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Du Handicap comme défi politique, article de Rouge&Vert, le journal des Alternatifs

 

 

 

DU HANDICAP COMME DEFI POLITIQUE

 

Tous les jours en ce moment, les médias dénoncent l’inaccessibilité de la plupart des lieux publics pour les personnes à mobilité réduite ; des reportages montrent la pauvreté de nombre de gens atteints de maladies paralysantes, le manque de moyens mis à leur disposition, etc.  Peut être cela aidera-t-il à faire avancer un peu les choses en France où le retard est choquant. 

Cependant, tout comme la lutte féministe ne se réduit pas à construire des abris pour les femmes battues ni la lutte contre le racisme à dire « moi j’y suis pas », la question du statut de la personne différente dans la société française doit ouvrir sur un réel débat : des outils existent pour lutter contre la gène objective qu’occasionne un handicap physique, une déficience intellectuelle, un trouble mental ou encore un trouble du développement.  On agit très peu en France pour les faire fonctionner ; en particulier à l’Education Nationale, pour traiter des pathologies spécifiques qui sont très bien prises en charge dans les pays anglo-saxons et en Scandinavie, les démarches en sont ici à leurs balbutiements. Par le biais des PAI, on note quelques progrès, mais on n’éduque peu ou pas le personnel enseignant.  On voit encore par exemple des enfants sourds d’une oreille placés en fond de classe parce qu’ils « ont tendance à pas vouloir écouter le prof » et on entend bien des choses injustes dites au sujet des dyslexiques : « il est dyslexique quand il veut ».  La question des tiers temps (temps supplémentaire accordé lors d’un contrôle écrit)  fâche énormément : certains enseignants y sont farouchement opposés.  Et quand les petits trisomiques auront-ils le droit de rejoindre leurs camarades au Collège Unique ?  

Les Alternatifs sont en pleine réflexion autour du thème du féminisme ;  il n’est pas de grand thème de société qui doive échapper à la compréhension.  Dans un monde meilleur, on peut travailler à restaurer l’estime de soi chez chacun.  Faire évoluer les choses est une lutte qui nous concerne. 

On ne peut pas obliger le tétraplégique à marcher, on ne peut pas demander à l’aveugle de regarder son chemin: chacun le conçoit.  On ne peut obliger un trisomique  à avoir le même discours que ses frères et soeurs, mais on peut apprendre à écouter ce qu’il a à dire : c’est aussi important que de construire une rampe pour fauteuil roulant.  Il est des handicaps qui se remarquent moins et là on se heurte à l’incompréhension de la société.  On ne peut pourtant pas exiger de quelqu’un qui souffre du syndrome d’Asperger qu’il se conduise comme les autres: on pourrait toutefois s’inspirer de sa liberté de parole.  Et quelle aide apporte-t-on à l’autiste de haut niveau lorsque son incapacité à exprimer des sentiments conduit son entourage à s’éloigner de lui ?  L’hostilité manifeste des gens envers ceux qui sont « un peu » différents les enfonce dans la solitude. Il faut éduquer, faire réfléchir, pour que le regard de l’autre change.

Financer des aménagements, débloquer les crédits nécessaires à la prise en charge de maladies qui diminuent la mobilité et réduisent l’autonomie fait partie des priorités.  Mais la lutte pour que chacun trouve sa place dans la société ne peut se réduire à cela. 

La prise en charge des handicaps  peut se faire à tous les niveaux et ne doit pas être de nature à faire oublier à celui qui est concerné qu’il doit apprendre à relever la tête.

 

Veronika D.  mars 2007

 

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Le Collège pour Tous

 
 Le Collège pour Tous
 
A ceux qui s'opposent à l'idée que des enfants "différents des autres" puissent être intégrés au collège, se raillant et arguant « les professionnels qui s'en occupent n'y croient pas » ou « on ne peut céder au lobby des parents d'handicapés » ou encore « au bout de deux semaines, il vont tout casser », il est bon de répondre avec force : SI C'EST POSSIBLE.

