akinorev31

Traité de perversification

 

 

Traité de per—versification

 

Ou l’éloge de la poésie ordinaire

 

 

Article paru dans le journal Rouge & Vert n° 278 des Alternatifs

 

http://www.outrereve.com/modules/newbb/voir_poeme.php?poeme_id=14946&start=0#forumpost68828

 

Il ne s’agit pas ici de l’œuvre du poète sélectionné par les « grandes maisons d’édition » ni de l’appréciation que peut en avoir le professionnel du livre ou toute personne qui tire profit de la mystification de l’œuvre publiée au détriment de l’écriture en tant qu’outil populaire d’expression et de désaliénation.

 

Les psychologues énoncent que dans la plupart des cas, l’assassin ne se distingue des autres que par le fait qu’il assassine ; par ailleurs, il vit comme n’importe quel citoyen.  Un sociologue du monde de la poésie pourrait dire : le poète ordinaire est une personne qui se distingue des autres par le simple fait qu’elle possède une parole en plus, la poésie.  Le poète demeure plus difficile à définir que l’assassin car un mort est une chose médicalement observable, alors qu’un poème est sujet à contestation intellectuelle.  La question posée est - quel contour donner à la poésie ordinaire ?  Le sujet a déjà été débattu d’un certain point de vue par les philosophes qui se sont penchés sur le phénomène qu’ils ont appelé la non-poésie*.  Sans doute peut-on concéder  à celui ou celle qui présente au regard de l’autre quelque chose qu’il conçoit lui-même comme un poème que les autres doivent y donner le crédit que d’appartenir au monde de la poésie ordinaire.  Le poème « sans intérêt poétique », c'est-à-dire où le sujet et l’expression sont ternes et ne permettent pas d’observer ni un ressenti singulier ni une expression novatrice seront à considérer comme un départ « prometteur » par souci de pédagogie positive. 

 

Que répondre sinon au déballage pompeux de certains qui prétendent détenir les critères pertinents pour apprécier ce qui est et ce qui n’est pas de la poésie, s’enfermant eux—mêmes dans une sorte de honte de leur propre production poétique qu’ils cachent dans le tiroir de peur de ne pas être reconnu comme un maestro ?  Un poème ordinaire est l’expression d’un citoyen qui va libérer son « vocabulaire intérieur » et sa tournure grammaticale (ou a-grammaticale) avec l’éclairage propre de son univers émotionnel et de sa culture.  Le lecteur va ensuite s’imprégner de ce qu’il aura perçu de l’écho des mots dans le poème et du style de l’expression pour le réinvestir en réponse.  Le poème ordinaire n’est donc pas seulement une écriture, mais c’est aussi une lecture particulière.  C’est ainsi qu’un écrit aléatoire est un poème dans la mesure où le lecteur peut en faire une « lecture poétique » (selon une méthode apparentée à la cabalistique en quelque sorte). Le poème fœtus, celui qui n’est pas livré à la vie, c'est-à-dire au regard de l’autre, ne permet ni à son auteur de progresser, ni de faire évoluer le langage.  On comprendra que le culte de l’élitisme par le professionnel coupe le poète ordinaire de son mode d’expression spécifique et qu’il s’insère donc dans ce cadre dans une logique de la domination capitaliste.

 

Au contraire de l’évolution du langage par l’utilisation orale, l’échange poétique ordinaire permet de poser l’expression par le mot écrit et par la cohérence du poème, qu’elle soit réfléchie ou en partie spontanée, disons même subconsciente peut-être.  La poésie ordinaire constitue un levier du langage,  de la pensée, enrichissant le mot de couleurs nouvelles et remettant en question la grammaire conventionnelle.

 

D’où la nécessité de communiquer ses écrits.   

 

Le lecteur peut « répondre » à un poème en « tordant » les mots de l’autre ou en les positionnant dans un contexte nouveau, suggérant de nouvelles évocations. On comprendra que le site Internet de poésie joue un rôle clé pour rendre l’échange possible. Priver le poète ordinaire de cet outil de sa participation active au développement de la société serait une attitude réactionnaire.  Envelopper le poète ordinaire de son mépris est un acte de violence.

 

La poésie ordinaire est un vecteur de communication ; c’est une parole libératrice.  C’est aussi une méthode pour changer la pensée en pervertissant le verbe.  La poésie ordinaire est révolutionnaire.

 

Veronika, le 21/08/2008

 

*  http://www.didier-moulinier.info/

 

 

 

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Des signataires de l appel de Politis de la région de Toulouse se réunissent pour débattre

Des signataires de l’appel de Politis de la région de Toulouse se réunissent  pour débattre

http://www.communistesunitaires.net/index.php?option=com_content&task=view&id=460&Itemid=88888889

Le dimanche 22 juin au matin, lendemain de la fête de la musique, le cinéma Utopia de Tournefeuille accueillait une centaine de sympathisants ou sceptiques de l’appel lancé par le journal Politis et signé à ce jour par environ 10 000 personnes nationalement :

http://www.appel-a-gauche.org/?petition=1   

Denis Sieffert, rédacteur du journal, s’était déplacé.  Il est attentif à faire un certain accompagnement des rencontres liées à cette initiative du journal, soulignant qu’un rassemblement devra « en passer par les régions ».  C’est donner plus de chance pour ne pas avoir une superposition avec les partis précise-t-il. 

