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Elodie-1- la montagne

Elodie-1-

 

 

   Le chemin de pierre est à peine visible et si Elodie s’en éloigne, elle sera perdue, c’est certain !!  Dans le ciel, la nuit sans lune n’offre que du noir à regarder.  A droite la pente d’herbe humide, à gauche le précipice.  Le cap est dur à tenir.  Elodie maudit la semelle épaisse qui l’isole des détails du terrain, alors que précisément, cette solide semelle caoutchouteuse avait fait la différence au moment de son choix.

 

   Se recroqueviller sur le sol inhospitalier en adoptant la position du fœtus ??  Cela pourrait-il être considéré comme une décision ? Et pourrait-on, toute la nuit transcender le désagrément du froid ? Des cailloux qui rentrent dans l’échine ?  Feindre la mort pour laisser l’esprit s’évader vers un imaginaire palpitant ?  Nier le ressenti du corps pour mieux s’en détacher ? Faire à la douleur l’affront du plaisir afin d’entraîner une part de son corps dans sa vie intérieure…

 

   De façon tout à fait dérisoire, Elodie ferme les yeux.  Elle voit alors une plaine verte et sereine, illuminée par un soleil candide.  La douce chaleur se fait ressentir.  Le pied un instant dans le vide, elle rectifie rapidement le cap sans spolier le merveilleux qui est en elle : la séparation réalité obscure/intérieur illuminé opère encore.

 

   Peut-on se satisfaire de cette dichotomie au détriment du partage de soi avec la réalité ? Continuer à accepter ce clivage pose des  problèmes de logique notoires.  Le plus évident est : « Si la réalité doit être considérée comme secondaire, pourquoi l’imaginé ressemble-t-il à une réalité améliorée ? »  Si une vie parallèle, coupée de ce monde devait pouvoir satisfaire Elodie, comment pourrait-on expliquer qu’elle ne soit pas en train de se vivre dans l’antimatière ou bien de créer l’intemporel ?  Le fait même qu’elle s’évade dans une plaine qui existe peut être à quelques milliers de kilomètres de là seulement est bien la démonstration de sa relation symbiotique au réel. De plus, Elodie, dans « sa » plaine n’agit pas (ou pas encore).  Au moins dans l’obscurité grandissante, elle marche.  Cela ne prouve-t-il pas que sa présence y est plus forte?  On pourrait aussi s’interroger sur la capacité de la conscience parallèle à continuer d’exister dans la plaine si on laissait le corps et sa conscience définitivement à leur sort dans la situation infernale.  Cela ne montre-t-il pas que la présence virtuelle dans la plaine, plus qu’une vie parallèle détachée de cet ici et maintenant est en fait une compensation dont la manifestation même est une réplique à la situation présente ?  Ah ! Malheur !  Mais alors comment peut-on s’imaginer que la plaine est une autre vie ?  Ainsi il en va de l’utopie : elle n’a de contours qu’en réplique au monde qui est à transformer !

 

   Pauvre la plaine ! Comment changer ce réel imaginé pour qu’il ne soit plus esclave du réel aliénant ??  Comment imaginer demain si on ne peut le concevoir que dans sa relation dialectique à l’aujourd’hui ?  Il s’agit de prendre possession d’un environnement obscur pour le refaçonner à son avantage.  Fermer les yeux en marchant n’est pas une attitude d’une nature bien différente que de se coucher dans la posture du fœtus !  Quels sont les choix ?

 

Tourner à gauche.  Plonger dans le précipice.  Est-ce là un choix ?  Que la conscience d’Elodie quitte cette obscurité ne changera pas la réalité de la situation.  C’est une fuite stérile.  Il s’agit ici de créer une méthode utile à l’Humanité.  Une avancée.  Sauter n’en n’est pas une.  Tel est l’humain : seul dans la montagne hostile, il n’en demeure pas moins présomptueux quant à son importance intercosmique.  Dans les quatre mètres carrés de sa cellule comme au milieu de l’Annapurna, sa conscience dépasse les frontières de son environnement.  C’est là toute sa puissance.

 

Tourner à droite et quitter le chemin permettrait de se perdre assurément.  D’ailleurs, quel choix vraiment si on ne peut quitter le chemin devant soi ??  Le suivre jusqu’à ce qu’il se grène pour faire le choix d’une branche ou de l’autre ?  Faire demi-tour ?  Rien ne parait plus enivrant que de quitter les sentiers battus !

 

Voilà que l’aventure commence vraiment : ce n’est pas en suivant son destin aveugle qu’Elodie va satisfaire ce désir construit de générer une dynamique de changement.  Sans réfuter le réflexe premier que de se projeter dans une plaine accueillante, le cheminement de ses pensées la conduit hors des chemins.  L’aventure est dans la désobéissance.  Un refus du réel plus objectif que le réel.  Oui, le réel est-il objectif ?  La mondialisation du capital, cette « fatalité » des temps modernes, est-elle incontournable par exemple ?

