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Déclaration de trois "unitaires" du NPA (LCR): François, Hélène, Olive, Avril 2010

 Voici la longue contribution qui fait du bruit.

"La question posée est simple… même si la réponse ne l’est pas forcément.
 Ou bien la perspective est de construire au pire une sorte de LO à visage humain (cette tentation a déjà existé dans le passé de la LCR) et au mieux une sorte de LCR relookée (mais sans doute pas avec tout ce que fut la LCR). 

 Ou bien on renoue avec le projet du NPA dans sa version la plus ouverte, la plus unitaire et la plus novatrice."

Concluent François, Hélène et Olive

 

Comment ça va mal…

François, Hélène, Olive

Sans jouer les anciens combattants, nous ne pensons pas inutile, sur la base d’une longue histoire (plusieurs décennies chacun-e, quand même) au sein de la gauche révolutionnaire - et, plus précisément, de la Ligue (organisation dont nous avons été membres de la direction, y compris jusqu'à sa dissolution) - de faire part de nos appréciations.

Sans en réclamer l'exclusivité,  nous avons été parmi les premiers à nous prononcer pour le dépassement de la Ligue, à une époque où nous étions peu à développer une telle perspective. Nous proposions  "un parti aux délimitations stratégiques inachevées", c'est-à-dire un parti  qui ne trancherait pas d'emblée (dans son programme et ses statuts) toutes les questions stratégiques, ces dernières ayant besoin de nouveaux tests pratiques (au vu du bilan des expériences passées) pour se reformuler. Cette idée nous a valu beaucoup de critiques et de polémiques. Nous étions les fossoyeurs du « concept de parti révolutionnaire ». Pire :  prêts à lancer un OVNI politique. Bref, des hérétiques envisageant de construire un parti avec des militants avec qui nous serions d'accord sur les tâches et l'horizon à atteindre mais qui n'auraient pas encore totalement tranché sur les moyens d'y parvenir.

 Nous nous sommes réjouis quand la Ligue, petit à petit, a cessé de se vivre comme le socle, l'embryon du parti révolutionnaire et s’est interrogée sur son propre dépassement.

 
Nous avons donc adhéré sans restriction à l’aventure qu’a représentée la création du NPA. Au bout d’un an, le résultat espéré – en tout cas, que nous espérions - n’est pas exactement au rendez-vous. 

A cela il y a bien sûr des raisons « objectives », des tendances lourdes de la situation politique qui ne dépendent pas de nous. Mais dont, par ailleurs, l’analyse ne serait pas sans intérêt, ne serait-ce que pour éviter de s’illusionner sur les potentialités et de dire (parfois) des bêtises … Mais il y a aussi - c’est notre conviction - des raisons tout à fait subjectives, qui dépendaient - et qui dépendent encore - parfaitement de nous.

Inquiets - et aussi un peu en colère - nous avons voulu "coucher par écrit"  l'état de notre réflexion après plus d'un an d'existence du NPA. C’est donc sans précautions de formulation : c’est ce que nous pensons, brut de décoffrage. 

 
1 Plus qu’un échec électoral

 Le résultat du premier tour des élections régionales est un authentique échec pour le NPA. Il nous ramène aux scores et, surtout, à la place occupée par la LCR. Et encore : pas dans ses meilleures années !

  Les plaisanteries sur l’abstention et, plus particulièrement, sur l’abstention de « notre électorat populaire et jeune », ne pourront pas longtemps servir d’explication magique. Sans doute, une partie du succès du PS (et de la gauche de gouvernement) lors du premier tour s’explique-t-elle par l’abstention d’électeurs de droite déçus. Mais, justement, cela a une signification politique : l’UMP n’a pas été capable de les convaincre de se déplacer…confirmation faite au second tour. Alors, épargnons nous le ridicule d’une argumentation « parallèle » : plus nous insistons sur l’abstention de « notre » électorat – notion assez peu fondée, par ailleurs – ou sur l’abstention de « l’électorat populaire et jeune » et plus cela ne fait que souligner notre incapacité à le convaincre de voter pour nous ! 

  Il serait plus judicieux de rechercher vraiment les causes de cet échec et notamment celles qui relèvent des erreurs politiques que nous avons faites. D’autant qu’il ne s’agit pas seulement d’un problème électoral et que, plus globalement, sont en cause le brouillage de notre profil politique (et pas seulement en termes d’alliances électorales) et du projet qui a présidé à la création du NPA.

2 Le congrès, succès, dynamique et ambiguïté

Le congrès de fondation du NPA a incontestablement été un succès : aussi bien dans l’absolu, en tant que tel, que rapporté au projet esquissé après les élections présidentielles de 2007 et adopté, un an auparavant, par l’avant-dernier congrès de la LCR. 

