut venir faire ce qu’il veut, comme dans une zone de non droit. Or les "pwofitasyon" révélées par ce collectif, et que plus personne ne conteste donne bien l’impression que c’est le cas depuis déjà trop longtemps. Avec la complicité de l’Etat, volontairement ou par négligence (je veux bien croire que c’est par négligence).

On en est à une situation ou il a fallu qu’un collectif de 49 association déclenche une grève générale et déclenche les plus grandes manifestations de l’histoire de la Guadeloupe pour que l’Etat, enfin joue son rôle d’arbitre et de répression des fraudes. De nombreuses voix en Guadeloupe avaient déjà dénoncé ces faits, mais de manière isolées et sans réel résultat. Aujourd’hui, la tendance semble s’inverser. C’est ce eux là que nous dénonçons depuis 4 semaines (27 jours)

Quant au nous, il est prometteur de quelque chose de tout à fait nouveau, qui peut être enfin dépassera les clivages de race (ou en tous cas tendra vers ça). La première personne à m’avoir envoyé un sms pour me dire de venir en meeting est une Guadeloupéenne...blanche !

Pour moi, un Guadeloupéen est quelqu’un qui lie son destin au destin de la Guadeloupe. Il est souvent noir (question de chiffre), mais il est aussi blanc, indien (de nombreux indiens ont débarqué en Guadeloupe après l’abolition de l’esclavage). Il pourrait même être vert pomme que cela ne dérangerait pas les dizaines de milliers de manifestants qui chantent ce slogan.

Surtout, nous ne sommes pas prêts à échanger sous prétexte de la race, une pwofitasyon blanche contre une pwofitasyon noire. Ce Nous-Eux est moral, bien plus que racial.

Cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de problème de racisme en Guadeloupe. Il est clair que la société est pyramidale et que plus on monte vers le sommet de la pyramide, plus les peaux sont claires. Les races n’existent pas, c’est une vérité qu’il faut répéter sans cesse... Mais le racisme existe et le poids de l’histoire esclavagiste et coloniale est palpable. Nous voila avec ce mouvement face à un formidable défi qui consiste à poser les problèmes tels qu’ils sont, pour les régler, et les dépasser. Permettez moi d’ajouter que je suis assez optimiste sur cette question. [3]

Scolarité en péril ?

J’étais à Paris VI lors de la grève contre le CPE et sur les 12 semaines prévues du semestre, on a pu faire 11 semaine (moyennant le sacrifice des vacances scolaires). Il y a fort à parier que nous ferons la même chose. Tout le monde est prêt à voir disparaitre les vacances de pâques, pentecôte et les jours fériés. D’ailleurs les cours sont mis en ligne par les enseignants dans de nombreux établissement. Et RFO, la télé locale (une branche de france télévision) va bientôt commencer à diffuser des cours faits par des enseignants sur les plateaux de télévision, afin que tout le monde puisse regarder, à chaque niveau, à chaque matière. La petitesse de l’île le permet, nous ne nous priverons pas de ce moyen !

Evolution statutaire ?

Peut être. En tous cas la question est posée. Le débat est ranimé. Le mouvement s’exprime sous forme de grève mais la densité du cahier de revendications montre clairement que tous les fondements de la société sont remis en question. Parmi les meneurs du LKP, nombreux sont ceux qui sont "au moins" autonaumistes. Pourtant, après 4 semaines, aucun membre (sans exception) n’a jamais prononcé les mots "évolution statutaire". C’est un débat qui déchaine les passions et pour le bien du mouvement, il convient de rappeler que ce n’est pas le but du mouvement. Ce mouvement pose des questions et met en avant ce que veulent les Guadeloupéens. Si les hommes politiques apportent parmi leurs réponses une question institutionnelle, elle fera de toutes les façons objet de débats, et de référundum.

Mon avis sur la question :

Les lois françaises sont conçues pour répondre à une réalité géopolitique précise. Celle d’une France au coeur de l’Europe, société post-industrielle. Elle n’ont jamais convenu ni aux colonies, ni plus tard aux DOM-TOM et COM. Si bien que pour pallier le "handicap", nous sommes toujours passé par des lois, qui mettent en avant de nombreuses spécificités. Aujourd’hui, le système d’intégration montre ses limites. Ceux qui jadis s’en accommodaient, aujourd’hui soutiennent massivement un mouvement social, qui -bien que ce ne soit pas son objectif- attire l’attention sur le fait que rien ne va bien et qu’il faut peut être songer à changer les choses en profondeur.