 

La désobéissance, joie première.  Le caoutchouc s’enfonce légèrement dans l’herbe gorgée d’eau de la pente dégoulinante.  La sensation a sa part de volupté.  Désir de se scotcher au sol ruisselant et de laisser cette eau fraîche pénétrer dans la bouche, dans les habits.  Le paysage invisible prend forme. Elodie ressent son premier bonheur solitaire.

 

« Elle ressent son premier bonheur solitaire. »  Cela a-t-il un sens ?  Dans le contexte ?  Sa décision constitue un dépassement de soi.  Cet acte dépasse donc sa personne.  Son bonheur est donc tout le contraire de solitaire.  Il est tout ce qu’il y a de plus partagé avec le reste de l’humanité.  Peut-on dire d’une exaltation liée à la prise de conscience que de devoir se réaliser qu’elle est solitaire ?  C'est-à-dire, pour qui et en vertu de quoi se réaliser est-il un devoir ?  On ne se réalise pas pour soi-même (il serait tellement plus facile de faire le pas dans le vide).  En fait le bonheur d’Elodie est tout sauf solitaire.  Il est comme un hommage à l’humain dont elle n’est qu’un représentant choisi au hasard.  N’est-ce pas l’humain en elle qui a pris cette décision ?  Sa décision appartient donc à l’humanité avant tout.

 

L’interprétation au départ erronée de son ressenti amène Elodie, par le biais de la réflexion, à un sentiment inattendu et novateur.  Le fait de ne plus se considérer comme un individu mais comme un bout de l’humanité.  Une partie sécable dont le vécu ne prend pleinement son sens que lorsque la pièce retrouve sa place dans l’ensemble. Le sentiment est étrange.  Où est la faille ?  Ah oui, ma foi : comment peut-on insérer le vécu d’Elodie dans le contexte large de la marche en avant de l’humanité si Elodie est seule dans la montagne et ne partage ce qu’elle ressent avec personne.  Pourtant, c’est justement le fait d’appréhender le retentissement de sa découverte sur elle-même pour son espèce qui la sort du sentiment de solitude.  Il est évident que, pour que sa découverte prenne du sens et pour que le ressenti qui est le sien prenne de la légitimité, il lui faut l’expliquer aux autres.

 

Hors des chemins, Elodie gravit la pente.  Elle n’est pas perdue.  Elle cherche une méthode pour que sa découverte puisse être partagée.  Oui, un instant le doute s’empare d’Elodie.  Sa volonté première est d’influencer la réalité (pour que plaine verte et montagne sombre se rapprochent).  Mais son raisonnement rigoureux l’a menée à un ressenti totalement décalé.  Par rapport à la réalité objective de son impuissance.  Dans l’instant présent et à ce stade de son parcours Elodie n’est rien et tout à la fois.  Elle est seule et elle est l’humanité toute entière.  Voilà une nouvelle prise de conscience : l’importance « intercosmique » de l’humanité n’a pas plus de légitimité que celle d’Elodie par rapport au reste des vivants.  La solitude d’Elodie, c’est la solitude de l’humanité.  Ce n’est pas la sienne.  Voilà.  Elodie a réussi cette pirouette : se déposséder de ce qui lui fait mal.  Sa douleur n’est plus sa douleur.  C’est la douleur de l’autre ; ou plutôt c’est la douleur de tous.

Veronika les 17, 18, 19/10/2007

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Elodie-2- La rencontre

Elodie -2-

 

 

Talons aiguille et tailleur bien ajusté.  Le soutien gorge qu’elle a choisi volontairement trop petit lui mâche un peu les seins. Jamais Elodie n’aurait pensé son corps aussi sexy.  La nonchalance de sa démarche lui donne des sensations dans les jambes.  Cela vient naturellement en réponse à son habillement.  Quelque chose de fou.  Une rupture totale d’avec sa propre personne.  Elodie et sa gravité sincère, son engagement à tout grain, son quotidien sain et sportif qui se satisfait d’un vieux caleçon et d’une paire de chaussures de montagne.  Elodie qui sauve le monde et résout des problèmes d’une grande complexité, qui regarde le monde de haut, tout en voulant le sauver (pour qu’il soit à la hauteur de sa propre noblesse…)

 

Elodie dans la peau d’une autre.  C’est un peu comme si elle tombait amoureuse de cette femme nouvelle.  La découvrir semble infiniment enivrant.  La satisfaire une tâche qui prévaut sur toutes les autres.  Son regard sur elle-même est devenu celui de son amant.  Son amant qui n’a d’intérêt de sa personne qu’au travers du désir sexuel qui l’entraîne vers lui, en réponse à l’insistant désir qui est le sien.  Elodie se désire.  C’est une expérience nouvelle et d’autant plus surprenante qu’elle n’a pas de projet par rapport à ce vécu, elle qui ne conçoit d’ordinaire ce qui lui arrive que comme une pièce du grand ensemble cohérent qu’est sa venue en ce bas monde.  Sa modestie s’en trouve accrue.  Son sens ludique rime avec lubrique.  Elle passe devant les magasins et ne voit que son reflet dans les vitres.  Un jour prochain, il sera là à nouveau dans un lit et il fera bon la saveur de l’amour chaud.