 L’une des faiblesses du processus était, on le sait, l’absence de tout autre courant politique un peu significatif prêt à être partie prenante de ce projet, de tout « partenaire » comme on disait avant.  Nous avons pensé – nous pensons toujours – qu’il était juste de passer outre et de « faire » quand même, « par en bas ». A la fois parce que, après les présidentielles de 2007, la Ligue « avait la main » et parce que son projet de force politique nouvelle et/ou de nouvelle représentation politique risquait d’être décrédibilisé si jamais aucun effort n’était fait pour le mettre en œuvre. Et, de fait, outre la présence d’un nombre substantiel de camarades ayant un passé militant - soit politique, soit syndical ou associatif -, la vraie promesse de la fondation du NPA a été d’impliquer une majorité de militant(e)s dont le NPA était la première affiliation partidaire. Caractéristique qui recoupe largement la dimension jeune et « plus populaire que la LCR » des adhésions. Mais autant passer outre l’absence d’élargissement à d’autres courants pouvait être considéré comme un choix à faire, autant transformer ce manque en vertu ne pouvait qu’amener à des errances.
 Naturellement, il y avait des ambiguïtés et/ou des compromis et/ou des divergences sur le contenu exact du projet et la nature précise de ce que nous étions en train de fonder et de construire. Dans les comités pour le NPA. Dans la LCR. Et aussi au sein du groupe de direction de la LCR qui a piloté le processus. En même temps, l’existence de ce cadre de direction, regroupant plusieurs sensibilités – et, donc, assumant une part d’ambiguïté - était absolument indispensable pour tourner la page de la LCR. De plus, comme beaucoup, nous avons pensé raisonnable d’éviter ou de postposer certains débats, tablant sur la dynamique à l’œuvre. Signalons seulement que l’épisode de la discussion sur le nom en plein congrès et le score réalisé par l’option « NPA Révolutionnaire » pointaient déjà les problèmes à venir… 

3 Les Européennes

 Les élections européennes avaient lieu quelques mois après le congrès de fondation du NPA. Autant dire que la campagne électorale commençait – ou aurait du commencer ? – dès le lendemain du congrès… Celui-ci s’étant bien déroulé, un vent d’optimisme, voire d’euphorie, soufflait. Le choix de présentation de listes « NPA seul » (ou, éventuellement, avec les Alternatifs) s’est imposée assez facilement. Compte tenu de l’ambiance (non dénuée d’arrogance) et du calendrier, c’était sans doute en grande partie inévitable. C’était en tout cas la ligne de plus grande pente. D’ailleurs, à l’exception de quelques camarades, aucune voix ne s’est alors vraiment manifestée contre. Cette orientation n’était pas exempte d’une certaine illusion d’optique : plus rien entre le NPA et le PS. Et, en retour, elle contribuait à la théoriser.
 Sans vouloir refaire le match, il est clair que, rétrospectivement, on peut aujourd’hui légitimement s’interroger sur ce sujet et même se demander si, forts de l’impact de notre congrès de fondation (à ce moment-là, c’est nous qui avions la main), ce n’était  pas à nous de faire des propositions unitaires…

 Tout bien pesé à cette interrogation, la réponse est : nous aurions du faire des propositions unitaires. Nous ne sommes pas les seuls à faire ce constat. Dans leur bilan des Régionales - " Un second souffle pour le NPA" (Anne, Catherine, Fred, Guillaume, Ingrid, Myriam D, Coralie, Myriam M, Piere-Francois) - les camarades écrivent "L'an dernier, nous étions dominants dans la gauche radicale et à notre congrès nous n'avons pas réellement porté un projet de rassemblement électoral pour les élections européennes, en tous les cas pas de manière systématique. Nous avons cru passer seuls... Pour autant c'était à nous de produire une perspective de rassemblement pour les Européennes. Et qu'il était possible d'en réunir les conditions à cette échéance. Le PCF aurait sans doute repoussé cette proposition, mais l'essentiel est ailleurs : la défense de l'unité aurait changé de camp. Le paradoxe est que nous avons cherché et discuté de listes unitaires sur une élection de gestion donc plus difficile (les régionales) que les Européennes. Il n'y a pas de retour sur le passé possible, mais méditer sur les dangers de l'ivresse du succès est toujours utile." 

Mais, plus préoccupant encore que d’avoir été à la bataille européenne de façon solitaire, il y a la justification que nous avons donné à cette solitude. Et aussi, accessoirement, le type de campagne politique que nous avons fait. D’abord, nous avons justifié l’impossibilité d’un accord électoral aux élections européennes avec le PCF et le PG (puis le Front de Gauche) au nom… de désaccords à venir sur les élections régionales de l’année suivante et sur la participation aux exécutifs avec le PS. Nous avons ainsi opposé la nécessité de construire une « unité durable »  à la possibilité de faire un premier pas dans cette direction pour une élection où le problème de l’indépendance vis-à-vis du PS se posait peu, voire pas du tout. Résultat : nous n’avons pas convaincu et nos exigences d’indépendance vis-à-vis du PS – un problème pourtant bien réel – sont apparues comme un prétexte (pour ne pas faire de listes communes). 
Ajoutons – on aura l’occasion d’y revenir… - que la campagne du NPA pour les élections européennes a très peu porté sur… les élections européennes. Il est vrai que, parfois et par certains, elle était conçue surtout - sinon exclusivement - comme un haut-parleur pour la préparation du « tous ensemble », de la grève générale, sur fond d’évocation du LKP. Ajoutons-y quelques déclarations intempestives sur le fait que d’éventuels élus anticapitalistes au Parlement européen ne changeraient de toutes façons rien à rien, voire que les élections elles-mêmes - celles-là et  toutes les autres - ne sont au pire qu’une diversion et au mieux qu’un baromètre. Là encore, on n’est plus très loin d’un retour aux plus mauvais réflexes de la LCR, alors que nous pensions que cette page-là avait été résolument tournée dans la dernière décennie d’existence de la Ligue. On peut vraiment féliciter nos électeurs et nos électrices qui se sont quand même déplacés pour mettre dans l’urne un bulletin de vote NPA, alors que le NPA lui-même leur suggérait que cela ne servirait pas à grand chose, la grande affaire étant de préparer les mobilisations sociales !

