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Le Prince Merveilleux

 

Le Prince Merveilleux

 


http://reproductions.chapitre.com/repro/SPINELLI-PARRI/CAVALIER-ET-FEMME-DESCENDANT-DE-CHEVAL.html

« Il est là il revient

Le Prince merveilleux

Vêtu de son armure

Chevauchant l’alezan »

 

J’ai remonté mes nattes

Et ma poitrine est plate

J’ai mis ma robe blanche

Les vernis du dimanche

 

Je sens mon cœur bondir

Qu’a-t-il donc à me dire ?

Le sol ensemencé

La vie va commencer

 

Amour ferme les yeux

Ne nous dis pas adieu

Pour l’espoir partagé

Le temps reste figé

 

Ô toi mon tendre ami

Cavalier endormi

Écoute encore le vent

Le souffle froid d’avent

 

Là dans l’herbe flottante

Deux cailloux bien modestes

Sont les témoins funestes

D’une éternelle attente

 

 

Veronika, le 05/08/2008

 

 

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Mon coeur aquatique

 

Mon cœur aquatique

La vraie vie -5-


 

Les jambes molles

La hanche informe

Le buste plat,

Comme un calamar allongé dans une assiette,

J’attends la vie, j’attends la vie, j’attends la vie.

 

Vous m’arrosez du vin blanc de l’indifférence:

La fourchette pique au hasard

-Mon cœur aquatique

-Mes petits yeux noirs aveugles

-Mon pauvre cerveau.


Dans la rue Labatut nous berce la chanson

Du Mal-aimé*

Et j’agonise

Sur le trottoir.

 

De mon corps gélatine perlent des gouttes saumâtres.

 

 

 http://www.toutelapoesie.com/poemes/apollinaire/la_chanson_du_mal.htm

Veronika, le 01/08/2008

 

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En Bretagne

 

En Bretagne

 

 

Les fleurs d’été fanfaronnent sur le front de mer.  Mauves véroniques et pâles pâquerettes hurlent sous les pas des marcheurs monstrueux.  Le bleu sombre des eaux de sel est insensible à la beauté du ciel séraphique.  La roche tranche les flots ; la blanche bave d’écume, suave salive, huile les cailloux coupants.

 

 

La baie des Trépassés n’a plus cette insouciance d’estive ni nos regards l’innocence des gloires passées. Tel un I nu, au loin le phare blafard attend la nuit. 

 

 

Une lame de fond vers nous s'avance et sur le tissu blanc, rougeoie la flamme. 

 

 

Du coin de la falaise, nos corps s’affalent, comme défenestrés…

 

 

En Bretagne, sur les chemins en lacets, nous passions, inlassables émouvants.

 

 

 

Veronika, le 19/07/2008

 

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Lecteur, imposteur

 

Lecteur, imposteur

[outre-rêve]

 

http://www.outrereve.com/

 

 

Des milliers d'Internautes crient.
Leurs plumes bariolées de cosmonautes mutants
Les transportent à grand mal vers la plage de Sète.
Albatros baudelairiens à l'envol pathétique
Parfois ils s'entrechoquent.


Douleur
Douleurs déversées sur le NIET
Comme un SMS en direction du rien.
Des milliers d'Internautes nous donnent à lire
De l'amour, de l'amour, de l'amour.

 

La Tunisie surtout du cul.



                                          
Veronika le 16/O5/2OO8

 

 

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Laisser faire le poème

 

Laisser faire le poème

 

Il faut une échelle

Il faut la nuit

Et la candeur de la façade moite

 

L’indécence de mes seins au rebord de fenêtre

Et nos bouches

En mille exemplaires

Accrochées aux murs


Des morceaux de nos corps se détachent

Se dupliquent

Tapissent la pièce

 

Collant aux draps

Au cristal du lustre

Au plancher

Nos chairs se frottent

Se touchent

Et s’entre-frottent encore

 

Veronika, le 01/06/2008

 

 

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Cloudberry

 

Cloudberry

The yellow colour can’t lie.  Far, over there, it must be one peering amongst the moss.  The difficult thing is to keep calm.  Do remember: walk! Don’t run!  Tell yourself: “It’s just one of those old berries growing over there”

 

Oh! No!! I’m running.  Can’t help… It’s gold! It’s like the mountains’ sex!

You want to crawl and eat it direct from the ground.  Should I do that?  It’s wet as it always is on the ground of a Norwegian mountain.  I can’t crawl.  My body’ll get soaking wet and a trickle of overclean water will sneak into my boots.  A lover wouldn’t do that to you (?)  I’ll remain upright and detached.  I do look very detached, don’t I?  That’s because I’m a Norwegian.  I’m close to having a mountain ecstasy as all Norwegians do after less than a week in a fucking Norwegian mountain, and yet, I do look detached.  Ain’t it incredible?  You don’t know, you, stupid frog, what it is to be a hundredth generation’s Norwegian wood?

 

 

I talk, I talk, actually I don’t talk.  I think I talk.  I write that I thought I was telling.  I write what I thought I’d tell the stupid froggies.  That’s a proof that I’m not a complete Norwegian.  They’d be having an ecstasy by now; they wouldn’t even know about it. In fact, Norwegians live only when they’re having an ecstasy in the Norwegian Troll-mountain.  The rest of the time, they’re being nice, or they’re being clever (more than the rest of the world), or maybe they’re being just (a Lutheran obsession).  If you use statistics, the most probable thing is they’ll be drunk.  But it’s only within the trolly, trolly, magic mountain that they ARE. 