 

Mais qu’est-ce qui fait que cette femme qui subjugue Elodie est bien Elodie ?  Elodie c’est pourtant celle qui pose ce genre de questions d’ordinaire.  Elodie devrait donc essentiellement être ce regard doté d’une conscience.  Pourtant, celle qu’Elodie regarde dans les vitres, c’est elle qui est matérielle.  C’est elle qui marche.  A-t-elle aussi les pensées d’Elodie ?  Et comment faire pour entrer en relation avec elle ?  Va-t-elle faire un caprice ??  Se mettre à hurler ou soudain se dévêtir pour courir nue dans la ville ?  Une chose semble plausible selon les possibles qui s’offrent aux raisonnements d’Elodie : Ce corps et sa conscience pourraient être ceux d’Elodie dans la plaine verte.  Une femme surréelle qui devrait permettre à Elodie d’agir dans le monde imaginé.

 

Suivons ce raisonnement jusqu’au bout pour voir s’il tient la route.  La merveilleuse possibilité d’agir dans le monde à construire qu’offre cette présence nouvelle motive Elodie pour continuer jusqu’à l’extrême la tentative qui va devenir sa nouvelle obsession : entrer en communication avec cet être totalement inattendu.

 

Il s’agit, avant de s’engouffrer dans cette aventure dont on ne tient pas les rênes, de s’assurer que les conséquences n’en seront pas catastrophiques ni que la quête sera nécessairement veine, vide.  Il s’agit donc de recentrer cette nouvelle démarche, qui relève d’une méthode pour générer du neuf, par rapport à l’unique objectif au cœur de la vie d’Elodie : faire progresser l’humanité (l’émancipation étant le noyau dur de cet objectif).  Un programme ambitieux ?  Certes non.  Ce devrait être l’objectif unique de chacun de ceux qui ont dépassé le stade que de penser que leur existence propre a un but pour y substituer l’intérêt de tous.  (Le ressenti de l’humanité au-dedans de soi est source de sérénité et de bonheur constants pour Elodie.)

 

Une conséquence catastrophique ?  Certes, aller ainsi à la recherche d’un soi dont son propre regard s’étonne peut pour le psychologue relever de la schizophrénie.  Ah ! Comme la science du psychologue est pauvre !! Formater l’individu pour qu’il s’adapte à une société qui ignore les possibilités de l’être humain en matière de dépassement de soi.  Lui asséner sa petitesse en le restreignant à son vécu et ce surtout celui au sein de la famille dont le hasard l’a doté.  Elodie qui manie les concepts avec une assurance sans nom ne se sent nullement menacée par la schizophrénie.  Elle part plutôt du principe que la société est malade.  Non.  Ce ne serait pas là la conséquence catastrophique de sa démarche.  Mais il est toujours temps de modifier la direction de ses futures actions si le raisonnement préalable la met trop fortement en garde.  Sur soi la puissance doit demeurer tyrannique.  La tyrannie de la raison sur le laisser aller…  Est-ce un choix ??  Un obligé de sa nature profonde ??  Et cette Elodie mystérieuse n’est-elle pas seulement tout ce que la stupidité peut générer de comportement primaire ??

 

Justement.  Le comportement primaire.  Comment lui donner un statut ?  L’être nouveau, s’il tue l’être primaire, ne sera pas un être total.  A plus forte raison il faut donc aller vers cette femme du désir pour construire l’humain en harmonie avec toutes les facettes de ses possibles.  Sans les hiérarchiser comme le vocabulaire existant incite à le faire (étant donné le caractère négatif du mot « primaire » ).

 

Incapable d’imaginer des conséquences catastrophiques autres que d’éventuels dégâts d’ordre psychiatrique qu’Elodie balaye d’un revers de main dédaigneux ni de pouvoir trancher de si le quête sera veine et vide avant que de n’avoir essayé, Elodie décide de partir à l’aventure de cette rencontre.  Dans sa chambre elle se vêtit du pantalon de rando encore troué après la promenade initiatique du mois dernier et des chaussures de montagne aux semelles épaisses.  Elle se recroqueville sur le côté dans son lit, éteint la lumière, ferme les yeux et prononce ces paroles à haute voix :

« Elodie qui es-tu ? »

La plaine verte s’illumine du soleil du matin. Elle est là, souliers de satin et robe en soie.  Elle lève la tête et rencontre Elodie dans les yeux.  Sur le drap, une larme tombe en faisant « flop ! ». 