 

Mais on ne bâtira rien sur de « l’inexistant ».  Les partis, Le PC, la LCR, les Alternatifs, les syndicats et associations… s’ils se reconnaissent dans la démarche doivent trouver leur place dans une dynamique où la définition du projet reste la préoccupation centrale.  Il ne s’agit pas de se fixer des objectifs prématurés, à la différence du contexte électif de la présidentielle qui a donné corps aux collectifs unitaires antilibéraux.  Aujourd’hui encore vivaces les collectifs ne sont plus de nature à porter un projet d’unité large des forces de gauche après l’échec de la candidature unique [quoique certains aient voulu à l’époque voter pour « les trois B » Besancenot, Buffet, Bové].  Ainsi la genèse du projet doit-elle être précédée d’une réflexion sur la chronologie, élément essentiel.  Il faut commencer par la discussion.  Il s’agit à terme d’occuper une place dans l’espace libéré du fait du décalage vers la droite du PS avançait Denis Sieffert prudemment dans son introduction.  Emporté par la « bonne teneur politique » des interventions des participants, il conclut dans l’approbation générale : « Un lieu de convergence comme l’ont été les rencontres des Collectifs à Saint Ouen par exemple, sont un acquis culturel formidable.  Il s’agit à présent de créer un cadre permanent d’action et de réflexion.  C’est une nécessité.  Les gens qui manifestent ne peuvent pas s’appuyer sur un désert idéologique.  Il faut qu’il y ait quelque chose derrière ».

 

Plus qu’un appel, il s’agit de signer un pacte où promesse serait faite que rien, ni dans les événements sociaux, ni dans l’actualité politique, ne pourrait arrêter le débat entre tous les partenaires, même s’ils se reconnaissent dans des courants de pensée aussi divers que la décroissance ou le trotskisme, le communisme ou l’altermondialisme.  Si le journal Politis a lancé cet appel et a le soucis d’en faire pour l’heure un certain suivi, la « mise en orbite » du projet est aussi programmée.  Il s’agit de favoriser une unité indispensable.  En cela, l’appel de Politis a une légitimité qui se justifie par le fait de son illégitimité souligne Denis Sieffert.

 

Veronika D., Les Alternatifs, l’ACU

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Réunions autour de l appel-à-gauche de Politis; Denis Sieffert à Toulouse

Les réunions autour de l’appel-à-gauche de Politis se multiplient

Un exemple : Toulouse

 

 Article du journal Rouge & Vert des Alternatifs

La réunion du 22 juin au matin avait lieu au cinéma Utopia de Tournefeuille. Une centaine de personnes s’étaient déplacée, des militants qui pour certains n’avaient pas signé l’appel:

http://www.appel-a-gauche.org/?petition=1   

 

Denis Sieffert, rédacteur du journal, a présenté l’initiative et tenté d’apporter réponse aux questionnements de certains.  Le fait que Raould-Marc Jennar ait retiré sa signature a mérité un éclaircissement.  « Certains reprochent à des personnes de figurer dans la liste des signataires.  On ne peut empêcher quelqu’un de signer.  On ne peut pas non plus faire du « Non du 29 mai » [au référendum sur le TCE] un critère de sélection pour toujours », a-t-il précisé.  

 

La question de la définition du projet a été débattue.   On s’est semble-t-il accordé dans la salle à penser que les choses devaient se faire selon une chronologie réfléchie afin d’éviter l’écueil des tentatives précédentes de rassemblement.  Certains semblaient toutefois penser que les collectifs avaient encore vocation à rassembler et qu’il serait plus efficace de les redynamiser. 

 

Ces réunions doivent préparer à une rencontre plus large dont la forme reste encore à définir et qui devrait avoir lieu vers la fin septembre. L’objectif premier est de favoriser la discussion.  Après que plusieurs participants n’aient exprimé soit leur grande ambition de voir l’initiative donner jour à un large front politique de gauche (incluant peut-être des pans du PS) soit leur scepticisme quand aux chances de réussite de l’initiative, Denis Sieffert a formulé le souhait que ni les événements sociaux, ni l’actualité politique ne puissent arrêter le débat entre tous les partenaires afin de créer, dans un premier temps, un cadre permanent de discussion.  Si le journal Politis assure un certain suivi de l’appel, la « mise en orbite » du projet est aussi programmée. 