Les résultats ont été décevants, mais pas catastrophiques. Du coup, le bilan a été esquissé, mais pas vraiment tiré. Et le germe du goût pour l’isolement  n’a pas été traité…

4 La « bataille » des régionales

Cela avait plutôt bien commencé. Tenant compte du bilan des élections européennes – un bilan resté implicite : officiellement, le seul élément d’appréciation critique concédé était que notre politique unitaire avait été « mal comprise »… - le NPA a pris l’initiative d’un cycle de rencontres unitaires dont l’objectif était bien la constitution de listes unitaires pour les régionales. Et, dans un premier temps, cette démarche a été conduite de façon conséquente, même si elle est demeurée une affaire d’état-major sans véritable bataille politique publique en direction des milieux militants. Mais cela n’a pas duré. Avec le résultat que l’on connaît : au niveau national, le  NPA s’est retrouvé seul, isolé. Et c’est le PCF qui a réussi à hégémoniser l’ensemble des partenaires des négociations unitaires, y compris ceux que le NPA avait tenu à associer à ces réunions, tels le PCOF et le FSQ : on a pu constater, à nouveau, les limites de la fameuse « radicalité des quartiers », du moins lorsqu’elle est incarnée par le FSQ !
 Poser la question des exécutifs était justifié. A l’ouverture des négociations unitaires, se battre pour une réponse commune à cette question était également justifié : c’était la condition pour que cette question soit réellement débattue avec et par nos partenaires potentiels. Par contre, en rester là et refuser de « bouger » ne pouvait avoir comme résultat que d’être à nouveau « incompris » et isolés et de rendre service à une direction du PC qui n'en attendait pas tant ! De fait, c’est exactement ce qui s’est passé ! Bien sûr, d’une certaine manière,  le PCF - qui ne voulait absolument pas d’un accord national avec le NPA - avait une position un peu symétrique (et opposée) : pour lui aussi - mais dans l’autre sens ! - la question des exécutifs était une condition pour un accord, une « question de premier tour ». Mais même cette « symétrie » entre la position du PCF et la notre n’est pas apparue comme telle ! Publiquement, il est apparu que c’est le NPA qui avait fait de la question des exécutifs un préalable, que c’est le NPA qui bloquait sur cette question et qui, de plus, ne cherchait aucun allié dans la confrontation avec le PCF, ce qui aurait impliqué, par exemple, de proposer de mettre de côté cette question et de passer à la discussion du programme. 
 A la différence de Convergence et Alternative, nous partageons la conviction que le PCF voulait nous écarter. Rien ne prouve donc que l’approche évoquée plus haut - et défendue lors du CPN de novembre comme de la consultation militante de décembre - aurait pu déboucher sur un accord national. Il n’est même pas sûr que nous aurions pu créer des brèches dans le Front de Gauche ou entre le Front de Gauche et les différents groupes de la gauche alternative, au plan national. Il est même peu probable que nous serions parvenus à de listes unitaires au niveau national. Par contre,  l'exemple de plusieurs régions, à commencer par celles dont on a le plus parlé - Languedoc Roussillon et Limousin - sont bien des exemples que la volonté politique (la nôtre)  peut être payante. En tout état de cause cela aurait pu contribuer à créer de meilleures conditions pour une telle bataille, même tardive, à l’échelon régional. Ce qui, par contre, est sûr c’est que l’entêtement nous privait de toute possibilité d’initiative et, le terme n’est pas grossier, de toute capacité de manœuvre. 

 Notons quand même que là où nous nous sommes présentés seuls, le fait d'avoir "bataillé" pour réaliser l'unité même si celle-ci a échoué  n'a pas été sans effet : en  Franche-Comté nous avons été actifs et offensifs pour rechercher l'unité refusée par le PC. Résultat : 3.2 %. En Lorraine, on a mis un point d'honneur à ne pas rechercher celle-ci, à annoncer haut et fort que de fusion démocratique jamais il n'en serait question.  Bilan des courses : 1.6 %. 

 Ceci étant, en règle générale, il n'y a pas de miracle : quand on est seul et que tous les autres se sont rassemblés, on peut toujours (se) raconter que l'on "a été les plus unitaires" et que "la division, c'est la faute des autres", la crédibilité de ce discours est nulle.

 A l’occasion de cet épisode, des camarades ont longuement argumenté sur le fait qu’en réalité l’impossibilité d’arriver à un accord était logique car inscrite dans la dérive à droite des partis et organisations se revendiquant de l’antilibéralisme à nouveau soumis à la pression du PS dans la perspective du retour de celui-ci aux affaires. Dans un premier temps, cette conviction a conduit à une importante erreur d’analyse et, en conséquence, de pronostic : dans cette appréhension des choses, le PCF devait, dans la majorité des régions, faire bloc dès le premier tour avec le PS afin de sauver ses élus. Entraînant ses partenaires du Front de gauche dans une satellisation vis-à-vis du PS et/ou créant des contradictions en son sein… Comme on le sait, la consultation militante dans le PCF a donné le résultat strictement… inverse ! 