Veronika  les 20,  21, 22/10/07

 

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Elodie -3- Les fleurs

 Elodie -3-

Les fleurs

Comme toujours au réveil, Elodie déteste celle qu'elle était en s'endormant.  Dehors Toulouse sourit de sa bouche rose.  Les camions des éboueurs sont gais et les escalators du métro accueillent déjà aucun travailleur encore en chemin.  Deux trois cadavres dans le canal: un matin ordinaire.  Tout va bien.  Elodie a grand appétit de vivre.  Etonnée de son accoutrement inadéquat, elle prend un bain tiède pour ensuite se couvrir le corps de dentelles.  Jupe courte et souliers vernis.  Quelques hésitations dans le choix du rouge à lèvre et du parfum.  Violette ce sera puisque Toulouse sent bon.

Elodie regarde à gauche et pense au bleu sombre de la Méditerranée; à droite: l'Atlantique verdâtre.  Son regard se perd droit devant... Elle ressent au ventre le premier désagrément de la journée.  Le thé de Russie rattrape l'affaire.  La voilà fin prête pour son job du matin.

Geste élégant, gant de dentelle, elle tourne la clé, pousse la grille.  Les fleurs sentent bon et cela l'excite.  Dommage, le patron est homosexuel.  Elle tire quelques pétales desséchés et place les seaux remplis de bouquets de roses sur le trottoir.  Un rapide coup d'œil alentour.  La rue est vide.  Pas un client en vue.  Du temps pour créer associations de fleurs et décorations attractives.  Les étiquettes manuscrites indiquent des prix savamment calculés.

Tôt le matin, la boutique vide est son univers.  Quelques insectes sortent d'une orchidée.  L'abdomen est vert brillant.  Ils sont d'abord serrés comme des œufs, puis déploient leurs ailes et tournoient de façon organisée.  Elodie ferme les yeux.  Les insectes continuent de tourner.  S'y ajoutent des libellules aux ailes blanches.  Par un effort de  concentration, Elodie réussit à faire en sorte que des ailes de libellule lui poussent sur les bras.  Des petites fleurs lui collent au visage.  Le long des jambes, des lierres montent, lui entourant les cuisses.  Son corps fait maintenant partie intégrante du jardin intérieur.  Elle se caresse les poignets libres et écarte les bras le plus possible: Il faut avoir été petite, mains liées, dans le sombre et l'odeur de poussière pour savoir ainsi créer le paradis de rien.  De la musique aussi.  Les sifflements des insectes, puis un violon, une sonate de son invention.  Ah comme Elodie aurait aimé étudier la musique pour écrire ce qu'elle entend.  Mais sans doute cela n'aurait-il intéressé personne! 

"Mademoiselle Elodie?"

Ah! C’est André qui l'appelle ainsi, d'une façon un peu vieillotte!  Vite les insectes rentrent dans les fleurs.  Elodie se rapproche de l'orchidée et ne les voit même plus.  C'est difficile de comprendre où ils vont!  André est si tendre et si gentil.  Elodie ne sait vraiment pas ce qu'il lui trouve, elle, une fille si ordinaire.  Encore s'il n’avait pas été homosexuel. Le seul attrait d'Elodie est, elle le sait, son don pour attirer le désir chez les hommes qui s'intéressent aux femmes.  Sinon le regard des autres lui renvoie l'image d'un creux.  Elodie n'a pas d'amie.  Elle est persuadée ne pouvoir intéresser personne tant elle ne comprend rien à la multitude de gens qui peuple la terre.  André c'est différent.  Pourquoi?  La souffrance peut-être?  Oh! Mais quelle idée stupide!! Elodie ne souffre pas.  Elle invente le bonheur dont elle a besoin.  C'est son secret.  Mais pourquoi est-ce si facile d'être avec André?  Lui qui est si cultivé, si intelligent et sociable?  André accepte Elodie telle qu'elle est, voilà!  Inexistante, absente de ce monde, ne pouvant communiquer sans angoisse qu'avec les objets et les plantes, les insectes et les oiseaux, ou bien au lit dans le noir avec un homme, sans parler.

Oui, mais le regard d'André transforme Elodie.   La bonté d'André donne vie à Elodie et la question se pose à elle: que va-t-elle faire de cette vie?

Pour la première fois, Elodie se demande si elle ne devrait pas essayer de surmonter l'angoisse liée à ces questions. 

Veronika le 23/10/2007

 

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