N.B : Quelque soit ce qui arrive, l’indépendance n’est absolument pas à l’ordre du jour. Ni l’Etat, ni le LKP, ni les nombreux manifestants qui soutiennent le LKP, ni même les organisations anciennement indépendantistes des années 60, 70 et 80 ne considèrent que la question est à l’ordre du jour. Les organisations "anciennement indépendantistes" continuent à énoncer le principe moral du droit des peuples à l’autodétermination qui est un droit inalliénable inscrit dans la charte de l’ONU ; mais s’accordent pour dire qu’il faut aller pas à pas, sans bruler les étapes.

Les pistes avancées sont plutôt celles d’une évolution statutaire dans le cadre de la République Français (genre article 73 et 74 de la constitution) vers plus de pouvoir décisionnel local, plus de pouvoir législatif et douanier, afin de répondre à la réalité géopolitique (nous sommes européens, mais nos îles baignent dans le bassin caraïbéen !). [4]

Voila mon constat et mon point de vue sur cette grève générale en Guadeloupe.

Je vous remercie d’avoir bien voulu lire un aussi gros pavé. Je rappelle que je ne suis ni politologue, ni sociologue... vous excuserez les approximations et la lourdeur du style. Je suis simple étudiant guadeloupéen, solidaire du mouvement et j’expose là, ce que je comprends de ce mouvement.

P.S : : J’ai commencé ce mail hier. Aujourd’hui, la situation a un peu évolué. La repression policière et militaire est désormais en marche.

Le mouvement a une dimension internationale. Hier, c’est le révérend Jessy Jackson en personne qui a envoyé son soutien au peuple de Guadeloupe et au LKP. Les organisations syndicales du monde entier (je n’exagère pas) rentrent en contact avec le LKP pour leur demander comment ils arrivent à mobiliser 100 000 personnes, sans un débordement (c’est le service d’ordre du LKP qui organise la sécurité générale). La Guadeloupe vient de connaitre ses 27 jours les plus calmes niveau violences domestiques. Jamais il n’y a eu si peu d’agressions et de faits divers. 0u d’accidents de voitures (pas d’essence, tout le monde roule à 70 km/h).

Les Guadeloupéens sont vraiment fiers de ce mouvement. Mais ce matin, la repression a commencé face a un mouvement pacifiste depuis 27 jours. Il y a eu une soixantaine d’arrestations de gens qui étaient simplement sur les barrages pacifiques. Une des tête du LKP a été blessée. Il a subi des injures racistes venant des forces de l’ordre (toux ceux qui s’y connaissent un peu en histoire de la Guadeloupe savent que c’est monnaie courante lors des repressions de mouvement sociaux aux DOM). Je ne fantasme pas sur le poids de l’histoire. Tout au long de la seconde moitié du 20è siècle, tous les grands mouvements sociaux ont été réprimés par les mitraillettes, lorsqu’à Paris, le gaz lacrimogène suffisait largement. C’était le cas en 1910, en 1952, en 1967, en 1975, en 1985. Chaque répression a apporté son lot de mort, même si celle de mai 1967 accapare toutes les mémoires puisque le nombre de morts a dépassé peut être la centaine de personnes.

Evidemment, de l’eau a coulé sous les ponts. 1967 et 2009 sont différents. Mais le prefet et l’état jouent à un jeu dangereux. Car l’ensemble des mobilisés connait le poids de l’histoire et la tension est à son comble et beaucoup ont déjà averti que cette fois ci, les guadeloupéens ne mourront pas... Le LKP a appelé au calme. Il appellent à la mobilisation massive et pacifiste pour faire reculer la répression. L’immense majorité des interpellés aujourd’hui ont été relachés ce midi grâce (une fois de plus) à la pression populaire de la foule, massée pacifiquement devant la police et et le tribunal de Pointe-à-Pitre. La tension redescend petit à petit. Le préfet avait promi que les environ 4000 CRS débarqués en Guadeloupe dès le début du conflits étaient juste une sécurité qu’il souhaitait de tous coeurs ne pas utiliser. Depuis que les négociations sont bloquées, d’autres ont débarqué...