• Il s'agit déjà de se penser et de penser l'autre autrement ; « Un soi visant le bonheur, avec et pour les autres, dans des institutions justes » écrivait le philosophe Emmanuel Lévinas. Rendre possible le fait de vivre avec les autres enfants pour de jeunes handicapés moteur, handicapés mentaux, pour des jeunes victimes de désordre mental ou neurologique, pour des autistes, pour les dyslexiques, les malentendants, les malvoyants, constitue, en deçà d'un acte social, un accomplissement et une nécessité politique. Cette intégration s'impose : sa réalisation est nécessairement possible. Peut-on rendre le monde meilleur si on ne s'imprègne pas de cette conviction ?
• Il faudra prendre position dans le débat : « Qu'est-ce qui doit primer à l'école : l'acquisition des savoirs définis dans les programmes ou l'épanouissement du citoyen en devenir ? » Non qu'il y ait une réelle opposition entre ces deux conceptions de l'enseignement, mais parce que la polarisation des opinions sur cet axe pédagogique est liée à un débat qui oppose «individualisme» à « solidarité ». C'est pourtant dans un souci idéologique sincère que nombre d'enseignants conçoivent leur mission dans le sens de la flèche allant du savoir et du savoir penser de l'enseignant, vers l'enrichissement de l'apprenant par l'instruction. De la glorification de cette mission, il résulte malheureusement la promotion du Collège du Chacun pour soi.
• L'enfant doit donc avant tout s'exercer à échanger. Il s'agit d'organiser le travail de façon que chaque apprenant soit acteur de sa vie et de la vie du groupe pendant l'heure de cours. L'enseignant doit lui aussi s'engager dans le sens de cette mission. La réalisation de soi au sein de la classe et la création d'une Ecole juste par la manifestation de soi sont les valeurs du Collège du Tous Ensemble. Cela ne peut se faire que dans un cadre inclusif, avec le nombre le plus large d'enfants. Vive le Collège Unique !
• Beaucoup de professeurs devront réformer leur enseignement de façon radicale pour permettre un système inclusif. Mesure-t-on d'ailleurs l'horreur des classes où l'enfant est réduit au silence face à son cahier, strictement identique au cahier de son voisin, à écouter le professeur et ne lever le doigt que pour dire ce que le professeur attend ? Quel type de citoyen l'enseignement autoritaire vise-t-il à fabriquer là ? La menace totalitaire est grande : l'élimination de la spontanéité et l'absence d'un intérêt commun en sont les ingrédients. La volonté de « normaliser » l'individu tue le bonheur d'apprendre et ne permet pas l'appropriation du savoir.

Tant qu'on ne concevra le handicap que par le biais de la « prise en charge », tant que l'on pensera que la différence implique une « rééducation », tant qu'à l'enfant exclu on opposera l'enfant « sain », la menace totalitaire sera présente. Parce que la pensée occidentale autorise ce genre de dérive, elle a besoin d'évoluer en profondeur. Des stratégies palliatives n'y suffiront pas.

Pour être libre, l'être humain, dès l'enfance, doit pouvoir se manifester dans toute sa dimension, y compris sa souffrance, ses contradictions, sa folie, sa poésie.

On peut bien sûr citer nombre d'exemples d'intégration catastrophe en collège ; mais c'est bien la représentation que l'on a de l'enfant handicapé qui détermine son profil psychologique et donc son intégration : la relation sincère ouvre sur l'épanouissement harmonieux. L'Ecole en tant qu'institution doit en être le premier théâtre.

Veronika

 

 




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Intervention des Alternatifs au meeting José Bové du 28/02/2007

 

Intervention des Alternatifs

Au Meeting avec José Bové

Du mercredi 28/02/07

 

Nous sommes nombreux rassemblés ce soir au parc des expositions de Toulouse.  La camaraderie, c’est important.  Parmi nous, beaucoup mènent des actions pour infléchir la logique d’un monde dominé par l’argent.  Nous resterons motivés malgré les efforts antidémocratiques qui visent à nous museler.  Nous continuerons à nous engager malgré la criminalisation des mouvements sociaux.  La volonté et la parole humaines sont plus fortes que l’oppression et plus fortes que la répression.

 

 

S’opposer à la reconduite des sans-papiers à la frontière (en cacher peut-être chez soi) ; exiger un toit pour chacun ; le dire haut et fort dans sa ville que l’on s’insurge lorsque la police vient déloger de leur squatte des jeunes pour les renvoyer à l’errance et l’isolement ; transformer l’école, pour que les enfants y apprennent la solidarité : chacun dans sa ville, dans son travail, peut faire le lit d’un monde meilleur par sa propre initiative. 

