Samedi 9 Fév 2008
Krlah -1- le trou
Par akinorev31, Samedi 9 Fév 2008 à 22:00 GMT+2 dans Krlah
Krlah -1-
Le trou
Krlah pouvait rester des temps entiers à regarder le trou sombre dans la roche orangée. Lui qui, habile de son corps, était capable d'escalader des falaises à en faire crier d’horreur la tribu Barhan entière, n’avait jamais cherché à aller regarder dans ce trou. La tache dans le mur demeurait sombre jusqu’à ce que la lumière se soit usée au dos des feuilles des grands arbres pour laisser place à la nuit qui unifiait la paroi de la grotte.
D’avoir soudain pris conscience qu’il pourrait regarder dans le trou mit Krlah mal à l’aise. Jamais rien ne s’était passé lorsqu’il le contemplait : pas de mulot, pas d’insecte n’en était jamais sorti. Cependant, lorsqu’il s’imaginait l’intérieur de cet endroit mystérieux, un grand sentiment de panique le saisissait. Chasser ce sentiment était un exercice de contrôle sur soi-même dont Krlah pensait qu’il le grandissait. La plénitude consécutive à cette discipline lui donnait une impression de contrôle sur les éléments qui l’entouraient et la satisfaction qui s’ensuivait lui donnait le besoin de se toucher le sexe.
Cependant d’avoir pris conscience qu’il pourrait regarder dans le trou... Plus rien ne serait pareil à présent. Fallait-il aller errer de par l’immensité, au-delà des steppes déjà explorées, pour tâcher de percer le mystère du pouvoir magique de ce trou ? Fallait-il prendre le chemin des équidés dans l’autre sens pour aboutir à ce lieu où l’on pouvait puiser la substance blanche qui devenait solide hors de l’eau pour en remplir l’espace et le boucher? Une seule pensée limpide dans la confusion de son esprit: il ne fallait surtout pas escalader la paroi de la grotte pour aller voir dans le trou.
La noirceur s’imposa petit à petit, comme ignorante du changement dans la poitrine de Krlah. Le monde de la nuit envahit ses pensées malgré l’état de vigilance dans lequel Krlah essayait de demeurer. La douceur pénétrable de Ihkligh lui lécha le corps. Sa main desserra l’étreinte autour de son sexe et des vers blancs commencèrent à lui sortir du corps, patiemment, en nombre grandissant. En s’éloignant de lui ils devenaient insectes ailés et d’une blancheur étonnante.
Veronika le 21/11/2007






