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Le lac est sombre

 

Le Lac est sombre

lac
 

Le lac est sombre ce soir comme bronze et huile.

J’ai mis la lune dans un sac ; les étoiles filent.

Du filet dans la barque je retire l’écrevisse

Odeur de vase, le filet gluant des mains glisse.

 

Libre la truite sous l’eau luit.  Elle tourne et nage.

De virage en vertige mon cœur fait-il naufrage ?

Du sac le lien je serre car la lune frétille.

Si les étoiles s’en mêlent, je les donne aux anguilles !!

 

Mes gestes mesurés calment le clapotis :

Regard fier alentour me donne grand appétit.

Cette puissance extrême : le cosmos je contrôle.

Sous ses aspects de mort, le paysage est drôle.

J’allume le réchaud : l’écrevisse va rougir.

Le monde est à mes pieds ; c’est Moi qui vais agir !

 

Mais de mon ventre une étincelle soudain sort.

Surprenant : le destin n’est plus de mon ressort !

Le lac prend feu.  Le sac de lune tout contre moi

J’étreins je serre… Stupeur de retour est l’émoi.

 

La barque en bois ne sait si elle doit s’enflammer.

Rouges comme des yeux, les étoiles veulent réclamer

La paix.  Lentement la brise se met à souffler.

L’univers révolté et dans l’eau mon reflet.

lac

 

                                        Veronika le 15/10/2007

  

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Jetée

 

Jetée

 

ile bretonne

Vestige inattendu d’un archipel ancien,

Fil perdu entouré du récit cordial mien,

Conversations noyées, surface huile et plomb.

Ile a fond, cherche en vain la verticalité.

 

Salé l’océan s’alarme…  les corps alités !

Douce main posée n’apaise les sanglots longs

Que violon tant sut porter : notes encrées.

Dans leur sillon de bave les cargos amarrés

Lèvent l’ancre qui dans chaque corps s’enfonçait,

Tirent la chaîne pour ailleurs aller s’échouer.

D’une fausse indifférence, miment de jouer

En chemin, refusant une fin annoncée.

 

Dans l’abysse, la ligne de sang des mots dessine

Qu’éclairent les cinq branches de l’étoile de mer.

Incandescent, l’indécent message fascine :

« Je t’adore Ange Bleu sous l’île bretonne amère. »

 

                            Veronika le 30/09/2007

 

 

 

 

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L'Assassinat

 

L’assassinat

 

 

 

 

Vague bleue amertume ;

Demain encore porte la haine.

 

La force vive, du fond des mers,

Somnole au soleil,

Prête à surprendre :

 

Un air paisible et l’eau limpide,

La chaleur douce

Pour mieux tromper…

 

Aiguille en main,

Le fiel transperce.

Le flan raidit.

Il se fait fade.

 

Vieille fripouille !

 

De trois radis

On la dépouille.

 

Vague rose morose ;

Vagues regrets comme seul hommage.

Car il n’était pas sage,

Il n’était pas d’un grand courage.

 

          Veronika le 10/09/2007

 

 

 

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Elise

Elise

maison qui chavire

 

 

-1-

Le cœur aux quatre vents,

La petite souris entre par une porte,

Sort par l'autre ;

Dedans on voit le ciel comme au dehors.

 

Le cœur aux quatre vents,

Les tuiles sont envolées.

 

Le passé encore toiture

Et le soleil n'assèche la fissure !

 

-2-

Le sol est mou,

On s'enfonce on s'enlise ;

Elise viens !

Le sol est fou

Ronds de sorcière

De solstices en prières

 

Elise ma promise,

Il faut que je te dise

En ton corsage je réside

En ton Corfou j'habite

Ta couronne est en feu

Solstice je tais.

 

-3-

Le sol est saoul

Mon mas chavire

 

Elise Elise me serre le cou

Le coup

De foudre et c'est la fin,

Fin détroit

Faim de toi.

 

                             Akinorev le 03 07 2007 

 

                 

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