 Cela, tout comme le maintien du cadre unitaire Front de Gauche / NPA en Languedoc – Roussillon même après que le PS ait retiré son soutien à G. Frêche et ait tenté de constituer une liste de gauche ouverte au PCF, tout comme le maintien de la liste FDG / NPA en Limousin au deuxième tour (donc avec l’accord du PCF) à cause de l’exclusive jetée par le PS sur le NPA ne démontre pas une tendance générale à l’émancipation du PCF par rapport au PS. Cela démontre seulement qu’il existait des marges de manœuvres, limitées au niveau national, un peu plus importantes au niveau local. Encore fallait-il le reconnaître et se mettre en situation de les exploiter. Encore fallait-il le vouloir…
 Et, avec le recul, que dire de l'autre pronostic sur les exécutifs régionaux où le Parti de Gauche devait se ruer avec plaisir et gourmandise et... où l'on a vu le Parti de Gauche décliner ce "gâteau". Erreurs multiples qui s'expliquent par la volonté de faire coller le pronostic à l'analyse : il n'y a rien entre le PS et le NPA. Qui peut aujourd'hui continuer à faire sienne cette analyse ? 

 Suite à la consultation des militant(e)s du NPA, le CPN a fort raisonnablement décidé de laisser une certaine marge d’autonomie aux régions pour la conduite de ce qui restait possible en matière de politique unitaire.  Avec quelques réussites… immédiatement dénoncées par certains comme autant de capitulations. Et considérées avec beaucoup de méfiance par d’autres. 

 Sauf en Languedoc - Roussillon où chacun s’accordait à penser que, indépendamment des avis différents sur la conduite des négociations unitaires au niveau national, la nécessité de présenter une vraie alternative de gauche à G. Frèche (soutenu à l’époque par le PS) validait l’accord entre le Front de Gauche et le NPA. Au point que le porte-parole national du NPA participe au meeting unitaire de lancement de la campagne, comme les porte-parole nationaux du PCF et du Parti de Gauche l’ont fait ? Et bien non ! Pas question de valoriser un cas de figure qui se rangeait dans la catégorie des exceptions ! Pas question qu’Olivier soit accueilli  par des encouragements à l’unité ! Pas question qu’il soit présent avec JL Mélenchon et MG Buffet, lesquels devaient ensuite se retrouver aux tribunes d’autres meetings régionaux où Olivier serait absent !  La suite est connue : à l’exception de l’Auvergne (mais l’unité était assez limitée, réduite à Alterekolos), Olivier n’a fait que des meetings « NPA seul », parfois même pour des listes « NPA seul et fier de l’être ». Des meetings dont la taille et le dynamisme ont naturellement été sans comparaison avec Montpellier… Disons-le franchement : outre l’erreur politique que constitue ce refus d’aller à Montpellier, c’est la crainte exprimée sans ambages qu’Olivier soit accueilli aux cris de « Unité ! Unité ! » qui nous a le plus inquiété. Craindre l’unité – et même les pressions unitaires – ça n’est pas notre tradition ni notre culture ! 

 La suite du film - notamment le boycott de la « séance de rattrapage » avec l'absence au meeting de Limoges entre les deux tours – a, hélas, confirmé qu'il s'agissait bien d'un choix politique ! 

 Mais, nous le savons et nous en avons la confirmation a posteriori à la lecture des bilans contradictoires du CE, le point de vue (potentiellement) majoritaire au sein du Comité Exécutif n’était pas celui-là, ni pour Montpellier, ni pour Limoges : encore aurait-il fallu que cela puisse s’exprimer… Cela n’a pas été le cas. 

 Preuve que sur l'ensemble de cette séquence, il y a eu marché de dupes au sein de la direction  : les uns regrettant l'absence d'unité, les autres poussant un soupir de soulagement lorsqu'elle s'éloignait.  

 L’affaire, donc, s’engageait mal. Las ! Le pire était à venir…

5 Cerise sur le gâteau : le voile

 La situation était (objectivement) difficile. Nos choix politiques avaient accru les difficultés. Mais, bon an mal an, le NPA commençait à rentrer en campagne… quand est survenue l’annonce de la présentation d’une femme voilée sur les listes du NPA en PACA. Sans être particulièrement malins ni doués pour les prophéties, on pouvait tout de suite comprendre que le NPA était en train de franchir une nouvelle marche dans sa descente aux enfers. 

 

 Il y a, bien sûr, l’aspect « coup de force » et « politique du fait accompli » de cette opération réalisée au moment même où le NPA annonçait la programmation d’un débat dans ces rangs. Ce déni de démocratie dans le processus de décision est extrêmement choquant. Il enlevait tout fondement et toute légitimité aux appels à être solidaires et à faire bloc. Il pèsera lourd dans la discussion sur le bilan de cette affaire.