Sadi SAINTON

Et comme on dit dans les îles :

Kimbé rèd pa moli !

Notes

[1] (*(**) voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maitres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l’émission : http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV*)

[2] (**) voir reportage assez édifiant de canal + "Les derniers maitres de la Martinique" voici un lien ou on peut voir l’émission http://www.megavideo.com/?v=1Q1M01NV

[3] (*) Pour ceux qui voudraient, je peux envoyer un extrait de discours du porte parole du LKP abordant ce sujet d’une manière que je trouve assez fine, de manière forte, mais sans haine.

[4] Voila un lien vers la constitution française. Vous pourrez donc consulter les articles 73 et 74. http://www.legifrance.gouv.fr/html/...

 

 

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Cette année le PC n a pas été invité au dîner du Crif

signez la pétition: Pétition internationale adressée à l’Assemblée Générale des Nations unies, pour mettre en place un tribunal pénal international ad hoc afin de juger les crimes de guerre israéliens, notamment à Gaza

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Cette année, le PC n’a pas été invité au dîner du Crif 

Le rendez-vous est toujours très couru. Demain soir, les personnalités politiques de droite comme de gauche seront très nombreuses parmi les quelque 850 invités du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), qui se déroulera au pavillon d’Armenonville, dans le bois de Boulogne. Le contexte est cette année marqué par l’augmentation des actes antisémites en France, non sans rapport avec l’offensive israélienne déclenchée en décembre dernier à Gaza.  

Selon les organisateurs, l’invité d’honneur devrait être Nicolas Sarkozy. Hier, sa présence n’était cependant pas confirmée par l’Elysée et le dîner ne figure pas à l’agenda officiel du président, dont la journée est très chargée : le matin, il sera à Charm el-Cheikh (Egypte) pour la conférence internationale sur la reconstruction de Gaza. En fin d’après-midi, il assistera à Levallois (Hauts-de-Seine) aux obsèques de la lycéenne victime de l’attentat du 22 février au Caire. En 2008, la venue du chef de l’Etat avait marqué une rupture : depuis l’instauration du dîner du Crif, en 1985, c’est le Premier ministre qui en était traditionnellement l’invité d’honneur. François Mitterrand avait dérogé une fois à la règle en s’y rendant en 1991.

 Martine Aubry absente, Delanoë, Hamon et Huchon présents

Demain soir, François Fillon sera présent, comme une grande partie du gouvernement (Michèle Alliot-Marie, Rachida Dati, Brice Hortefeux, Christine Lagarde, Eric Besson, Xavier Darcos, Valérie Pécresse, Michel Barnier, Roger Karoutchi, Rama Yade…). Bernard Accoyer, président de l’Assemblée, et Gérard Larcher, président du Sénat, seront là de même que Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP. Si Martine Aubry, partie quelques jours au Maroc, sera absente, il y aura de nombreux socialistes : Bertrand Delanoë, Claude Bartolone, Benoît Hamon, Jean-Paul Huchon, Harlem Désir, Anne Hidalgo… Cette année, le PC en tant que tel n’a pas été invité. Motif : il a participé aux manifestations contre l’offensive israélienne durant lesquelles certains slogans ont été jugés intolérables par le Crif.

 

Une déclaration de l’UJPF

Lettre ouverte à ceux qui envisagent de participer au banquet de CRIF

Madame, Monsieur,

Vous envisagez peut-être de vous rendre au dîner du CRIF, en pensant ainsi marquer votre refus de l'antisémitisme et votre sympathie pour les Juifs.

Nous pensons pouvoir dire qu'en agissant de la sorte vous iriez à l'encontre du but que vous vous seriez fixé.

Rappelons que le CRIF a organisé le 4 janvier dernier, en pleine offensive israélienne contre la population de la bande de Gaza, une manifestation de soutien à l'Etat d'Israël. En organisant cette manifestation le CRIF a non seulement exprimé son accord avec une politique criminelle mais en appelant les « Juifs de France » à soutenir la politique israélienne il a contribué explicitement et directement à « importer en France le conflit du Moyen Orient », faisant apparaître ainsi les Juifs comme les complices des crimes commis par les Israéliens contre les Palestiniens et prenant délibérément le risque de développer des sentiments antijuifs.