Suivons l’exemple de José.  Allons à la rencontre des gens, des jeunes, dans les cités de nos villes.  La politique sécuritaire ne gagnera pas !

 

Je reviens de deux semaines passées à Oslo.  La Norvège est le pays où l’indice de développement humain, l’ IDH est le plus élevé au monde.  Bien sûr l’injustice sociale y est bien moins grande, mais on ne peut pas s’attendre à ce que tous les pays s’enrichissent d’une rente pétrolière.  La Norvège est riche parce qu’il y a des pays pauvres. 

L’Etat Social ne garantit pas les droits de tous.  En Norvège comme ailleurs, on vient chercher les sans-papiers à l’intérieur des centres d’accueil pour les reconduire aux frontières.  Mais surtout l’Etat Social en soi ne permet pas de lutter contre le libéralisme financier.  A l’aéroport d’Oslo, il y avait une affiche : « Consommez ! Achetez ! Bienvenue en Norvège ! »  Nous réunis ce soir ne voulons pas seulement la justice sociale.  Nous voulons un monde solidaire, nous refusons l’aliénation dans laquelle la société de consommation nous enferme. 

 

Chacun isolé dans son action nous ne pourrons pas vaincre le capitalisme.  Inspirons nous des faucheurs volontaires ! Unis dans l’action avec José, ils mènent en groupe une lutte écologique et anticapitaliste contre le commerce de semences d’OGM dangereux qui profite aux multinationales. 

 

 

Unis avec les syndicats nous sommes plus forts dans le monde du travail.  Dans les associations plus forts aussi, avec les Enfants de Don Quichotte par exemple dans les Allées François Verdier à Toulouse.  L’idéologie de chacun des partis de la Gauche Antilibérale donne des repères et permet de s’investir dans des projets précis : décroissance, autogestion, modèles collectivistes, citoyenneté du monde, etc.

 

 

Dans ce monde qui va mal, chacun de nous se remet en question.  José a su rendre son lieu d’habitation écologique.  Nous pouvons veiller à avoir des gestes et des pratiques pour préserver notre environnement au quotidien, prendre le train plutôt que l’avion, même à Toulouse où on ne veut pas le chômage pour les travailleurs d’Airbus, circuler à vélo plutôt qu’en voiture.  Quand j’étais jeune en Norvège, les parents se moquaient de nous lorsque nous militions contre l’automobilisme privé.  Aujourd’hui, les transports en commun y sont très nombreux et très utilisés, les villes sont à péage et le stationnement interdit presque partout.  Qu’est-ce qu’on respire mieux ! 

Voilà un secteur où nous pouvons changer nos propres pratiques. Nous rassemblés ce soir, sortons le vélo ; pratiquons le covoiturage !   Tâchons d’être en permanente évolution, ne laissons pas les chambres des enfants vides lorsqu’ils nous quittent.  L’habitat collectif permet de communiquer et de changer notre mode de vie.  L’individualisme détruit les valeurs collectives : Rebâtissons-les !

 

 

Rebâtissons vite aussi l’Unité large que le choix d’un seul candidat pour porter notre voix nous aurait permis de conforter.  Tous ceux qui ne sont plus avec nous eux aussi peuvent évoluer dans leurs pratiques et s’unir à nouveau à nous pour que ne s’éparpillent pas les forces de la nouvelle radicalité.    

 

 

 

Ne désespérons pas de ceux qui ont voulu s’imposer par rapport aux autres.  L’expérience présente leur fait comprendre que le contre-pouvoir trouve sa force dans la poésie de son mode de fonctionnement, qu’il serait arbitraire et autoritaire de donner le pouvoir décisionnel à l’un plutôt qu’à l’autre.  Quelles décisions?  Pour quelle avancée du mouvement?  Chacun et chaque organisation ou parti doit peser sur les décisions par le mode de communication qui est le sien.  Le principe du consensus est notre référence.

 

Ne laissons plus la confusion nous affaiblir à l’avenir.  Aimons-nous, enrichissons-nous de notre diversité : En restant attachés à nos utopies et en nous respectant, redonnons un avenir à un monde qui n’en a plus.   

 

 

 

Tous ensembles nous sommes forts !

Tous ensembles nous vaincrons !


 

Veronika, les Alternatifs 

 

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