Vendredi 4 Avr 2008
Yves Salesse sur l'action des collectifs
Par akinorev31, Vendredi 4 Avr 2008 à 19:29 GMT+2 dans Pour une alternative au capitalisme -1-
L’ACTION DES COLLECTIFS pour une NOUVELLE FORCE POLITIQUE A GAUCHE (reprise de l’intervention lors du débat général de la coordination nationale du 29/3)
Yves Salesse, le 2 avril 2008-04-03
Je ne reviens pas sur l’évidente nécessité d’une nouvelle force à gauche. Nécessité nationale. Nécessité européenne pour peser dans les débats et nouer des partenariats. Nous avons décidé de maintenir la perspective du rassemblement de la gauche de transformation sociale et de nous organiser de façon à pouvoir agir sans être prisonniers des décisions des autres forces. Maintenant se pose la question : comment faire pour que cette perspective de rassemblement ne soit pas incantatoire ? La réponse n’est pas facile alors que, pour l’instant, les principales composantes politiques concernées opposent une fin de non-recevoir. La réponse générale me semble être : prendre appui sur les dynamiques unitaires possibles. Nous ne devons écarter le « tout ou rien » et faire des propositions concrètes pour nourrir ces dynamiques. Ce que nous avons fait en proposant la campagne sur le nouveau traité européen puis la poursuite de l’action commune sur les questions européennes (voir le texte spécifique et les résolutions). Ce que les collectifs ont réussi à faire en participant à plus de cent listes lors des municipales dans les formats qui leur paraissaient les mieux adaptés aux possibilités locales. Ces dynamiques unitaires doivent être cherchées dans les luttes et dans l’intervention politique.
1.L’unité large pour des luttes spécifiques
1.1 Nous cherchons à impulser les dynamiques unitaires concrètes dans les luttes contre la droite et le patronat. Dans bien des cas, les forces politiques ne sont pas à l’initiative de ces luttes, mais les organisations syndicales ou associatives. Nous nous y inscrivons autant que possible, notamment pour faire connaître nos propositions programmatiques sur les sujets en cause.
1.2 Dans la foulée des dernières élections nous pouvons proposer des campagnes municipales sur des sujets tels que la municipalisation de l’eau (comme l’envisage le collectif de Cergy), le logement, etc. De telles actions visent l’unité la plus large. En même temps, nous cherchons à y prolonger l’unité politique lorsqu’elle a été réalisée lors de ces élections.
1.3 Au plan national, il me semble nécessaire que l’exécutif prenne vite l’initiative de proposer une réunion unitaire pour une campagne contre l’envoi de troupes en Afghanistan. Nous proposons un nouveau cadre unitaire permanent sur les questions européennes qui devrait notamment intervenir à l’occasion de la présidence française de l’Union européenne.
1.4 L’intervention politique particulière dans ces actions larges est souvent délicate. Avec précaution donc, nous défendons la nécessité du regroupement de la gauche de transformation sociale. Il est facile en revanche d’intervenir sur les propositions de fond. Je sais qu’il est très couru de critiquer les 125 propositions. Elles sont quand même utiles tant que l’on a pas élaboré mieux. Je veux seulement donner un exemple. J’ai été invité par les représentants syndicaux animant le collectif « touche pas au livret A » à participer à une conférence de presse. Ils ont dit tout ce qu’il y avait à dire sur le livret A. J’ai expliqué que, pour nous, le livret A et sa centralisation par la Caisse des Dépôts s’inscrivent dans trois propositions majeures : l’édification d’un service public du logement, la lutte contre l’exclusion bancaire, la construction d’un pôle financier public. Et j’ai donné quelques éléments sur ces trois propositions qui ont suscité beaucoup d’intérêt. Ce n’était pas une intervention « syndicale » de plus.
2.L’unité politique
Jusqu’à présent, seuls les Alternatifs s’inscrivent dans la proposition d’Etats Généraux. Ceci conduit à compléter cette proposition d’ensemble par des propositions plus modestes.
2.1 Sur le NPA
Quelques camarades pensent que nous devrions avoir une approche « positive » de la proposition de la LCR. Cela veut dire quoi ? La direction de la LCR a explicitement, dès qu’elle a formulé cette proposition, exclu de la discuter avec d’autres forces nationales. Cela veut dire qu’elle sera la seule force organisée dans ce « nouveau parti ». Le NPA ne peut être en conséquence, dans le meilleur des cas, qu’une transcroissance de la LCR. Ce n’est pas un risque face auquel il faudrait rester vigilant ; c’est une donnée de base posée par la LCR. Que la LCR veuille dépasser opérer sa transcroissance en profitant de sa situation actuelle est tout à fait compréhensible. Mais cela ne peut résoudre le problème du rassemblement de la gauche de transformation. Cela n’exclut pas les rencontres et le débat. Comme avec les autres forces, nous rappelons notre analyse : il n’y aura pas émergence d’une force capable de peser véritablement sur le cours des choses autour d’une seule sensibilité politique. Cela n’exclut pas l’action politique commune : nous l’avons montré lors des municipales. Cela empêche en revanche que les collectifs soient co-organisateurs locaux du NPA. Accepter la co-organisation locale signifierait se préparer à une absorption pure et simple par la force centralisée qu’est la LCR.
2.2 Pour des listes unitaires aux prochaines élections européennes
Nous proposons que les forces politiques, et celles du mouvement social qui estiment pouvoir s’engager dans un combat électoral, ayant mené ensemble la campagne contre le TCE présentent des listes unitaires aux élections au parlement européen. Nous avons l’acquis de cette bataille et des textes consistants d’analyse et de propositions communes. Aucun obstacle majeur n’existe justifiant un refus. Nous savons que ce n’est pas gagné pour autant. Nous devons faire connaître cette proposition et entamer le débat immédiatement à tous les niveaux.