Dans ces conditions, accepter de participer aux agapes organisées par le CRIF, c'est à la fois soutenir les crimes perpétrés par l'armée israélienne contre les Palestiniens et contribuer à enfermer les «Juifs de France » dans une idéologie meurtrière.

Il est temps de comprendre que le CRIF d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec le CRIF des origines, né de la Résistance contre l'occupation nazie en France, que son appel aux Juifs de France à soutenir la politique israélienne revient à les enrôler au service d'une politique criminelle menée par un Etat étranger.

C'est pourquoi nous considérons que la participation au banquet de CRIF est devenue, sinon une manifestation d'antisémitisme, du moins une forme de mépris envers les Juifs en même temps qu'elle marque l'approbation de la politique israélienne de destruction de la société palestinienne.

Quant à l'émission sur Public Sénat, nous la considérerions comme une manifestation de propagande sioniste, voire en dernière analyse pour les raisons exposées ci-dessus antijuive et qui de ce fait  ne devrait pas avoir sa place sur une chaîne de service public.

Le Bureau national de l'Union Juive Française pour la Paix, 28 février 2009

tribune libre

Héritières de la Shoah aux côtés des Palestiniens

par Henriette Zoughebi, conseillère régionale d’Île-de-France, et Ernestine Ronai

Profondément choquées que le CRIF ait décidé d’exclure de son dîner annuel le PCF, nous éprouvons le besoin de nous exprimer en tant que militantes communistes de culture juive. Nous nous sommes senties très concernées par la tragédie de Gaza, nous avons participé aux manifestations pour l’arrêt des massacres.

L’amalgame entre terroristes, antisémites et manifestants pour les droits humains est inadmissible. Nous en avons assez que soient qualifiés d’ennemis d’Israël ceux et celles qui sont solidaires du peuple palestinien et qui s’opposent à la politique belliciste de l’État d’Israël. Nous avons donc une vraie divergence avec le CRIF.

Pourtant le CRIF est né pendant l’Occupation allemande et ses objectifs étaient « la défense du judaïsme, des juifs et des droits de l’homme ». Fidèles à cette histoire et à ces engagements, nous nous indignons des crimes de guerre commis par l’armée israélienne faisant plus d’un millier de morts civils, utilisant des armes chimiques, bafouant le droit international et les résolutions de l’ONU, quand le CRIF ne fait que « déplorer les victimes civiles ». Les droits humains sont par définition universels, il ne saurait y avoir deux poids deux mesures. Loin des procès d’intention, la paix ne peut naître que du débat rationnel et d’un dialogue ouvert.

Nous avons été profondément marquées par ce qu’ont subi pendant la Seconde Guerre mondiale nos parents auxquels on a volé leur jeunesse. Une grande partie de leur famille a été exterminée. Comme beaucoup d’enfants juifs de l’après-guerre, notre enfance a été hantée par le fantôme de la guerre, l’inimaginable absolu de la Shoah. Il a fallu apprivoiser la peur de l’horreur pour tenter de comprendre, être à la hauteur de la chance de nos parents survivants.

Nous ne sommes pas croyantes en Dieu, mais nous sommes juives et nous l’avons toujours revendiqué. Le yiddish est notre langue maternelle, celle des premiers mots d’amour, celle des berceuses. Le yiddish a pour nous la voix de notre mère, cette langue est notre racine, la seule terre qui nous relie à l’histoire de nos ancêtres. Notre judaïté est un bien culturel précieux assumé à travers la célébration des fêtes pour se souvenir et transmettre.

C’est la raison pour laquelle nous sommes particulièrement sensibles à la persécution dont est victime le peuple palestinien. Il est révoltant que le gouvernement d’Israël prétende mener sa politique de colonisation au nom de ce que les juifs ont enduré. Certains juifs justifient aujourd’hui les exactions de l’armée israélienne et du gouvernement d’Israël contre le peuple palestinien par les souffrances subies pendant la guerre. Les Palestiniens ne sont pas responsables de la Shoah. Seuls la reconnaissance, le respect réciproque dans la dignité pour les deux peuples peuvent permettre de trouver une solution négociée.