 

Veronika D., Les Alternatifs Toulouse

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CR réunion des Collectifs Antilibéraux Sud sur l Europe

Les collectifs d’Aquitaine, de Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées réunis sur le thème de l’Europe

[En vue des Européennes 2009, à Escalquens près de Toulouse le 21 juin 2008]

 (article Rouge & Vert, le journal des Alternatifs)

Nous étions une trentaine, essentiellement de Midi-Pyrénées, des gens d’horizons politiques ou associatifs disparates, qui ne se reconnaissent pas nécessairement dans les « collectifs unitaires cuals».  Les Alternatifs étaient présents au nombre de cinq.  Les échanges se sont déroulés dans un esprit constructif et les pensées parfois contradictoires se sont exprimées dans le respect et l’écoute de chacun.  Le mouvement général des débats a été vers un accord de position par rapport aux élections européennes 2009.  Un texte a pu être rédigé collégialement en fin de réunion*.

 

Ce texte n’est ni un appel ni une motion mais plus un positionnement lors d’une réunion qui ne réclame aucune légitimité décisionnelle, d’autant que les participants n’appartenaient pas nécessairement à un collectif en activité.

 

Si l’idée de rechercher une unité large aux Européennes 2009 n’a pas été contredite, ce que chacun a pu mettre derrière cette proposition balaye un large spectre d’opinions et d’évaluations de la situation.  Certains estiment que les européennes nous concernent au plus haut point et que des élus européens issus du monde antilibéral incluant des membres des collectifs constituerait une avancée décisive, d’autres pensent que le Européennes ne nous concernent pas et que « 50% d’abstention aux élections européennes en font une instance illégitime du point de vue de la démocratie».  Certains, dans la mouvance libertaire surtout, pensent que de s’accorder avec « les appareils » [entendre les partis politiques essentiellement] ne présente aucun intérêt et est un frein à l’avancée d’un mouvement qui se situe dans le champ des contre-pouvoirs.  D’autres estiment que s’engager dans une liste si elle ne réunit pas a minima le PC et la LCR est vain.  Entre les deux, des opinions intermédiaires.  L’accord commun est qu’il faudra décider une fois les contacts pris avec les éventuels partenaires.  Là encore, deux opinions se dégagent : certains estiment qu’il est du ressort des directions des partis politiques de décider des alliances pour les listes des régions et qu’il est donc vain de prendre des contacts locaux.  D’autres pensent qu’il faut au contraire susciter des possibles en prenant des contacts larges, pas seulement dans le spectre du politique, mais aussi avec les syndicats et associations intéressés. Il est souligné que chaque collectif devra décider de son action.

 

Sur quoi bâtir une participation aux Européennes ?  Cela a bien sûr été largement débattu.  La révolte qu’a suscitée le déni de démocratie qui veut que les institutions ne prennent pas en compte le résultat des référendums (Irlande) pourrait suffire à créer une dynamique lisible avancent les uns.  Des adeptes d’un projet-programme minimum font valoir que l’un n’empêche pas l’autre.  Tous se sont toutefois accordés à penser qu’il était indispensable que l’engagement dépasse le cadre des quelques personnes réunies et devait avoir pour vocation d’accompagner un mouvement populaire large.

 

L’impact de l’action des collectifs aux Européennes sur les Régionales qui suivront a été évalué de façon contradictoire, certains estimant qu’un engagement aux Européennes pourrait nuire à un bon déroulement des Régionales.

 

Un méta-sentiment général demeure parmi les participants : nous vivons une époque intermédiaire où les utopies doivent s’accompagner de méthodes diverses pour permettre le changement souhaité.  On ne peut pas tourner le dos à toutes les institutions parce qu’elles ne répondent pas aux critères de la société voulue demain : pour agir, il faut semer des graines à l’intérieur de l’existant.

 

Veronika D. de Toulouse, Midi-Pyrénées

 

 

 

*Texte de fin de journée :

 

  Convaincus que nous sommes sur le point de vivre un nécessaire changement de société et de mode de vie.

  Convaincus qu’un nouveau traité porteur de ce changement reste bien entendu possible.

 

Les collectifs se proposent, à l’occasion des élections européennes de porter ce débat avec tous les citoyens et toutes les forces politiques, syndicales et associatives qui s’accorderaient dans une dynamique unitaire et avec le désir d’élargir notre participation au delà du cadre hexagonal pour :

?       Lutter contre les désastres du capitalisme qui nous gouverne et le déni démocratique porté par les institutions européennes actuelles.

?       Proposer au peuple d’Europe une alternative réellement démocratique, écologique et solidaire, dans un cadre altermondialiste.

 

Ils se proposent à cet effet de se revoir dès Septembre.

 

Restent en débat :

?        La problématique d’une assemblée constituante.

?         La participation aux élections si l’unité la plus large n’est pas obtenue.

?        La grille minimale de mesures urgentes et "unifiantes" à proposer dans un          projet-programme.

?         Quelle place prendre le cas échéant dans le PGE ?

 

 

 

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