Une interview de François Simon, candidat de
Gauche Alternative 2007, 4° circonscription de Haute-Garonne.
François Simon, 52 ans, médecin, militant associatif,
faucheur volontaire, ancien tête de liste de gauche aux élections municipales
2001 à Toulouse et membre du collectif de campagne de José Bové au moment des Présidentielles,
a été le candidat aux Législatives de Gauche Alternative 2007 pour la 4°
circonscription de Haute-Garonne. Malgré
les 6 candidatures à la gauche du PS, François
Simon a obtenu 6,6% des suffrages exprimés, 4° position après l’UMP, le PS et
Modem.
R&V : Tu
es une figure connue de la politique locale.
Comment as-tu été amené à te présenter aux Législatives ? Quelle a été la part de ton engagement et la
part de sollicitation de ton collectif ?
F. S.: Ma candidature s’explique par
les valeurs à défendre dont elle est porteuse.
Pragmatiquement, le fait d’être connu aide à défendre ces valeurs. L’ambition porte sur les contenus et non pas
sur la « carrière ».
Dans la logique de mon parcours politique, après « le
Larzac 2003 », ma démission du PS, 2004 le NON au TCE, ma participation
aux collectifs anti libéraux est venue naturellement. Le collectif a ensuite décidé de ma
candidature.
R&V :
Quel a été le contenu politique de ta campagne ? Son mode d’expression ?
F. S. : Il s’est agit de relier les
trois urgences : sociale, écologique et démocratique. Tout projet de société alternatif doit
intégrer ces trois composantes à niveau égal.
On oeuvre à partir des nécessités rencontrées sur le plan local. Les actions se rattachent à la dynamique nationale et mondiale.
Nous avons mené une campagne de terrain : tracts et
prise de contact dans les rues, les marchés, réunions proche des gens, dans les
cafés, ceci faisant suite à une présence sur le terrain déjà ancienne. De plus, la campagne a eu la chance de
susciter l’intérêt médiatique !
R&V : Qui
t’a entouré et soutenu pendant ta campagne ? Quel a été le rôle du label
Gauche Alternative 2007 ?
F. S.
: J’ai été
entouré par le collectif de la 4° circonscription du 31, dans sa diversité de
la « Gauche Alternative 2007 ».
Il se trouve qu’un noyau fort de ce groupe est aussi membre de
l’association locale « AMP » (les amis de l’Alternative en
Midi-Pyrénées dont de nombreux Alternatifs de la région sont membres). La dynamique du groupe est allée grandissante
pendant la campagne, d’autant qu’il n’y avait pas de conflits de personnes et
que la façon de mener campagne a satisfait chacun de ceux qui y ont participé.
R&V :
Considères-tu que 6,6% est un bon résultat ?
F. S.: 6,6% est un résultat médian qui
peut paraître décevant par rapport aux valeurs portées. Cependant dans le contexte bipartisan UMP/PS
(qui en a fait souffrir d’autres !) c’est une base importante pour
l’émergence d’un pôle alternatif. La
division en six candidatures à la gauche du PS, c’est décevant, mais on peut
voir qu’en additionnant ces voix on arrive à 20%, ce qui est
encourageant ! Remarquons que
Gauche Alternative 2007 est avec ses 6,6% largement en tête des candidatures de
la gauche du PS qui sont toutes inférieures à 4%.
R&V :
Quelles suites donner à ta candidature ?
Qui va pouvoir construire une unité large dans le camp anti
libéral ?
F. S.: Les deux meilleurs résultats du
31 sont pour l’un le résultat d’une démarche d’unité et pour l’autre la
reconnaissance d’un travail de terrain dans la durée. Constatant que la jonction d’un travail sur
le long terme et d’une unité large donne à Gauche Alternative 2007 sa dynamique
émergente, je m’appliquerai à cette double tâche à la place qui convient. Mais l’unité ne se décrète pas : il faut
la construire, la désirer –c’est « tous ensemble » et non pas autour
d’un parti existant que l’unité se fera.
Pour une part, il nous appartient d’en permettre la réussite, mais essentiellement,
c’est au PC et à la LCR d’entendre qu’ils sont une partie de l’ensemble et ne
peuvent pas prétendre se substituer au tout.
Propos recueillis par
Veronika D.
Juin 2007