  Il y a, ensuite, les conséquences politiques immédiates. Pendant plusieurs semaines d’une campagne électorale par ailleurs assez courte, au plan national, le NPA est devenu inaudible sur tout autre question. Le NPA n’était plus le parti qui défend les transports gratuits, l’interdiction des licenciements ou qui prépare la résistance à l’attaque sur les retraites ; le NPA, c’était le parti qui présente une femme voilée ! Il est évident que cette « affaire du voile » a joué un rôle important la marginalisation électorale et, donc, politique d’un NPA déjà en situation de fragilité.

 Mais, bien sûr, le problème posé n’est pas essentiellement celui des conséquences électorales désastreuses de cet épisode. D’autres symptômes sont autrement inquiétants. A commencer par l’incompréhension autour de nous des militants du mouvement social avec lesquels nous avons l’habitude de travailler, les divisions profondes au sein du NPA et des départs significatifs, en particulier de militantes qui y ont vu - à juste titre, faut-il le préciser – la négation d’années de combats féministes.

 Bien évidemment, un débat de fond, lié à l’identité (en construction) et aux principes du NPA, est nécessaire sur cette question. On peut compter sur nous pour y participer…

 Cela étant, nous ne voudrions pas que ce débat indispensable occulte les autres problèmes soulevés précédemment, ceux qui touchent à la politique unitaire du NPA  mais aussi à son profil politique propre.

6 D’autres bonnes raisons de (ne pas) voter NPA ?

 C’est là un autre élément que nous voudrions aborder, au-delà du positionnement unitaire ou pas du NPA. Les partis qui se présentent aux élections le font avec l’idée de gagner l’élection pour les plus puissants d’entre eux, ou d’avoir des élus pour les plus modestes ou, en tout cas, pour recueillir un maximum de suffrages ce qui assurera, au moins pour partie, leur légitimité. Et nous ? A l’évidence, le premier cas de figure (gagner une élection) n’est pas vraiment d’actualité. Comment avoir des élus dans l’actuel système électoral interfère assez rapidement avec la question des alliances et des coalitions électorales. Il faudra y revenir. Mais intéressons-nous en priorité à l’objectif le plus modeste : recueillir des suffrages. Là encore, la comparaison avec les autres partis – du moins ceux avec lesquels, qu’on le veuille ou non, nous étions en concurrence – est éclairante. Tous, ils cherchent à donner… au moins une bonne raison de voter pour eux. Et ce message (même illusoire) est entendu, à des degrés divers. Là, par exemple, pour le premier tour des élections régionales, les électeurs de gauche qui voulaient sanctionner Sarkozy de la manière a priori la plus massive avaient une bonne raison de voter PS et ils l’ont fait. Ceux qui voulaient pousser les régions dans un sens plus écolo et contribuer à modifier le paysage politique en installant les écologistes comme la deuxième force à gauche (thème développé avec insistance par Cohn-Bendit) avaient une bonne raison de voter Europe Ecologie et ils l’ont fait. Ceux, enfin, qui, voulaient peser à gauche sur le PS et le dispenser de la recherche d’alliance à droite en dépassant le score du Modem avaient une bonne raison de voter pour le Front de gauche et ils l’ont fait. 

 Et le NPA ? Ah, le NPA… Mais oui, au fait, quelle bonne raison de voter pour le NPA ?  Mais si, bien sûr : préparer le « tous ensemble », la bataille pour les retraites, conforter « le parti des luttes » ! On exagère ? Nous avons même entendu et lu des propositions qui visaient à transformer le 14 Mars en référendum sur les retraites, à conditionner fusions « techniques » et/ou « démocratiques » et consignes de vote pour le deuxième tour à un accord sur les retraites. Evidemment, cette ligne d’isolement du NPA - et, en conséquence, les résultats obtenus rendaient purement théorique la discussion sur les fusions ! Mais, on a entendu et lu plus fort encore. Essentiellement du côté de la position B. Mais pas exclusivement…  A savoir que l’important n’était pas le 14 mars (date du premier tour) mais le 23 mars (date de la journée d’action intersyndicale) ! C’est-à-dire, à nouveau, un argument qui est un véritable message subliminal pour dire aux quelques électeurs qui se posaient encore le problème de voter NPA que cela n’avait finalement à peu près aucune importance,  l’essentiel étant de se retrouver ensemble dans la rue le 23 mars ! 

 Bien sûr et heureusement, toute la campagne du NPA n’a pas eu partout ce profil. Dans de nombreuses régions et départements, les militant(e)s du NPA, les têtes de liste ont mené une vraie campagne régionale, défendant des propositions en rapport avec les régions et résultant d’un sérieux travail d’élaboration régionale, expliquant longuement à quoi serviraient des conseillers régionaux anticapitalistes, quelles mesures ils/elles pourraient proposer, quels débats ils/elles pourraient impulser, etc…

 Il n’en reste pas moins que cette approche a été peu popularisée. Que, pour illustrer sa conception du mandat, notre principal porte-parole présente à l’occasion d’éventuels élus anticapitalistes comme des « délégués du personnel » de la population n’est pas en soi un problème. Sauf lorsque c’est systématique. Sauf lorsque cela tient lieu de toute réflexion du NPA sur les institutions et la place que peuvent y prendre (ou non) les anticapitalistes. Sauf lorsque cela laisse à nouveau entendre que, pour les anticapitalistes, avoir des élus n’est pas très important et constituerait juste un encouragement pour continuer à faire ce que nous ferions de toute façon. On exagère à nouveau ? Malheureusement non : c’est très exactement ce qui a été dit lors du meeting Ile-de-France quand, après avoir évoqué toutes les luttes et tous les thèmes de notre campagne (refus de payer la crise, lutte contre le racisme, soutien aux sans papiers, mobilisations contre le changement climatique, etc…), Olivier a ajouté : « cette campagne, nous l’aurions faite de toute façon, même sans campagne électorale ». A ceci près que, précisément, nous étions… en campagne électorale !