 

Are, Argh, Gosh!  My mouth is full.  Yes, it’s magic.  I’m having it… A fucking cloudberry ecstasy.  Who said “mordre les nuages” over here?   Did YOU try the cloudberry trip you too?  In fact it is not complete if you don’t say the word in Norwegian:

MULTER

“Multer” make it last longer.  Actually, I think my life is only one long, big, swampy golden ripe MULTE.  I never love anybody.  I just love.  It’s a “multe”-state.  Yes, I believe I’ve created the multe way of life.  It’s like now: I go to bed.  The neighbours’ eight children are running above my head and tomorrow I’ll go to my dead boring job, driving my stinky Opel (that isn’t black, just so that you know) and take the bloody dog out before and wait to make it enter the flat back till Misses Garcia has yet again told me: “It’s a nice dog, isn’t it?” (Fucking peluche!)   And all that, and the coffee poring over.  Never mind!  I just need to lie down and start writing.  Straightaway I bring you to the absolute cloudberry Norwegian ecstasy within the Troll Mountain.  Do you feel as life is profoundly joyful?

 

Oh yes! You, Inconnu, you who followed me, I cloudberry you forever.

 

 

Veronika, 26/05/2008

 

 

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Anthologie kaléidoscopique [de la poésie française]

 

Anthologie kaléidoscopique
[de la poésie française]

 




Et osent les vaincus les vainqueurs dédaigner
Saisir, saisir le soir, la pomme et la statue
Saisir l’ombre et le mur et le bout de la rue

Ami, entends tu
Ami, entends tu


Demain dès l’aube, je mettrai sur ta tombe
Marie, levez-vous, vous êtes paresseuse

De ta robe d’or qui m’inonde
Oui te voilà c’est toi ma blonde

La, la, la

Et tous ensemble dans cet hôtel

Et couverte
Du noir crachat des ténèbres
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

La, la, la, Motivés, Motivés
La, la, la, Motivés, Motivés


J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans
Mon cœur a plus d’amour que vous n’avez d’oubli

La, la, la, Motivés, Motivés


Quand le proscrit devrait s’enfuir de porte en porte
Je vous embrasserai dans mon exil farouche

La, la, la, Motivés, Motivés

Puisque j’ai mis ma lèvre à ta coupe encore pleine
Pour te nommer

La, la, la, Liberté




Veronika, le 18/05/2008

Merci à Du Bellay, Supervielle, Hugo, Ronsard, Musset, Apollinaire, Eluard, Baudelaire, Hugo, Eluard, à tous les autres et au groupe Zebda de Toulouse.

 

http://www.paroles.net/chanson/25907.1

 

 

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Shalom

 

 Shalom



http://www.pbase.com/al309/image/31779210


Ma ville aux feuilles de bananier
Qui lèchent le trottoir
A de gros coeurs d'osier tressé
Où il fait bon s'asseoir.

Sébastien n'est plus seul
Il ne dort plus dehors
Les portes sont ouvertes
Et ses soirs de suicide
Tout le monde à la fenêtre
Le réchauffe de ses pleurs

Ma ville a du lierre aux toitures
Comme une chevelure
Les cheminées ses longs trous de nez
Respirent l'aventure.

Malheur le capital bouffe le dernier kibboutz


http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/325017.FR.php


http://www.architectureweek.com/2001/0905/culture_2-2.html


Veronika le 16/O5/2OO8

  

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L indicible

 

L’indicible

 

 

Marie a mal à son bonheur

Elle ne retrouve plus le parfum de la rose.

Marie cherche les matins sereins

Dans les recoins du jardin.


Ni la solitude n’a plus le goût du sucré,

Ni la moiteur du sol qui

Sort de la

Nuit

Cette magie de la forêt.

 

Des deux mains elle entoure

Le tronc du pêcher

Et prie.

La paix est partie comme la colombe s’envole

Au claquement de la porte

Laissant au ventre

Un goût âcre.


Du bout des doigts

Marie cueille la rosée

Et la colle sur ses joues.


Elle ne demandera plus

De souliers neufs

De crayons de couleur.


http://www.enluminures.culture.fr/documentation/enlumine/fr/visites_00.htm

 

Veronika le 05/05/2008

 

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Au pays des Droits de l Homme

 

 

Au pays des Droits de l’Homme

 

 

« Mes ailes brûlent et la

Boule à mon pied

Se fait insupportable.

Le nuage se teinte

De quelques tâches rouges. »

 

Halima sur Terre-Bleue

N’a pas droit de séjour.

 

De cellules en procès,

Son fils a disparu.

Elle lui trouvait pourtant

Une bonne tête de passeport :

Il ressemblait beaucoup

A un porte-bonheur

Mais à Cornebarrieu*

On lui a donné tort.

 

Halima sur Terre-Bleue

N’a pas droit de séjour.

 

Comprenez sur Terre-Bleue,

L’amour on sait ce que c’est.

C’est pour ceux qu’on connaît,

Il a l’odeur du propre :

C’est l’odeur du papier.

 

Halima dans le ciel,

Elle retourne chez elle,

C’est au pays Torture.

Halima

Y a droit Adieu.