2.3 Des Etats généraux locaux ?
Dans la suite de ce qui s’est fait récemment et devant le bocage national, les collectifs devraient évaluer la possibilité de faire localement, voire régionalement des Etats généraux pour le rassemblement de la gauche de transformation. Nous verrions alors si l’addition de telles initiatives serait suffisante pour devenir un fait national marquant la scène politique et sociale de ce pays.
2.4 Poursuivre le travail de construction d’un socle de propositions
Les 125 propositions sont un point de départ et non d’arrivée. Nous aurons assurément à reprendre le débat sur « propositions, programme, projet » au niveau le plus général. Cela ne doit pas, selon moi, conduire à abandonner le terrain des propositions précises. Nous n’avons tout intérêt à y travailler avec d’autres. Si ces autres ne sont pas seulement des forces politiques mais aussi associatives ou syndicales, c’est le débat sur des propositions précises qu’elles pourront mener avec nous. Les possibilités en ce sens, là encore dans la foulée des municipales, sont sans doute plus ouvertes au plan local que national.
MOTIONS EUROPE :
compléments
Yves Salesse, le 4 avril 2008-04-04
La coordination nationale a adopté deux motions sur l’Europe. Je résume ici la présentation que j’avais faite de notre intervention dans ce domaine. Au nom des collectifs, j’avais proposé à nos partenaires de la campagne contre le traité de Lisbonne que nous poursuivions l’activité commune avec deux échéances proches : la présidence française et les élections au Parlement européen. Nous avons tenu deux réunions qui indiquent déjà que les deux échéances ne peuvent être traitées dans le même cadre.
- Un nouveau collectif « pour une autre Europe »
Lors de la deuxième réunions (27 mars) étaient présents : PC, LCR, collectifs anti-libéraux (c’était avant la coordination), Alterekolo, Alternatifs, MARS, PCOF, Solidaires, ATTAC, Cedetim, Copernic, Euro marches, Réseau féministe Ruptures, IPAM, Cactus la gauche, MAG. Observateurs : FSU, CGT Finances, Amis de la Terre. Excusés : LDH, UNEF. Repartie : la CGC qui s’était trompée de salle.
Plusieurs idées ont été largement partagées. En premier lieu, la nécessité de ne plus se contenter de réagir aux offensives libérales européennes ; d’où l’idée de se doter d’un cadre permanent pour suivre l’actualité, informer, discuter les actions possibles et poursuivre la réflexion sur les propositions alternatives. En second lieu, l’intérêt d’élargir la participation à ce cadre. Le collectif du 29 mai a vécu et nous devons tenter de travailler avec des forces, notamment associatives et syndicales, auxquelles nous ne demandons pas d’assumer les prises de position de l’ex-collectif.
UN tel cadre devrait facilité la concertation et l’extension européennes des actions par l’utilisations des différents relais et réseaux européens des organisations participantes. Cela dit, les possibilités d’élargissement ne sont pas illimitées. Il sera indispensable d’examiner soigneusement cet aspect au plan local où l’élargissement peut être plus facile que nationalement. Les organisations venues en observateurs, Solidaires et ATTAC ont précisé qu’elle ne sauraient participer à un cadre électoral à l’occasion des prochaines élection au parlement européen. Un court texte définissant le nouveau collectif sera examiné mardi 8 avril.
Lors de cette réunion la perspective d’une campagne commune à l’occasion de la présidence française de l’UE sera également discutée à nouveau. Elle n’aura pas pour vocation de doubler les initiatives déjà prises : FSE, contre-sommet sur l’immigration, etc. Des premiers échanges, il ressort que le thème le plus mobilisateur pour mener une campagne de masse et chercher à lui donner une dimension européenne serait « l’Europe sociale contre l’Europe des marchés financiers ». Il faudrait décliner ce thème en quelques propositions concrètes. J’ai trouvé que les principales forces politiques ne faisaient pas preuve d’un très grand enthousiasme pour une campagne commune. Il est nécessaire que les collectifs prennent en charge cette proposition unitaire. La présidence française débutera le 1er juillet prochain. La campagne devrait donc commencer en mai.
- Des listes unitaires aux élections européennes
Cette proposition est moins large que la précédente. Si nous voulons des listes capables de défendre « une autre Europe » et une critique de l’actuelle construction européenne sans cacophonie, l’accord politique doit être plus poussé. Il s’agit en gros des forces qui se sont retrouvées dans l’appel des 200 pour le Non de gauche au TCE.
Leur cohésion sur la question européenne va plus loin que cet appel. Presque tout l’arc des ces forces avait élaboré la note Copernic « Europe : une alternative » (2003), dont les propositions on été actualisées dans celle intitulée « Propositions pour des politiques alternatives » (2006). On peut sans doute considérer comme faisant aussi en gros consensus les documents publiés par les ATTAC d’Europe, même s’ils n’ont pas été élaborés dans les mêmes conditions. On sait que le sujet de désaccord majeur sur la question européenne porte sur le système institutionnel à proposer et (c’est lié) un éventuel processus constituant (par opposition à une négociation intergouvernementale). Il y avait toutefois accord sur la nécessité d’un nouveau socle remplaçant les traités existants adopté par référendum à la suite d’un débat approfondi impliquant les citoyens. Cette divergence ne justifie pas des listes séparées.
Yves Salesse