Les chiffres publiés récemment concernant les actes antisémites commis en France nous inquiètent beaucoup. Ils indiquent une forte augmentation dans les deux derniers mois. Nous pensons nécessaire de faire la clarté. Il faut dire aux Français de toutes origines et de toutes confessions que le conflit israélo-palestinien n’est pas un conflit religieux entre juifs et musulmans, mais qu’il s’agit d’un problème politique. La solution est connue depuis 1947 : celle du droit à l’existence de deux États pour deux peuples. L’usage de la force conduit au désastre pour les Palestiniens mais aussi pour les Israéliens. La condition de la paix est le respect du droit international et des résolutions de l’ONU. Sur cette base, le dialogue, avec les jeunes des quartiers populaires en particulier, peut faire reculer les tentations d’antisémitisme et de racisme.

Mais cela ne suffit pas. Au moment où les négationnistes se manifestent ouvertement par des prises de position d’intégristes catholiques d’extrême droite, la lutte contre l’antisémitisme nécessite que les forces politiques, syndicales et associatives s’engagent résolument pour faire connaître l’histoire, aider à comprendre les causes et les responsabilités. La raison doit retrouver toute sa place, même s’il s’agit d’une raison sensible. Ce combat est de toute actualité.

 

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Le dîner du CRIF, une mascarade dangereuse.

 

Pendant que le calvaire subi par les habitants de Gaza se poursuit, que la dépossession des Palestiniens de leur terre s'aggrave y compris en Cisjordanie occupée, le CRIF, qui a soutenu de A à Z le carnage et les destructions commis par l'armée israélienne, se permet d'inviter le gratin de la République à ses agapes et, dans une ambiance joyeuse et amicale , chaque élu, ministre ou responsable de parti (on sait que tous n'y étaient pas) y est allé de son couplet pour exprimer sa solidarité avec la « communauté juive ». C'est le spectacle désolant auquel nous avons pu assister en direct sur la chaîne publique Public Sénat.

Ainsi cette « communauté juive » que le CRIF prétend représenter dans son ensemble, est censée soutenir sans complexes à la fois la politique israélienne et celle du gouvernement français. Cette idée, sous tendue par ce reportage est non seulement fausse mais aussi dangereuse.

Fausse parce que les sociologues et les historiens dans leurs études n’ont jamais fait apparaître de comportements spécifiques des personnes juives ou d’origine juive dans tous les domaines de la vie sociale et politique française


Dangereuse parce que cette idée accréditerait le fait qu'en même temps qu'ils sont censés soutenir une politique criminelle parce que menée « en leur nom », les  Juifs  constitueraient un groupe à part dans la société française, avec un traitement bienveillant réservé à eux seuls.

Mais fini les embrassades, les sourires. Les rires se figent, l'heure est grave. Mr Prasquier,  le Président,  parle : le drame actuel, ce n'est pas la situation catastrophique au Proche-Orient, ce n'est même pas la crise économique ou écologique, c'est... une forte poussée de l'antisémitisme, comme si la « nuit de cristal » s'abattait sur la France. Qui en sont les responsables d'après lui ? Simple, les milliers de manifestants protestant contre l'intervention israélienne.

Actes antisémites ? Certes, il y en a eu au mois de Janvier, mais qui n'avaient rien à voir avec les manifestations de solidarité, et toutes les organisations participantes les ont dénoncés vigoureusement. Les quelques individus appartenant  à une mouvance de l’extrême droite xénophobe qui ont tenté de s’immiscer dans une de ces manifestations ont été rejetés avec une non moins extrême fermeté. Il y a eu aussi récemment des actes racistes contre des mosquées, des profanations de tombes musulmanes, des agressions de jeunes maghrébins mais ceci a été passé sous silence.


La stratégie est claire et n'est pas nouvelle, c’est celle des pompiers pyromanes : faire taire toute critique de la politique israélienne en l'assimilant à de l'antisémitisme, sous le prétexte mensonger que « tous les Juifs » soutiennent cette politique.

Il faut en finir avec cette propagande honteuse et indigne.

Pas de crime en notre nom !

 

 

 

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