 Pour résumer ce qui précède : d’une logique d’isolement à une incapacité à motiver les électeurs à voter pour nous en passant par le repoussoir de suffrages qu’a constituée la présentation d’une femme voilée, nous avons assez méthodiquement accumulé les bonnes raisons de ne pas voter NPA.

  Au-delà de ces péripéties électorales – mais, quand même : lorsque nous avons fait le NPA, nos ambitions ne se limitaient pas à faire juste un peu mieux que LO… - cela interroge le projet du NPA.

7  Ouverture : oui, mais… à qui?

 Dans le projet du NPA, il y avait aussi un profil général visant, sans faire de concessions sur le fond radical, à se détacher de l’image « petit groupe d’extrême gauche ». Et la promesse de poursuivre un travail de synthèse politique ou de rapprochements politiques avec d’autres sensibilités et courants existant préalablement à la création du NPA, puisque cela n’avait pas été possible au moment de la création du NPA. 

  De ce point de vue… comment dire les choses ? Essayons la sobriété : le résultat n’est pas ce que nous souhaitions et ce que nous attendions. 
 Pire : nous ne pouvons nous empêcher de penser que le résultat obtenu est - au moins en partie - le produit logique des efforts faits. De ce qui a été fait en direction de certains (appartenant à la « galaxie trotskiste »). Comme de ce qui aurait pu être fait (en direction des Alternatifs et des antilibéraux, par exemple) et qui ne l’a pas été ! Peut-être avons-nous été naïfs – ce qui n’est pas trop notre genre – mais, pour nous, l’objectif du dépassement de la LCR n’était pas de nous séparer des camarades qui ont constitué la Gauche Unitaire – même si, concernant certains d’entre eux, nous n’avons ni complaisance ni regrets excessifs, mais ils étaient, avec leurs qualités et leurs défauts, une part de notre histoire – pour nous ouvrir… à des courants aussi novateurs et prometteurs que la Gauche Révolutionnaire et la Fraction L’Etincelle – « fraction de Lutte Ouvrière », comme il leur arrive encore de le spécifier … Sans parler du CRI, aujourd’hui reconverti en tendance CLAIRE… 

Franchement, c’était ça le projet d’un parti « nouveau » mais se revendiquant des « meilleures traditions du mouvement ouvrier » ?

 Reprenons. Plusieurs petites organisations à fortes déformations sectaires ont été sensibles au fait que la démarche de fondation du NPA rencontrait quelques succès. Elles se sont donc intéressées à l’affaire. Soit pour déformer ce projet afin de l’adapter à leurs propres projets de construction, qu’elles étaient incapables de mettre en œuvre par elles-mêmes. Soit, plus vulgairement, pour « faire leur marché » ! Quelque part, c’est la rançon du succès ou encore l’hommage du vice à la vertu… C’était largement inévitable et n’a donc rien d’étonnant. Mais, par contre, ce qui est étonnant, c’est la façon dont ces questions ont été traitées, dans un premier temps par la direction de la LCR (ou par certains dans la direction de la LCR) puis, dans un second temps, par la direction du NPA. 

 Au cours des mois qui ont précédé la fondation du NPA (et encore après ?), combien de réunions, combien d’heures de réunions, combien de responsables de la LCR mobilisés pour débattre avec la Fraction de Lutte Ouvrière ? Avec le résultat que l’on connaît ! Une Fraction ayant le « statut d’observateur » avec presque tous les droits sans aucun des devoirs ; le maintien de tracts d’entreprise spécifiques ;  une gestion des « contacts » pour le moins déséquilibrée (en gros : les contacts de la Fraction sont gérés par la Fraction, les contacts du NPA sont gérés par le NPA… et la Fraction !) ; un appel à voter indifféremment pour le NPA ou pour LO lors des élections Européennes. Et, de CPN en consultation militante, une permanente leçon d’intransigeance révolutionnaire et prolétarienne adressée à la direction du NPA et, plus généralement, au NPA lui-même.

 Caricature des caricatures, la (non) gestion du CRI et de la tendance CLAIRE. On ne peut pourtant pas leur reprocher de ne pas avoir - depuis le début… - dit et écrit tout le mal qu’ils pensaient de nous et de notre projet ! Etait-ce si difficile de leur dire, avant la fondation, que de telles appréciations et de tels projets étaient incompatibles avec ce que nous voulions faire ? 

D’un côté, une extrême intransigeance lorsqu’il s’agit de la gauche critique et/ou antilibérale, voire de certains secteurs du mouvement social apparemment jamais assez radicaux à nos yeux. De l’autre côté, une extrême indulgence vis-à-vis de groupes sectaires pour peu qu’ils puissent brandir une improbable référence au trotskisme. Bien sûr, cette approche n’est pas généralisée et elle ne détermine pas le profil général du NPA. Mais qui pourrait affirmer que, pour autant, elle est sans effet ni conséquence ? Disons, pour faire soft, que tout cela est révélateur du fait que le centre de gravité du NPA, de ses préoccupations et de ses débats, n’est pas toujours là où il devrait être…

8 D’autres questions qu’il faudrait prendre à bras le corps

 Les signataires de ce texte n’ont pas seulement un (lourd) passé de militant(e)s politiques au sein de la gauche révolutionnaire. Nous avons aussi été actifs dans le mouvement social, notamment dans le mouvement syndical où nous avons, des années durant, occupé des fonctions de responsabilité. Comme pas mal d’autres camarades de l’ex LCR.

  Ces expériences donnaient lieu  - non sans difficultés – à des échanges et confrontations nourrissant une réflexion approfondie sur le mouvement social, l’évolution des rapports de forces, les projets syndicaux à l’œuvre, la possibilité pour les militant(e)s « lutte de classe » de peser, etc. Cela traduisait et, en retour, nourrissait des rapports de travail et de convergences avec une couche significative de militant(e)s syndicaux et du mouvement social. Cela a constitué une des principales richesses de la Ligue et, à notre avis, n’a pas peu contribué à ce que, dans les années difficiles de reflux politique et idéologique, elle tienne et garde le cap de la radicalité… sans devenir une secte. 

Nous ne sommes pas pour autant atteints par le syndrome du « c’était mieux à notre époque ». Nous ne voulons pas non plus être désagréables avec les animateurs de « l’intervention sur les lieux de travail ». Mais, pour le dire franchement, nous avons l’impression d’une certaine régression aussi bien dans les analyses de plus en plus frustres que dans les discours de plus en plus stéréotypés et incantatoires. 

 Cela renvoie sans doute en partie aux difficultés du mouvement social lui-même, à ses limites voire à ses régressions. Mais cela reflète aussi les rapports que nous entretenons - ou que nous n’entretenons plus  - avec cette couche de militants syndicaux radicaux qui doit bien continuer à exister, fusse dans des conditions plus difficiles.

   Quand avons-nous pu débattre de la situation du mouvement syndical, de ses contradictions, des projets à l’œuvre, de l’existence ou non de courants qui s’y opposent ? Et même en ce qui concerne la tactique des luttes, quand et où ont eu lieu les débats ? Non sur l’idée « du tous ensemble » et de la généralisation des luttes… mais sur « comment on y arrive ? », quels pas concrets sont possibles ?  A moins bien sûr de penser que la dénonciation rituelle, systématique et globale des « appareils » tient lieu à la fois d’analyse, d’orientation… et, surtout, d’argument de recrutement pour le Parti.

 Passons sur les quelques échanges concernant les revendications qui ont eu lieu au CPN ou sur la liste de discussion du CPN. Par exemple, à propos de l’interdiction des licenciements : faut-il se priver de convaincre en ajoutant « à commencer dans les entreprises qui font des profits » ?  Les 1500 euros… y compris pour les chômeurs et les jeunes en formation,  est-ce bien la première approche la plus convaincante ? A l’évidence, toute demande de hiérarchisation de nos revendications ou d’efforts pédagogiques pour les présenter est considérée comme une adaptation "aux appareils", un glissement réformiste, voire le début de la capitulation… 

 Mais interrogeons-nous sur la fameuse « campagne emploi ». Qu’un parti politique, anticapitaliste pour ce qui nous occupe, réfléchisse et donne un point de vue, élabore des arguments, fasse des propositions sur des « questions sociales », pourquoi pas ? Mais ça ne fait pas pour autant une campagne, même en « gelant » chaque semaine une page de l’hebdo. Une campagne, c’est des objectifs, des rythmes, des échéances. Et, évidemment, des cadres unitaires… Sinon, ce n’est pas une campagne… mais, tout au plus, une opération de propagande. Il serait raisonnable d’opérer un retour critique à ce sujet, au moment d’aborder la mobilisation « retraites » et d’éviter de passer, sans bilan, de la « campagne emploi » à la « campagne retraites »… 

 Pire : il nous semble qu’il y a, en arrière-fond, une conception qui n’était pas la nôtre. A savoir qu’en réalité l’ensemble du mouvement syndical dérivant uniformément à droite il n’y a rien à en attendre ; nous sommes les seuls à maintenir la flamme de la résistance ; notre seule cible sont les « travailleurs » du rang, éventuellement les syndiqués de base ; la question de convergences ou d’alliances ne se pose plus. Et, finalement, le seul instrument pour les luttes et la convergence des luttes, c’est le… « parti des luttes », c’est-à-dire nous-mêmes. Et pour en convaincre, rien ne vaut l’expérience « exemplaire », même minoritaire – normal, puisque les « appareils »… - impulsée par le parti. Autre version, pas forcément contradictoire, pour ceux qui pensent qu’il y a quand même encore une petite place pour l’intervention syndicale : la demande récurrente de remettre sur pied des fractions syndicales et la discipline qui va avec…

 Entendons-nous bien. La LCR, en son temps, avait su entretenir, au-delà de sa stricte périphérie, des rapports privilégiés et de confiance avec un « réseau d’animateurs du mouvement social » ce qui permettait ensuite d’intervenir et de peser effectivement dans les mobilisations et pas seulement de commenter ou de dénoncer les méfaits bureaucratiques. Mais nous avions été incapables de franchir un pas de plus et, sauf à la marge, de convaincre ces animateurs du mouvement social de s’engager sur le champ proprement politique, celui de la construction d’une force anticapitaliste. Il n’y a donc pas de réponses simples. Mais il faudrait mieux éviter d’en conclure en pratique que puisque nous n’avons pas de réponses, c’est donc qu’il n’y a pas de questions…
 De cela aussi il faudrait pouvoir discuter. Parce que la pratique actuelle, pas forcément théorisée ni même débattue, contribue dans un autre domaine que le domaine électoral à cultiver l’image d’un parti isolé et substitutiste.
9  En guise de conclusion... provisoire, comme il se doit.

 Au-delà de nos erreurs politiques, les élections régionales montrent un regain de crédibilité (sans doute sans trop d’illusions pour certains) de la gauche gouvernementale et, à des degrés divers, de l’ensemble de ses organisations. Cela, objectivement, aurait rendu les choses plus difficiles pour nous. Nos récents échecs aggravent encore cette situation.

  Mais la question qui nous est maintenant posée est de savoir si nous cherchons à nouveau les moyens de peser, de nous confronter, si nous essayons de prendre en compte et d’utiliser - mais sans y succomber… – le sentiment de tous ceux qui nous imaginent de fait en aiguillon (de la gauche), si nous tentons à nouveau de proposer une alternative globale. Ou si, au contraire, nous prenons de front cette aspiration au changement et si du retour en force des perspectives de « gauche plurielle » nous tirons la conclusion que nous sommes désormais bien seuls, mais que cela au moins clarifie les choses…

 Nous avons la conviction qu'au-delà des positions des uns et des autres, nous sommes beaucoup à partager une grille d'analyse voisine, qui n'épuise pas les débats entre nous, et une conception commune de ce que doit être le NPA.

 Mais, en même temps, il y a péril en la demeure. Il n’y a pas d’autres solutions que de mener le débat politique à fond, sans autocensure.

 
 La question posée est simple… même si la réponse ne l’est pas forcément.
 Ou bien la perspective est de construire au pire une sorte de LO à visage humain (cette tentation a déjà existé dans le passé de la LCR) et au mieux une sorte de LCR relookée (mais sans doute pas avec tout ce que fut la LCR). 

 Ou bien on renoue avec le projet du NPA dans sa version la plus ouverte, la plus unitaire et la plus novatrice. 

 

Vos commentaires

1 Le Jeudi 29 Avril 2010 à 11:49 GMT+2, par Didier

Loin des débats quotidiens, mais toujours avec vous sur la nécessaire contruction d'une véritable alternative unitaire et démocratique à vocation majoritaire
cordialement
j'anime un blog entreleslignesentrelesmot...
j'attends vos commentaires
didier

2 Le Lundi 3 Mai 2010 à 13:51 GMT+2, par le bris rene

Tout à fait OK avec cette analyse ! En basse-Normandie, nous n'avons pas su faire l'unité avec l'ANPAG qui s'est transformée en appendice de la Fase ! expérience concrète. Nous confondons trop souvent une présentation sans ambiguïté de nos positions et une logique unitaire qui ne nous prive pas d'émettre des réserves éventuellement ! oui si le NPA ne rompt pas avec le gauchisme, il ne grandira pas ! et cela sans aller à 'l'opportunisme de la gauche unitaire essentiellement animée par des intellectuels ! reprenons les principes lénistes, ni opportunisme, ni gauchisme ! René !

3 Le Jeudi 13 Mai 2010 à 12:21 GMT+2, par bernard jean-françois

1983 négociations entre le mouvement culturel, les écolos, LO, la LCR et les alternatifs pour les élections municipales à Strasbourg.
Résultat: 3 listes
Présidentielles: des réunions de l'espoir pour une candidature unique, sans la LCR: combien de candidats et de divisions ? No comment.
Je passe sur les européennes. Régionales: des discussions à n'en plus finir, des listes unitaires à géométrie variable (sans le NPA le plus souvent) et des laissés de côté.
Basse Normandie: accord entre le PG et le NPA, qui laisse de côté des mouvements alternatifs, dont la FASE.
Accord au rabais: je ne suis pas allé voter, comme d'autres résultat: 4,99 % - voilà comment on se "plante".
Campagne électorale pour les régionales sur Caen: quelques jours avant le scrutin, affiches du NPA, seul, s'annonçant comme le parti unitaire (ce qui m'a fait beaucoup sourire), oubliant qu'il était à ce moment là en campagne avec le PG. Chacun peut apprécié l'élégance du procédé.
Réunion à Caen avec C Autain en présence des forces de gauche. Intervention d'un membre (jeune) du NPA, avec un discours idéologique sur la réalité révolutionnaire des autres composantes présentes: je me serais cru en 83 à Strasbourg. En 16 ans, la LCR a changé de nom. Et après ? Rien ! trois élections, trois échecs unitaires en grande partie imputables au positionnement du NPA: Le NPA, en ce qui me concerne, a montré qu'il était au mieux négligeable dans le processus unitaire, au pire (ou au mieux) hors jeu.
J.F.B.

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